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 Круговорот крови

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Vassili Volkov
Vassili Volkov
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MessageSujet: Круговорот крови   Круговорот крови EmptyMar 9 Nov - 11:26

Vassili V.
Круговорот крови.
ft. Satine


C'était le genre de matin où rien qu'entendre le bruit du réveil pouvait te pourrir simplement toute la journée, le genre de matin où tu aimerais que rine de cette réalité n'existe pour simplement apprécier cette solitude perdu au fond des entrailles de ton lit, recouvert par la chaleur de tes couvertures. Mais pourtant, il savait que quoi qu'il fasse, le réveil viendrait toujours. C'était le choix et le sacrifice à faire pour demeurait ce gentil petit travailleur de cette petite classe moyenne artisane dont tout américain rêvé, le fameux american dream à se tuer dans un travail qu'on déteste pour réussir à avoir l'impression de mériter quelque chose de plus que les autres.
Une illusion que le russe n'avait jamais compris comment on pouvait y adhérer mais il n'était pas chez lui et devait bien faire avec. En parlant du loup, les premières notes de son téléphone se mirent en marche et déjà il avait son doigt dessus pour étouffer celle-ci jusqu'au lendemain. Dans un grognement, il ouvrit les yeux, observant cette pièce à peine lumineuse dû à l'oublie de fermer correctement les volets. Il était bien dans cette chambre de son appartement où il lui avait fallu plus de quatre ans pour accepté le fait que c'était bien le sien. Pourquoi refuser d'accepter quelque chose qui semblait devoir durer de toute façon ? Il en était même venu à penser que si il ne pouvait retourner en Russie, il ferait venir la Russie ici dans ses fantasmes les plus fou. Il faut croire que dix de nostalgie peuvent amener bien loin l'esprit humain.
D'un geste presque agressif, il repoussait alors la couverture, dévoilant à sa réalité la nudité de son corps fin, oscillant de contraste entre la blancheur de sa peau malgré les années ici et l'obscurité de la pièce offrant un véritable damier sur celle-ci, tout comme les courbes de sa musculature parfois noyée sous ses tatouages que nul ne voyait dû à ses vêtements.  
Un grognement puis enfin un déplacement, le voilà les pieds à terre et ainsi débuté les automatismes, la salle de bain, une douche brève mais qui avait au moins le don de réveiller ses sens, un brossage de dent maussade, une playlist pour débuter sa journée sur de la musique histoire d'apporter un semblant de vie dans cette appartement qui en manquait terriblement. Un pantalon sombre, des chaussures villes, une chemise blanche, un blaser noir et pour achever, une cravate, voici la parfaite panoplie d'une mâtiné pour partir au travail. Sans même plus de deux secondes à se regarder dans le miroir et un coup de parfum, Volkov était déjà en train de fermer sa porte pour sortir de là, marchant alors dans son quartier, inclinant la tête à chaque rencontre, il fallait dire que comme beaucoup de communauté en Amérique, les russes avaient fait leur propre quartier, du moins, même si il n'y avait pas que des russophones dans celui-ci, ils s'étaient tous rassemblé dans plusieurs rues du quartier, donnant l'impression de passer dans un bout d'un autre continent, car même certaines boutiques avait leurs affiches en cyrillique. Et contrairement à ce que beaucoup pensé, les russophones ce n'étaient pas ce qui manquait. Et de bien des pays, allant des balkans à la Georgie jusqu'à partir dans les tréfonds de la Mongolie. Tous ces pays ayant fait parti un jour de cette URSS connaissait et parlait le russe, un rassemblement qui offrait à Vassili une confiance et une main d'oeuvre pour tenir et survivre dans ce monde qui n'était pas le leur, rêvant peut-être du jour où les leurs, à l'autre bout du monde aspire à des ambitions bien plus proches.
Mais trêves d'imagination, car le voilà dans cette rue passante d'un calme relatif où pourtant on pouvait encore deviner les traces d'un passé bien plus troubles par les impacts de balles dans certains murs, c'était là où se trouvait cette boutique "L'aube rouge." une petite boutique d'une cinquantaine de mètres carré où l'homme vendait de tout exporté des pays slaves. Après avoir remonté le rideau de fer et ouverte sa porte, il s'y glissa, dévoilant ce magasin où toutes les affiches se trouvaient en anglais et en cyrillique pour apporter une touche de folklore en plus, passant des produits culturels comme le baïkals, ce soda russe si particulier au prianik, ces confiseries typiques de ses terres, mais aussi à  des choses bien plus matériels, comme des aspirateurs ou autres venant des usines de Russie. C'était dans ce petit monde orthodoxe que la Russie au deux visages vivaient sa vie. Car celle-ci comportait une arrière boutique, du moins, une cave qui servait d'arrière boutique, entièrement aménagé et tenue par une porte à code. Si l'explication officiel était pour les comptes et les recettes, ce qui était vrai. C'était aussi là où il y avait ses dossiers et une poignée d'armes de poings. Car une chose à savoir, ne jamais avoir son gagne pain au même endroit que sa façade. C'était le bon pour pour subir une descente et te faire détruire dés le premier jour.
Vassili lança une playlist plutôt classique d'un russe reprenant en cover des musiques de la pop américaine, il en appréciait l'ironie avant d'enfin s'installer derrière son comptoir pour ainsi attendre la clientèle, tirant de son tiroir un livre qu'il avait fait importé de Saint-Pétersbourg, relatant la vie d'un flic dans l'ancienne capitale tsariste durant les années 90, à devoir lutté contre les bandits et la corruption de ses paires. Une douce ironie pour un Zakone, mais pourtant, il en appréciait l'histoire et l'écriture. Enfin, ça, c'était avant d'être dérangé quand les tintements de la clochette au dessus de la porte d'entrée se mirent à résonner.

