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 Unbreakable, unstoppable - Vassili

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India Phillmore
India Phillmore
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MessageSujet: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMer 27 Oct - 18:45




Unbreakable, unstoppable


Pas de Purgatory pour ce soir, c’était sa journée off. Seulement, elle était incapable de rester chez elle, seule, alors quand on avait besoin d'elle, elle répondait à l'appel. Et c'était celui de Dana, cette mère démunie qui cumulait tout comme elle les heures à son travail et avaient besoin de faire garder son fils. Alors en échange de quelques dollars, elle passerait son après-midi et une partie de sa soirée en compagnie d’un garçon de huit ans. Ils avaient une lourde histoire, un passé en commun qui faisait qu’elle ne le gardait pas pour l’argent. Ce n’était qu’une excuse pour passer du temps et voir encore grandir cet enfant qui n’aurait pas survécu quelques années de plus sous la garde de son père. Les repas étaient déjà préparés et cette mère devenue proche de la jeune femme la remerciait encore alors que la porte était presque fermée. La journée se passa sans accroc et c’était installé sur le canapé, l’enfant blottit dans les bras de sa baby-sitter que la quarantenaire retrouvait son enfant. Ils regardaient un dessin animé de son âge des moins passionnants. Elles discutèrent jusqu’à tard et lorsqu’elle se rendit compte que minuit approchait, la jeune femme s’excusa de devoir rentrer. Elle embrassa une dernière fois l’enfant endormi, enlaça Dana puis prit son Audi pour rentrer chez elle, dans le quartier du Watts, quelques billets en plus dans son sac et des dessins de Nolan plié soigneusement.

Elle trouva une place où se garer non loin de son appartement et passa les portes de l’immeuble sans difficulté, minuit passé depuis un moment. Avec les couvre-feux de certains quartiers, il fallait faire certains détours. L’immeuble était vétuste, la cage d’escalier mériterait d’être refaite entièrement et la rampe était branlante à certains endroits. Son appartement était au troisième et avant-dernier étage. Elle passa la porte qui grinçait légèrement, alluma la lumière et y laissa sa dernière acquisition, un sac Smythson of Bond Street sur le comptoir de sa cuisine, sur sa gauche, entendant les miaulements d’une chatte faussement affamée au pelage tigré marron et gris et au poitrail blanc. Elle avait un petit embonpoint. La serveuse enleva ses escarpins qu’elle laissa à l’entrée, poussa un soupir de soulagement, nourri l'animal qui se jeta sur sa nourriture. Elle donna un coup de hanche la porte d'entrée qui ne se claqua pas mais en donnait l'impression. Et après quelques minutes, elle attrapa l’animal dans ses bras pour l’embrasser. La brune fit quelques pas dans son appartement, gagatisant en faisant un câlin à l’animal qui déposa ses poils sur la jolie robe trapèze bleu marine sans manche, à la coupe midi et en mousseline.

Quand soudain, elle entendit la porte s’ouvrir brusquement avec son grincement particulier et se ferma tout aussi bruyamment, faisant pousser un cri de surprise à la jeune femme. Et dans l’urgence l’animal sortit les griffes. Celles-ci ripèrent contre ses bras pour se donner l’élan nécessaire afin de se planquer sous le lit. Stupéfaite, elle découvrit un Russe qu'elle reconnut rapidement en costume noir avec une chemise blanche au col standard, tachée de rouge, une cravate noire médium au nœud Windsor et un pantalon sans pince noir lui aussi comme le reste. La gueule en sang, il eut, tout comme elle, un instant de surprise et la seule chose que la brune parvint à dire était :

Qu’est-ce que … ?!


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Hermes.
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Vassili Volkov
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyJeu 28 Oct - 12:48

Vassili V.
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T'iras nul part sale fils de pute ! On va t'choper !

La tuile. Ca faisait déjà plus de cinq minutes et deux quartiers que Vassili était en train de courir comme un dératé poursuivit par une bande de loubard inconnu au bataillon. Comment cela avait-il pu tourner comme ça ? C'était pourtant une soirée qui avait été parfaite. Un terrain vague oublié, un deal conclus en moins d'une heure pour trois glock 17 ainsi que six boites de munitions, un client qui ne posait pas de questions et qui prenait tout sans faire de remarque sur le prix, il devrait y en avoir plus des soirées pareilles. Mais non, mère Karma semblait s'ennuyer et il avait fallu alors que sur le chemin du retour, cette foutu voiture, une vieille Dodge charger de 1970, celle de Dmitri dont Volkov se servait pour les transactions du mercredi, car oui, selon le jour et le mois, il emprunter ou louer une voiture différente histoire d'éviter les habitudes et toujours des voitures communes ou anciennes pour ne jamais attirer le regard. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire quand son coffre était chargé d'AK74. Sauf qu'en cette soirée, cette foutu Charger avait commencé à tousser puis cracher à tel point que le volant vibré autant que son téléphone, le forçant alors à s'arrêter dans un quartier qu'il ne connaissait pas bien. Sortant alors de sa voiture, vêtu de son manteau couvrant sa chemise, sa cravate et de son fidèle holster, il vint jusqu'à ouvrir le capot pour faire un rapide constat et celui-ci ne fut pas bien difficile, les bougies avaient rendu l'âme. Putain, Dmitri lui avait prêté une voiture dans un état lamentable.
Et tandis qu'il pestait  sous les lumières de son lampadaire, il ne fit pas attention à ce groupe de huit personnes qui vint jusqu'à lui, le hélant d'une voix si caractéristique de la vermine de bas étage. Double merde, dans un demi tour, le russe comprit alors qu'il se trouvait sur le quartier d'un petit groupe mineur à la con de latinos, des jeunes déscolarisés trop stupide pour s'instruire, pas assez malin pour intégrer les gangs principaux. En soi, les rats dans la hiérarchie de Downfall. Mais un problème existait, car ce groupe n'était constitué en grande partie que de mineurs, tenant des battes de baseball, ils se prenaient pour les rois du monde et si il était si simple de sortir alors son glock et d'en aligner un ou deux avant que ça détale comme des lapins, les conséquences d'un acte pareil avait des conséquences bien plus déplaisante. Car il n'était pas en Russie, ni dans son quartier et qu'un meurtre de mineur, allait savoir pourquoi, ça sensibilisé bien plus que la disparition d'un adulte. Et avoir l'attention dans le métier de Volkov, surtout quand on est pas sur son territoire et encore moins sur son continent, c'était problématique. Très, problématique.  

C'est bien pour cette raison que le slave avait tenté d'apaiser le jeu, se voulant conciliant avec la bande, leur proposant même un billet, mais ces jeunes cons avaient fait de bien plus qu'un putain de billet et il l'avait bien comprit quand il reçu une bouteille de bière sur l'arcade, c'était aussi ça le problème avec ces jeunes, c'est qu'ils n'avaient aucune conscience de leur acte et du coup, ça les rendait imprévisible, putain. Il aurait tant voulu lui foutre un rat affamé dans son pantalon. Il aurait mérité de crever lentement, en ce pissant dessus. Mais à la place, voilà qu'une droite vint atteindre le visage du russe, ils voulaient vraiment en arriver là ? Quand le crochet du gauche vint, cette fois-ci Volkov en avait eu marre de ces conneries. Il n'avait pas fait autant d'années de systema et vécu autant de temps dans la mafia pour se laissé tabasser par le premier jeune qui se prenait pour un gangster, rapidement, il avait maitrisé le gamin, lui disloquant l'épaule au passage avant de le repousser sur ses collègues et après ça, il ne restait plus qu'une chose à faire, les éloigner de sa voiture, même si il n'y avait plus d'armes dedans, elle restait une preuve et de plus, se barrer de là. Alors Volkov fit la chose la plus pragmatique possible, à défaut de pouvoir les buter, la fuite.

Voilà comment il en était arrivé là, à courir comme un fou, à travers les rues de cette maudite ville et ce n'était pas si simple en costard avec les chaussures qui vont avec, ce qu'il ne comprenait pas, c'est qu'ils avaient quitté leurs quartiers de mort depuis un bon moment déjà alors pourquoi continuer à le traquer ? Peut-être qu'ils avaient juste faim et qu'ils voulaient découvrir ce qu'était de passer à l'étape supérieur, un meurtre ? Merde. Il fallait les perdre et niveau course, il allait pas pouvoir, c'est là qu'il vit l'immeuble, un dédale de couloirs, de portes, d'étages. C'était sa chance. Sans tarder, il attrapa la porte d'entrée et grogna, comme pour s'offrir une prière, que celle-ci ne lui demande pas un code, l'ouvrant alors dans un soulagement éphémère, car si lui avait réussi, ce serait aussi le cas de ceux derrière, alors pas de temps pour réfléchir, il continua sa route dans le hall pour remarquer l'absence d'ascenseur. Un juron et il repartait dans sa course, oubliant la technologie pour les bons vieux escaliers, et vieux, ils l'étaient. Point positif, avec un peu de chance l'un d'entre eux traverseraient une marche, ça serait pas mal tiens.
Mais cette soirée n'en finissait pas et le premier étage, il courut le long du couloir, cherchant à ouvrir les portes qui passaient à sa portée, sans réussir une seule. Bordel. Le second étage ne fut pas mieux. Il allait crevé, c'était voulu, dame Karma n'était qu'une pute qui voulait sa mort.

Puis vint le troisième étage et alors qu'il déboulait dans une course effrénée, il la vit. Cette porte mal fermée, c'était sa chance. D'un geste du pied, il fit tomber le vélo qui trainait dans le vestibule pour encombrer les escaliers et se rua alors sur cette porte, l'ouvrit grandement avant de la refermer dans un geste bien plus doux pour éviter de la claquer, cherchant immédiatement à verrouiller la porte, mais ce n'est qu'une serrure vide qui l'attendait. Putain ! Ah ! Il remarqua alors le verrou au dessus et rapidement, il en fit les deux tours pour le verrouillé, c'était bon. Enfin. Attendez... Pourquoi il y avait assez de lumière pour qu'il voit correctement ce verr...

Qu’est-ce que … ?!

Oh. Merde. Le russe plaqua alors son dos contre la porte, une main venant instinctivement se porter dans son manteau pour agripper son holster tandis que ses yeux cherchaient rapidement d'où provenait cette phrase et il ne fallu pas bien longtemps pour la voir. Elle. La serveuse était là. Dame Karma, vous êtes officiellement une pute sadique. Cette femme pouvait lire toute la surprise sur le visage de Volkov, sans doute la première fois qu'elle pouvait voir autant d'émotion sur celui-ci, le souffle court après une tel cavalcade, les habits froissés, son arcade étant devenu une véritable cascade de sang, recouvrant toute sa joue droite de son sang. Il restait là, muet. Mais il devait réagir vite, car le bruit dans les escaliers lui faisait comprendre que le groupe venait d'arriver au niveau du vélo et que très bientôt, ils seraient sur le palier. D'un geste lent, aussi diplomate qu'il pouvait, faisant abstraction de qui était cette femme, il retira sa main de son manteau pour venir dresser son index devant sa bouche. Au diable les aprioris et les réflexions, à cet instant là, il venait de l'embarquer dans une histoire folle et il fallait réagir sur le tas. Car on pouvait entendre à présent les jeunes plutôt bruyant fouiller le palier, chercher à ouvrir les portes, la poignée de celle d'India s'agita à son tour tandis que le russe continuait de fixer la jeune femme, comme une tentative de ne pas perdre le lien de ce regard pour l'empêcher de faire quoi que ce soit d'idiot. A cet instant, dans cette nuit merdique, sa vie ne dépendait que de la pire personne de cette foutu ville.

Karma, brûle en enfer.