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Shantel Lowery
Shantel Lowery
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MessageSujet: Re: Круговорот крови   Круговорот крови EmptyMar 23 Nov - 22:31



Le cycle du sang.
Vassili & Satine


Contrairement aux idées reçues, la prostitution n’appartient pas uniquement au monde de la nuit. Le soir, les spectacles amènent une population en quête de divertissement, mais les personnes qui souhaitent rester discrète viennent en journée. C’est plus facile de justifier à bobonne qu’on est au travail le matin à onze heure, que le soir à dix. J’aime bien les matins. Les clients sont plus calmes, plus attentifs, même si personnellement, je comprends pas qu’on puisse avoir envie si tôt. M’enfin, je suis payée pour l’exécution, pas pour désirer – et encore heureux, sinon je gagnerais pas grand-chose. Je viens de prendre un client, je suis douchée, remaquillée, rhabillée, plus riche que l’heure précédente et, cerise sur le cupcake, j’ai reçu un joli pourboire de la part de mon régulier. Tout pour être heureuse, quoi.

Jusqu’à ce que je tombe sur lui.

Pour me féliciter de mon sens des affaires, j’étais en route vers un petit restaurant du centre-ville qui fait de supers petits déjeuners, mais en tournant au coin d’une ruelle, je suis tombée nez à capot avec une voiture de flic. Ni une, ni deux, je recule et je me planque. Réflexe salvateur quand on est une Blackened. Je passe juste un bout de museau pour essayer de repérer les salauds qui doivent prendre leur pied à agir comme tels, et je me fige en repérant la bande. Y en a un, au milieu, que je connais très bien.

J’ai pas envie de poser sur des mots sur ce qu’il a fait. Ce n’était pas du sexe, juste de la violence, juste une pourriture qui massacre la pauvre fille qu’il a sous lui. Cette fille, c’est moi. C’était moi. Je crois. Non : je sais. Je me rappelle à peine, mais ma chair s’en souvient. Ce visage me jette tout dans la face : je suis cette fille, et cette fille, tout juste bonne à être massacrée, c’est moi. Je sais tout ça, mais c’est plus facile de faire semblant d’avoir oublié. Je nie cette mémoire, je m’embrouille, je me sens glisser et perdre la tête, je deviens folle. Ce type, elle ne voulait plus jamais le croiser, mais il est là, au coin de la rue, cet homme qui ne l’a pas vu. Je suis pétrifiée, mais je recule. Je ne veux pas qu’il me voit. Pourquoi il est encore ici ? Pourquoi il n’est pas mort ? Pourquoi on ne lui a pas encore fait la peau ? Il ne mérite que ça. Satine suffoque pour la première fois de son attaque de panique. La crainte d’être vulnérable s’ajoute au reste ; elle veut s’isoler, mais les abris manquent.

Elle recule dans la ruelle, ses jambes s’engourdissent et ses bras tressautent. Perte de contrôle imminente. Elle sent que ça monte et ne peut rien faire pour l’arrêter. On pourrait penser qu’au bout de la centième, de la millième fois, on s’habitue, on n’a plus peur, on sait qu’on y a survécu toutes les autres fois et que là aussi, ça va bien se passer, mais c’est tellement violent qu’elle ne peut pas me débarrasser de la peur de mourir.