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India Phillmore
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyJeu 28 Oct - 15:56




Unbreakable, unstoppable


Malgré l’urgence, il était important de faire une courte pause, un arrêt sur image de cette scène, presque iconique. Le Russe plaqué contre la porte après avoir verrouillé celle-ci en tournant deux fois le loquet s’assurant sa fermeture, une main dans la veste, prête à sortir son arme à feu pour se défendre. Il avait la gueule en sang, des vêtements froissés par une course poursuite haletante. Son regard, outre la surprise qu’il avait de retrouver cette serveuse effrontée, avait cette maîtrise en moins, ce contrôle parfait qu’il avait toujours tenu en sa présence. Le masque était tombé. À sa gauche une kitchenette bien vide qui montrait le peu d’intérêt que la locataire portait à son alimentation, une paillasse propre où séchait des tasses. Un grand frigidaire où étaient accrochés de nombreux dessins faits par Nolan avec le nom de « Nana » dessus écrit maladroitement. Des photos étaient parfois cachés par ceux-ci, des souvenirs immortalisés de soirées faits ensembles avec des amis et l'enfant en question. Ce n’était pas improbable que d’autres se cachent sous le monticule de dessins qui s’accumulaient dont elle avait oublié l'existence. Le sac posé sur le comptoir faisait tâche dans cet appartement qui ne devait pas dépasser les vingt mètres carrés. En face du slave, un petit salon où il y avait un canapé deux places ornés de quelques coussins, une table basse en bois où des magazines de mode et un assortiment de vernis à ongles et un nécessaire de manucure, et un écran de télévision qui prenait la poussière. Sur les murs quelques tableaux achetés dans le seul but de décorer, sans nuance, sans importance. L'appartement était froid et impersonnel. Le seul qui aurait de l’importance et qui continuait d’afficher la personnalité de la locataire était celui aussi dessus du lit qui était plus petit qu’un lit deux places, c’était un poster encadré dans du bois rappelant les affiches d’antan, au style vintage. C’était l’affiche d’une revenue de mode « vogue » des années 30 où deux femmes étaient habillées à la mode de l’époque. Un arbre à chat était installé près de la fenêtre entre l’espace chambre et le salon, un peu tordu par le poids des années. India se trouvait à quelques pas du lit, le corps figé elle aussi dans cette surprise improbable où se mêlait peur et étonnement. Les bras griffés légèrement pliés, son visage maquillé comme elle avait l’habitude de faire pour cacher les creux d’un appétit absent mais aussi pour masquer cette rougeur tendant vers le violet à la pommette. Des cheveux laissés détachés tombait sur ses épaules, légèrement ondulés et des ongles récemment fait sur les mains et les pieds. Le masque était tombé, lui aussi à cet instant. Et pour finir cette courte pause, dans le renforcement qui n’était pas visible aux yeux du russe, un miroir assez haut pour qu’elle puisse se contempler. Il y avait aussi un espace où était installée une penderie pleine à craquer de vêtements, de chaussures et de sacs à main et une salle de bain juste après où de nombreux cosmétique surchargeaient le miroir. Une baignoire avec un rideau douche et juste à côté la litière du chat dans une boite terminait la description.

Ainsi la jeune femme regardait l’intrus sans avoir les mots justes. Du bruit retentissait dans le couloir de l’escalier, le bruit de vélo qui était tombé plus tôt, sûrement un stratagème du Russe pour les ralentir, les râles et des cris dans une langue étrangère. India ne détachait pas son regard de lui, terrifiée à l’idée qu’il sache où elle habite, pire intrusion qu’il pouvait faire de sa vie privée. Elle pouvait se jeter contre le lit et récupérer la batte de base-ball pour se défendre, ne pouvant prendre le gaz lacrymogène rangé dans son sac. Sa respiration s’accéléra à la vue de la posture qu’il avait, cette main dans son costume où un holster devait être ainsi qu’une arme. Et elle pensait à la possibilité de se jeter dans la salle de bain mais elle n’aurait rien pour se défendre. Elle pourrait crier, ses poursuivants pourraient l’entendre et venir à sa rescousse. Mais était-ce seulement une bonne idée ? N’y avait-il pas un risque ? N’était-il pas préférable de savoir à quel ennemi on avait affaire plutôt que plonger dans l’inconnu ? Le Russe bougea lentement sa main de son costume pour la ramener à ses lèvres, lui sommant le silence. La jeune femme ne bougeait toujours pas, sur le qui-vive, tellement sur le qui-vive qu’elle eut un sursaut, crispant son corps alors que la poignée cherchait à être ouverte. Son regard se détacha un instant pour voir la porte avant de revenir sur lui. Elle ne s’était pas rendu compte à cet instant qu’elle était en apnée. Une voix bourrue résonna au dernier étage et ils purent entendre les escaliers grincer aux rythmes rapides des poursuivants venus lâcher leur frustration, leur colère et leur folie. Des cris s’échangèrent où des insultes fusaient à tout va, jusqu’à ce que les coups se mettent à tomber. Ils avaient trouvé une nouvelle cible à défaut de trouver la première. La douleur de l’agressé pouvait se faire entendre sous la pluie d’insultes et c’était avec horreur que la brune regardait le Russe, non pas une horreur pour lui mais pour ce qu’elle était en train d’entendre. Elle ne s’était pas préparée à cette violence soudaine, bien qu’elle ait commis bien pire que cela. Son chat était sorti de sa cachette, observant le nouveau venu avec méfiance, se frottant entre les jambes de sa maîtresse, un léger ronron s’échappant.

Les minutes passèrent, de longues minutes où la scène n’avait toujours pas bougé jusqu’au tir caractéristique d’une arme à feu. Ses mains se ramenèrent à ses lèvres pour étouffer l’effroi qui serait sorti de ses lèvres. Tremblante, ses yeux s’étaient écarquillés alors qu’elle n’avait toujours pas lâché les siens. L’animal était reparti se terrer sous le lit. Les insultes s’étaient tu, les pas lourds résonnaient dans la cage d’escalier, descendant tel un troupeau, frappant contre les murs, les portes, faisant à nouveau sursauter la jeune femme. Des rires fusaient alors que les vélos étaient récupérés pour être emportés. Encore quelques instants et le silence revint. Lourd. India resta encore figée quelques instants, entendant de l’autre côté de l’appartement, provenant du côté de la fenêtre des rires et des voix bruyantes dans la rue. La jeune femme fit un pas puis un autre, ses bras tombant le long du corps, s’avançant dans la direction du Russe, lui faisant face. Son cœur battait à vive allure, elle ignorait ce que le Russe allait faire à présent mais elle ne pouvait pas laisser un de ses voisins ainsi. Elle devait s’assurer qu’il soit en vie ou bien, bel et bien mort.

Poussez-vous, dit-elle d’une voix serrée par l’émotion mais pourtant dur.

Il ne chercha pas à l’empêcher et la jeune femme déverrouilla sa porte pour sortir, marchant pied nu dans les escaliers pour découvrir l’homme gisant dans une mare de sang, une balle dans la tête. Des voix se firent entendre, les portes s’ouvrirent et des cris retentirent à la vue du corps inerte. India se rapprocha de la victime et posa deux doigts sur la carotide pour ne sentir aucun pouls.

Joseph, vous avez vu ce qui s’est passé ? Bien, appelez le 911 et vous leur raconterez tout ce qui s’est passé. Vous étiez aux premières loges, c’est à vous de le faire. Pour monsieur Thomas. D’accord ?

Sa voix était posée, calme de celle qui avait l’habitude de gérer les situations d’urgence. Elle avait remis son masque pour se protéger. Il hocha de la tête d’une voix tremblante et d’autres se mirent à sortir comme si l’immeuble reprenait soudainement vie. Certains montaient voir la scène, décrire ce qu’ils voyaient avec horreur. La jeune femme redescendit les escaliers et retourna chez elle. Elle espérait que l’intrus soit parti mais il était encore ici. Elle ferma la porte derrière elle et le regarda à nouveau.

Pourquoi ? Demanda-t-elle durement.


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Hermes.
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Vassili Volkov
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptySam 30 Oct - 12:26

Vassili V.
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Il continuait de la fixer, son index toujours devant sses lèvres, se prenant sans doute pour un charmeur de serpent à ce moment là, mais elle avait comprit avec le boucan dehors que ce n'était clairement pas le moment de ramener son caractère de merde à la surface, là, il en valait de  sa propre vie de petite diva et tandis qu'il restait contre la porte, il entendit un homme puis la troupe grimper plus haut, merde, ils venaient de trouver quelque chose de plus intéressant. Des cris, une bagarre à sens unique et finalement, une balle. Bande de chiens, ils avaient butés un mec sans défense, sans antécédent pour le pur plaisir, mômes à la con. Si on apprenait une chose importante dans la mafia, contrairement à ces attardés américains qui se prenaient pour les rois du pétrole, c'est que toutes vies à son importance. Tu ne tuais qu'en dernier recours, surtout les vies des civiles. Car tuer l'un d'eux, c'est créé plusieurs problèmes, le premier étant que tu tues ta propre ressource, car il te paie pour sa "protection", si il n'est plus là, personne ne le fera à sa place. Puis tu créais aussi une vague, on parle de ce meurtre et les gens peuvent arriver à leur limite, oublier l'omerta et parler, t'obligeant alors à rentrer dans un cycle vicieux où tu dois d'autant plus tuer et perdre ainsi d'autant plus de crédits et d'argents au sein de cette bande de moutons devenant béliers. L'intimidation et la violence étaient ce qui devaient être employé, la peur t'apportait le pouvoir sur un trône, mais pour le conserver tu devais gagner un certain respect et une certaine attraction. Ca, les gens du nouveau monde semblait ne pas le savoir ou du moins, ne pas l'appliquer. Quelle merde.

Vassili sorti de ses pensées quand la jeune femme s'approcha de lui, elle semblait... Différente, sans doute connaissait elle la personne qui venait de se prendre une bal, au vu de la gueule de l'immeuble, cela ne serait pas très étonnant. Plus quelque chose était vétuste et plus la population se serrait les coudes.


Poussez-vous.

Mh, il avait senti l'émotion lui brûler la gorge, elle avait été atteint sans même savoir qui s'était prit cette balle, il pouvait le deviner, le voir même. Après tout, il avait entendu les rires plus loin à l'extérieur, les vautours avaient eu gain de causes et c'était enfui, cela devait être bon, il pouvait au moins lui faire cette fleur. Dans un geste lent, il vint ouvrir le verrou avant de s'écarter pour la laisser sortir et après son passage, il resta alors dans l'encadrement de la porte, attendant, patient, voyant soudain l'immeuble reprendre vie. Bande de petites merdes, tous les appartements étaient plein mais aucun n'avait chercher à l'aider. Il pouvait comprendre dans un sens, la peur était une source d'emprise impressionnante et fascinante sur les gens, mais pas un avait eu le courage de lui ouvrir la porte, ils avaient tous fait les morts et à présent, ils jouaient les choqués que l'un des leurs se retrouvaient étalé dans une marre de sang. Si ça ce n'était pas de l'hypocrisie pure et dure.  

Joseph, vous avez vu ce qui s’est passé ? Bien, appelez le 911 et vous leur raconterez tout ce qui s’est passé. Vous étiez aux premières loges, c’est à vous de le faire. Pour monsieur Thomas. D’accord ?