Avant, pour m’ancrer dans la réalité et éviter de partir loin, j’avalais une cuillère de sel. Maintenant, j’en ai le goût dans la bouche à chaque crise. Vertige, étranglement, cœur qui s’emballe. La cacophonie dans ma tête, le vide dans mon nez, le goût de l’air salé sur ma langue, puis du sel sans air. La brûlure dans sa poitrine qui lutte pour maintenir une respiration âpre. Mais il n’y a plus d’air, elle ne le sent plus, elle ne sent plus rien, juste la brûlure du sel qui coule dans sa gorge sèche et vide, goulées après goulées, décapant sa trachée. Une pensée, martelée dans sa tête : « Je ne veux pas mourir. »

C’est difficile de garder la notion du temps, mais elle sait que ça dure. Lentement, elle se calme. Quand elle respire à nouveau, les joues humides, elle est au sol, à patauger dans une mélasse dégueulasse. Des ongles avec une manucure à deux cents dollars dans cette immondice, c’est risible. À croire que la vie saisie chaque occasion pour lui rappeler qu’elle est née dans la crasse, et qu’il suffit d’un rien pour l’y faire retomber.

Elle secoue la main pour chasser la consistance obscène de ses doigts. L’odeur devrait déranger son nez sensible, mais la crise efface tout : ce qui est immonde devient supportable.

Elle est un peu perdue, là.

Satine a l’habitude de se faire violence, alors se relève, manque de tomber, s’accroche au mur pour s’extirper une nouvelle fois de la fange. Sans se retourner, elle laisse ses pas la ramener dans la sécurité de son quartier.

Les Blackened qui gardent la frontière lui jettent un regard inquiet, mais Satine ne leur adresse qu’un « ça va » étranglé. Sans prêter vraiment prêter attention à ce qu’elle fait – elle n’est plus qu’observatrice, de toute façon – elle regagne son appartement, fond en larme, se ressaisit, nettoie soigneusement chaque parcelle de peau viciée par la crasse, se change, ressort. Elle y songeait depuis quelques temps déjà, mais cette rencontre a été le déclencheur d’une décision manquant peut-être de sagesse : il lui faut une arme. De quoi lui donner une chance si elle le croise à nouveau, et que cette fois, il la voit.

L’avantage, quand on est pute et qu’on adore les potins, c’est qu’on sympathise avec beaucoup de monde. Deux mois auparavant, lors d’une soirée, une fille de la sécu’ promettait d’aider toutes celles qui lui payait une bière à se débarrasser de leurs exs, arguant qu’elle possédait une arme non-répertoriée. Et quand très intéressée, Satine lui a demandé qui l’avait fourni, sa consœur lui a donné l’adresse.

Skid Row, près de la frontière, rue occupée par les russes, petite boutique qui s’appelait Le Soleil Rouge. Ou La Matinée Rouge. Un truc avec du rouge.


Mais qu’est-ce que je fiche là.

Précision : je sais que je suis en train d’essayer de me procurer un flingue, mais la question, c’est pourquoi j’ai jugé bon de foncer dans le Skid, apprêtée comme une jolie Blackened bien nourrie, alors que je n’y ai pas mis les pieds depuis dix ans et que c’est un coup à me faire égorger ?

Un problème à la fois. C’est ici ? J’essaie de m’aider avec la devanture et j’hausse un sourcil devant la pancarte. Ils étaient bourrés ceux qui ont écrit, ou quoi ? Y a plein de lettres à l’envers. Ah, fausse alerte, je m’aperçois que je comprends rien et que c’est pas ma langue. Les russes utilisent pas le même alphabet ? Ce ne sont pas des européens, pourtant ? Je pige rien aux histoires des autres continents. J’espère que c’est ici, le quartier est bien pourri et ce petit retour aux sources ne me procure aucun sentiment de plaisir. Puisque je suis là, j’entre.

Je ne m’attarde pas sur la déco de la boutique. Ni sur les rayons, remplis de produits inconnus, qui émettent des odeurs que je ne connais pas et qui devraient me fasciner. Mais là, je suis fatiguée, secouée, j’ai pas envie de porter un à un les pots à mon nez pour cataloguer les senteurs. Je veux juste repartir du Skid. Mes mains n’ont pas cessé de trembloter (je les planque dans mes poches), j’ai froid alors qu’on est en plein été, je me sens nerveuse. Je suis là, mais j’me sens encore un peu déconnectée.

Celui qui m’intéresse, c’est le vendeur derrière le comptoir. Aussi blond que moi je suis brune. Je le rejoins en quelques enjambées et je force un sourire, mais j’ai assez de recul pour me sentir un peu gauche. On a tous nos mauvais moments. « Bonjour. Jolie boutique. » Je crois. J’ai pas bien regardé. Je dis quoi, maintenant ? Comment j’aborde le sujet ? Plus vite j’achète, plus vite je débarrasse le plancher, alors j’enchaîne : « Vous n’auriez rien de plus exotique ? » Je suis trop fière de ma formulation. Si c’est bien ici, il pigera direct, non ?

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