Et merde, il l'avait entendu quelques bribes et ce qu'elle venait de dire ne l'aidait clairement pas. Les flics, c'étaient jamais une bonne idée. Pour Vassili, c'était comme des mafieux, mais avec un badge donnant un passe droit. Bordel le voilà dans de beaux draps, il ne pouvait pas sortir de l'immeuble sans paraître suspect, les habitants étaient tous dans le couloir à raconter leur petite expérience. Il était prit au piège dans ce petit studio.
Mais quelle soirée, elle n'allait visiblement pas s'arrêter tout de suite, dans un soupire d'exaspération, il referma la porte pour éviter que le chat ne s'en aille et qu'il se retrouve avec une furie lui reprochant ça en plus et se dirigea vers le réfrigérateur de la jeune femme, l'ouvrant sans aucune gêne pour récupérer un sac de surgelé, des poivrons ou des frites, allé savoir, pour venir se le plaquer contre l'arcade ouverte. Le froid lui mordit la peau dés la première seconde, désagréable voir presque douloureux, mais au moins, ça finirait par le calmer. En se redressant il ne peut que remarquer les nombreux dessins. Merde, cette femme avait un gosse ? D'un rapide coup d'oeil, il fit le tour de l'appartement, légèrement tendu mais non, impossible, rien n'indiquait la présence d'un enfant ici, dieu merci. Vassili avait...Quelques soucis avec les enfants, non pas qu'il ne les aimait pas, à quoi ça pouvait bien servir de ne pas aimer les gosses ? Lui-même en avait été un. Non, il avait juste du mal à les comprendre et à se montrer compréhensif, le duo ne faisait que rarement bon ménage. Ses doigts ensanglantés effleura alors les dessins, songeur. "Nana" ? C'était le début du prénom de la jeune femme chez qui il squattait ? C'est vrai ça, il ne lui avait jamais demandé son nom. Bon, il n'en n'avait jamais eu besoin, à force d'entendre celle-ci se faire héler par ses clients et le barman, mais sur le coup, il n'arrivait plus à s'en souvenir.  

La porte s'ouvrit pour se refermer bien vite par la suite, elle était rentrée et au vu de son air, elle n'était pas contente. Il s'y attendait en réalité, l'inverse aurait même était surprenant. Alors il la fixait, de son air habituel, si froid, le sang séché sur ses joues ne faisant qu'appuyer cette attitude. Il était prêt à l'explosion de cette jeune femme mais à la place ce ne fut qu'un seul mot :

Pourquoi ?

Le ton de cette femme était dur. Elle était sans doute en colère ou empli de rancoeur, et vu que lui était là et non les bourreaux, c'est lui qui allait devoir gérer cette accumulation de sentiments auprès de cette femme. Su-per. Déjà qu'elle était odieuse et infernale de bonne humeur, qu'est-ce que cela allait donné quand elle était ainsi atteinte ? La coopération, les flics n'allaient pas tarder, il était en sang, c'était clairement pas le moment de jouer de vanité et de l'envoyer chier. Après tout, pour une fois, il n'avait rien à se reprocher. La vérité pouvait être dites.
Dans un soupir, il s'écarta alors de son frigo, le surgelé toujours contre son arcade pour venir près de son canapé, s'arrêtant juste à côté avant de désigner celui-ci, comme une demande silencieuse de si il peut s'assoir. Après tout, il n'est pas chez lui et malgré ses blessures, il avait encore quelques notions du respect. Et tandis qu'il attendit sa réponse, il lui offrit la sienne d'une voix à présent plus calme et lente :

Je rentrais de soirée, ma voiture est tombée en panne au milieu du quartier, j'ai à peine eu le temps d'ouvrir le capot qu'ils me sont tombés dessus. J'ai bien compris que c'était pas le fric qui les intéressés. Alors après avoir prit une bouteille sur la gueule, je me suis mit à courir. Je suis tombé sur cet immeuble et la suite vous la connaissez

Il ne rajouta rien dans un premier temps, expirant alors dans une grimace en relâchant le surgelé pour le faire tomber sur la table basse. Sa peau était à présent engourdi et le sang avait fini de couler, ça ne devenait que désagréable. Dans un geste presque ironique il chercha à remettre correctement sa chemise et sa cravate. Et si les flics toquaient à cette porte ? Comment allait-il expliquer sa dégaine ? Alors oui, il pourrait expliquer ce qui s'était passé, après tout, il n'était pas en tort sur tout ça, mais devoir expliquer les raisons d'où il venait et du coup, expliquer pourquoi avoir cette voiture, là, ça allait commencer à devenir de suite bien plus complexe et dangereux à exprimer. Merde. Il devait changer ça, rapidement. L'homme abandonna alors l'idée même de s'assoir et se dirigea vers la salle de bain, ce n'est qu'une fois l'ayant atteinte qu'il demanda :

"Je peux t'emprunter ta salle de bain ? Je pense avoir vu assez de sang pour la nuit. Ton ex n'aurait pas laissé une chemise quelque part ?"

Sa voix était neutre, détaché pourtant une nouvelle fois il renversa le vouvoiement pour ce tutoiement qu'il semblait utilisé seulement dans des occasions précise avec elle. Il savait qu'il venait de demander sans doute trop de choses en même temps, déjà le fait d'utiliser sa salle de bain, sans doute vu comme une intrusion mais en plus de lâcher cette pique involontaire sur un potentiel ex. Il n'y mettait pas des gants, mais il n'avait plus le temps de jouer à la douceur et de plus, le russe savait qu'elle ne le laisserait pas tranquille au vu de ses réponses. Alors à peine lui avait-il lancé ces questions, qu'il était déjà en train de déboutonner sa chemise, tel un sablier s'égrainant, son regard se posant sur elle, comme dans l'attente d'une réponse rapide.

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India Phillmore
India Phillmore
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMar 2 Nov - 21:51




Unbreakable, unstoppable


Cet homme était mort. Il n’avait rien demandé à personne, il avait seulement voulu faire cesser ce vacarme insupportable à une heure improbable de la nuit. Il avait eu le courage de faire ce que personne n’avait fait : ouvrir sa porte. Et il en était mort. L’immeuble n’était pas bien grand, entre trois et quatre portes par étage mais il semblait soudainement s’agiter d'un nombre incalculable de personnes, comme si toutes s’entassaient dans des logements minuscules. Ce n’était qu’une impression mais c’était ainsi qu’elle l'avait ressenti alors qu’elle descendait les escaliers, pieds nus, dans cette jolie robe bleue marine, parfaitement dépareillée avec les chemises de nuit et les torses nus. India retourna dans son appartement, non pas sans prendre une inspiration pour affronter l’intrus. Une part d’elle avait espéré naïvement qu’il serait parti pour profiter de ce remue-ménage afin de disparaître. Mais la réalité la rattrapa.

Elle ferma la porte derrière elle, muée par le masque qu’elle avait remis face à ce mort, découvrant le Russe non loin de son frigidaire, près d’elle, un sac de congélation collé contre son arcade. Son visage était recouvert à moitié de sang, donnant une image sinistre à ce regard bleu de glace. La jeune femme n’aimait pas l’idée qu’il se soit servie sans son autorisation et qu’il ait eue le temps de faire un tour de son petit appartement, violant son intimité un peu plus, découvrant un congélateur, lui aussi peu rempli en dehors de quelques légumes surgelés et plats déjà tout préparés. À sa question, il soupira avant de se diriger vers le salon, lui demandant l’autorisation de s’asseoir d’un signe de la tête, chose qu’elle lui refusa d’un mouvement lent de la sienne. Cet homme n’allait pas s’asseoir dans son canapé après ce qui s’était passé. La réponse à sa courte question vint. Un hasard, un pur hasard l’avait amené dans ce quartier. Une panne. Une agression à la bouteille. La porte d’entrée de cet immeuble était défectueuse et malgré quelques réparations à la va-vite, celle-ci était aussi vétuste. India refusait de le croire, toujours méfiante de tout, comme si le monde mentait à chaque inspiration qu’il prenait. Mais pour cet homme, elle savait qu’il mentait sur sa nature, qui il était.

La locataire de l’appartement l’observait sans un mot, enlevant le sac de congélation pour le laisser sur la table basse, ce qui raidit la jeune femme, craignant qu’il abîme ses revues. Il arrangea ses vêtements froissés. À cette distance, India ne pouvait voir la taille de l’ouverture de cette arcade. Pour en avoir fermer une quantité incroyable qu’elle ne comptait plus à présent, elle savait que le saignement était important pour une lésion parfois petite. Seulement, vu l’homme, elle ne doutait pas que ce ne soit pas son premier coup. Face au silence de la brune, qui n’avait pas bougé depuis la porte, le Russe commença à se déplacer, prenant la direction, non pas de la sortie, mais de la seule et unique porte de l’appartement. La dernière partie qu’elle pouvait préserver. Il lui demanda, non sans en oublier toute forme de politesse, à lui emprunter sa salle de bain. Le comble était d’enfoncer un couteau dans une plaie béante en lui demandant une chemise ayant appartenu à son ancien petit ami.

Non ! Lâcha-t-elle en faisant plusieurs pas vers lui puis ajouta sèchement: Allez-vous asseoir.

Et India pointa du doigt le canapé qu’elle lui avait refusé quelques secondes plus tôt. Mais il refusa, ne supportant clairement pas recevoir les ordres. Elle haussa un sourcil, circonspecte. Cet homme ne supportait pas sa condition de sous-fifre et il ramenait cette frustration sur le reste du monde et surtout, sur ceux qu’il prenait pour des faibles. Voilà, l’idée qu’elle se faisait de lui à cet instant. Elle resta interdite face à ce refus avant d’inspirer et d’expirer bruyamment. Elle aurait pu l’obliger à partir mais les habitants auraient fini par se questionner sur les raisons de son état et sur les fréquentations qu’elle avait. Il était préférable qu’elle attende une accalmie pour le faire partir de chez elle. Et la brune regrettait à présent d’avoir demandé à appeler les 911.

S’il vous plaît, lâcha-t-elle à contre cœur.

Non seulement, il se permettait un comportement inapproprié mais en plus elle devait laisser son ego de côté pour l'empêcher de n'en faire qu'à sa tête. Avait-elle trouvé plus têtu ? Pendant un bref instant, elle eut un flash, une image d'elle, sa batte de base-ball dans les mains, frappant de toutes ses forces sur un corps inerte. Celui de cet homme. Le sien se tendit alors qu'il accepta de se déplacer. Elle le regarda de dos avant de disparaître dans la salle de bain. Récupérant une serviette et un gant qu'elle mouilla d'eau froide, elle s'arrêta dans son dressing et attrapa ce t-shirt qu'elle avait gardé, se mentant à elle depuis bien longtemps sur sa provenance. Alors qu'elle savait que c'était le sien. Il en avait perdu son odeur depuis le temps, la sienne ayant pris le dessus à force de le porter pour dormir. India revint dans le salon, posant sur l'accoudoir du canapé le haut, déposant la serviette sur le fauteuil pour qu'il ne le salisse pas et lui tendit le gant afin qu'il essuie le sang sur son visage.

Vous pouvez le garder, lui dit-elle en pointant d'un signe de tête le haut, laissant son regard se poser sur cette arcade qu'elle pouvait voir à présent de plus près, en hauteur.

Sans toucher, sans avoir besoin de poser sa main dessus, ses doutes se confirmèrent. Le Russe aurait besoin d'être suturé. Elle eut un froncement de sourcil à cette pensée.

Vous risquez d'avoir besoin d'un point ... Non même deux. Ce n'est pas la première fois qu'elle s'est ouverte, je me trompe ? Je peux vous le faire ou alors vous attendez d'aller aux urgences. C'est à vous de choisir mais vous ne pourrez pas rester comme cela.

Aucun doute, il ne s'attendrait pas à ce genre d'initiative de sa part, ni à ce domaine de connaissance de la part d'une petite serveuse. Peut-être comprendrait-il ce caractère qu'il avait décelé chez elle. Elle attendit sa réponse avant de disparaître à nouveau dans la salle de bain pour récupérer une lampe grossissante ainsi que sa mallette médicale où elle avait rangé tout un nécessaire pour divers soins, médicaments et autres qu'elle avait récupéré en travaillant au côté de Luka Gilmore. Elle déposa le tout sur la table basse qu'elle décala afin de s'installer après confortablement sur l'accoudoir du canapé. Elle brancha la lampe puis alla se laver les mains, laissant couler l'eau au souvenir de cette scène similaire qu'elle avait vécu. Elle secoua doucement la tête pour laisser passer ce moment et revint vers le russe en regardant le nettoyage sommaire qu'il avait fait. Elle pourrait ainsi y voir plus clair.

Je dois d'abord voir s'il n'y a pas des morceaux de verre coincés dans la plaie, après je m'occupe de poser les points. Tenez la lampe que je puisse mieux voir.

Et elle lui mit la lampe dans les mains, l'obligeant à la mettre de sorte que la lumière l'aveugle. Elle profitait de la loupe pour mieux apercevoir la blessure, cherchant à trouver une zone brillante qui indiquerait la présence d'un bout de verre. Elle utilisa un désinfectant pour nettoyer la plaie, sans s'intéresser aux réactions du Russe, ne s'inquiétant guère de sa douleur à cet instant. Ni douce, ni brutale. Un morceau de verre de la taille d'un point brilla dans un mouvement de la lampe. Concentrée, la jeune femme récupéra une pince fine et le retira après avoir posé sa main de libre sur lui, près de la blessure, cherchant à avoir un meilleur angle pour être efficace. Le bout de verre en moins, India s'installa sur l'accoudoir, préparant son matériel : fils de suture non-résorbable, porte aiguille, pince, ciseau, compresses, strip. C'était avec le fil tenu par le porte-aiguille qu'elle s'adressa à nouveau à lui:

Vous êtes prêt ?


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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMer 3 Nov - 12:40

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Non ! Lâcha-t-elle en faisant plusieurs pas vers lui puis ajouta sèchement: Allez-vous asseoir.

Il ne put s'empêcher d'hausser un sourcil, venait-elle vraiment de lui donner un ordre ? Au moins, elle avait réussi à le figer sur place par la surprise, mais bien vite, celle-ci laissa place à un véritable hiver sur le visage du jeune loup. Une inconnue venait vraiment de lui ordonner quelque chose comme si elle en avait le droit ? Bon, certes, il était chez elle, elle n'avait rien demandé, tout ce genre de consentement, il le savait bien. Et c'est bien pour ça qu'il lui avait demander de s'assoir, il garder certaines mesures de respect chez un hôte. Mais de là à se voir ordonner ? Non. Les roses des vents ancrées sur ses genoux n'étaient pas présente pour rien, il avait fait un pacte, une promesse, de ne jamais ployer le genou devant une quelconque autorité outre celle des Vor et du Tsar. Elle, c'était juste une américaine lambda têtu et frôlant trop souvent le danger pour on ne sait quelles raisons.
Il la toisa alors sans un mot, ne bougeant pas, lui faisant clairement comprendre sans un mot que ce qu'elle venait de faire ne passait pas. Il ne se sentait pas en tort alors il n'y avait de raison de plier pour lui, mais pour le coup, la suite le surpris d'autant plus, tandis qu'il pensait sentir venir la tempête d'une dispute violente, ce fut tout au contraire, des excuses.

Certes, il sentait à quel point ça lui arrachait la gueule de s'excuser, mais qu'importe car justement c'est ce qui changeait beaucoup de choses. Ca lui avait très certainement cassé les ovaires de le faire, mais elle l'avait fait. Et ce ne fut pas un sentiment de victoire sur sa suprématie qui envahit le russe, mais celui d'un certain respect. Sur ce coup, peut-être avait-elle était la plus résiliente. Une victoire tactique pour lui, stratégique pour elle.  
Et c'est sans doute pour cette raison qu'il ne fit aucun commentaire, se déplaçant simplement jusqu'au canapé, l'observant faire ces milles pas pour récupérer une serviette, puis la trousse médicale et finalement un vieux t-shirt. Il attendu dans ce même silence qu'elle dépose la serviette, histoire de ne pas en rajouter avant de se laisser tomber sur le canapé dans un soupir discret. Soudain, il sentit comme tout le poids de cette adrénaline lui retomber sur les épaules, se faisant écraser. Il en grimaça légèrement avant d'observer le t-shirt. "Vous pouvez le garder." Ainsi, elle gardait le vouvoiement. Le russe ne put s'empêcher d'y voir une sorte de façon de se rassurer sur le contrôle de son intimité et de sa vie privée. Après tout, il était au milieu de son petit monde et à cette pensée, il tourna la tête  observant alors réellement cet appartement qui semblait dénué d'âme, on aurait pu le croire être un appartement témoin ou alors une chambre d'hôtel, outre les magazines de mode, les dessins sur le frigo, ça semblait si....Peu vivant. D'un geste, il attrapa le t-shirt pour l'observer, vérifiant la taille, ce n'était pas exactement la même mais ça suffira. Depuis quand n'avait-il pas mis un simple t-shirt ?...Non pas qu'il n'aimait pas ça, mais il avait tellement prit l'habitude de porter des chemises qu'il en avait oublié leur existence, il n'en n'avait même pas pour dormir, enfin, il fallait dire que le russe ne portait pas grand chose pour ces nuits. Une fenêtre ouverte, une couverture, il n'avait besoin de rien de plus. Pourtant, si il n'en n'avait en soi que faire de porter un t-shirt, le fait qu'il ait appartenu à quelqu'un, ça, ça lui plaisait nettement moins. Il n'aimait pas porter ce que d'autres avaient mit avant lui, non pas qu'il avait un souci avec les occasions, mais simplement qu'il avait une notion assez superstitieuse sur la mémoire des objets. Porter quelque chose d'un autre, c'était s'approprier les émotions qui en découlé. Une vieille croyance que sa mère lui avait légué, comme bien d'autres, qui dénoté avec son esprit calculateur et méthodique.  

Vous risquez d'avoir besoin d'un point ... Non même deux. Ce n'est pas la première fois qu'elle s'est ouverte, je me trompe ? Je peux vous le faire ou alors vous attendez d'aller aux urgences. C'est à vous de choisir mais vous ne pourrez pas rester comme cela.

Ah, oui, c'est vrai, elle était encore là. Plongé dans ses pensées il en avait oublié ce qui l'entourait. Son regard quitta alors ce simple haut pour se poser sur la jeune femme qui était à côté de lui, elle l'inspectait pour aviser sans doute de la taille de la blessure et il laissait faire. Elle semblait plutôt au fait de ce genre de chose, après, elle travaillait dans un bar, elle devait en avoir vu plus d'une de bagarre tournant aux jets de bouteilles. Il laissa un léger soupir s'évader à l'annonce des urgences. Et ça la faisait rire de sortir pareille connerie ? Moins il passait aux urgences, mieux c'était. Elle voulait jouer à quoi là ? Lui montrer qu'elle pouvait toujours être cette femme qui semblait en savoir trop mais préféré titiller plutôt que tout dévoiler ? Et dire qu'il pensait lui faire un compliment sur sa robe pour tenter d'apaiser les choses. Quelle merde. Vassili ferma alors les yeux en reposant l'arrière de son crâne contre le canapé, joignant ses mains, donnant alors cette impression de vulnérabilité ou alors de trop plein de confiance tant il ne faisait plus attention, répondant alors de cette même voix lente :

Je ne garde pas le souvenir d'autres. Tu devras te trouver une autre excuse pour réussir à t'en séparer, Jodie, je te le ramènerai nettoyé. Et effectivement, je suis plutôt du genre casse cou, ce n'est pas la première fois que ça s'ouvre ici. Même si ce soir je ne m'y attendais pas.

A ces mots, il ouvrit à nouveau les yeux pour l'observer avant de récupérer le gant cédé plus tôt pour venir se frotter le sang qu'il avait sur le visage. Il savait pertinemment que ces mots avaient été une nouvelle fois dure, mais avait tenté de se rattraper plus ou moins en cherchant à se faire plus conciliant par la suite. Ce n'était qu'une pauvre femme qui venait de voir un de ses voisins crever et qui pourtant trouvait encore la force d'essayer de le soigner, il ne pouvait pas foncièrement faire le connard à chaque étage. Enfin, ça, ce fut sa dernière pensée avant qu'elle ne disparaisse à nouveau pour revenir avec cette lampe du démon qu'elle lui mit entre les mains. Il allait sérieusement devoir s'aveugler volontairement et laisser une étrangère aussi près de lui ? Si tout à l'heure il avait fermé les yeux, offrant cet air si sur de lui en s'offrant, c'est car il était dans le contrôle, il se sentait maitre de la situation, là, c'était tout autre chose, et cette perte ne lui plaisait pas du tout. Il allait devoir lui faire confiance à cette femme qui en savait plus qu'elle ne voulait le dire, qui n'était clairement pas ce qu'elle lui montrait depuis le début.
Merde, double merde même. Son regard se planta alors sur elle, le visage débarbouillé certes, mais l'intensité de la lueur dans ses yeux faisaient presque ressortir l'anthracite qui se cachait dans le lapis lazuli de ces iris, il cherchait à sonder son âme à percer celle-ci pour en connaitre la vérité et même si cela ne lui donna aucune réponse, il en avait besoin. Car la jeune femme venait de s'installer et s'approchait. Дерьмо. Il n'avait plus vraiment le choix.

Alors, il leva de sa senestre cette foutu lampe à devoir fermer ses paupières tant la lumière était impossible à soutenir, lui offrant cette arcade abimé où l'apprenti médecin en herbe pu voir quelques morceaux, à peine plus petit que du gravier enfoncé dans sa chair, sans doute dû à l'impact avec la bouteille. Mais au moment où l'homme senti les doigts de la jeune femme approchait, il ne put résister, sa dextre venant alors chercher la hanche de celle-ci pour la tenir, cela pouvait paraitre extrêmement bizarre voir décalé face à la situation, mais pour un obsessionnel du contrôle devant lâcher celui-ci pour une pure inconnue dont il était méfiant, il avait besoin d'une prise, d'être capable de la tenir, de la matérialiser dans sa tête pour être sur que si quoi que ce soit arrive, il avait un moyen rapide d'inverser les rôles. Alors même si cette prise pouvait paraître bien étrange voir totalement hors de propos, par le fait de tenir la hanche d'une femme de cette manière donnant plus l'impression d'une toute autre relation avec celle-ci, dû à cette poigne possessive. Aux yeux du russe, elle avait un tout autre code, mais ça l'arrangeait qu'on voit ici une tentative lubrique plutôt que cette défaillance dans l'épaisse muraille que Volkov c'était construite.

Fait ton office.   

Même dans ces derniers mots, alors que pourtant, en lui il était dans ses plus grandes alertes face à la situation, Vassili employé un ton calme, voir presque neutre, comme si la situation était nécessaire et assuré. Un véritable maitre de ses émotions, il faut dire qu'il avait connu quand même bien pire situation. Au moins, ici, il n'y avait pas de batterie électrique ou encore de quoi lui simuler une noyade. Non, au contraire, à force d'avoir les yeux clos il avait ses autres sens en ébullition et pour le coup, le parfum de la jeune femme était plutôt agréable ça avait au moins le don de lui faire oublié cette situation, cette appartement, ce monde.  

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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMer 3 Nov - 14:52




Unbreakable, unstoppable


Un Russe qui porterait le haut d'un autre Russe. C'était presque ironique. Et India semblait aimer se faire souffrir en lui donnant ce vêtement qui lui avait appartenu. Elle profita que l'homme soit perdu dans ses pensées pour observer la plaie et faire un triste constat. Un soupir s'échappa des lèvres du Slave, s'enfonçant dans le canapé, sa tête se reposant contre le dossier, les yeux fermés, parfaitement vulnérable à cet instant. Il revint sur ce qu'il considérait comme un prêt et non un emprunt. Ce haut dont elle cherchait à se débarrasser. Il tenait à lui ramener propre, refusant de garder le souvenir d'un autre. Ne pouvait-il pas en faire un chiffon ou simplement le jeter à la poubelle, lui qui n'avait jamais porté ce genre de vêtement dans son magasin ou au Purgatory ?

Inutile, souffla-t-elle entre deux phrases, le laissant poursuivre sur son côté casse-cou.

Un casse-cou. C'était ainsi qu'il se définissait pour justifier les multiples marques qui devaient sillonner son corps. Combat de rue, arme à feu et autres, qui pourrait le croire. Même India, qui n'avait aucun attrait pour la violence, gardait quelques marques de ses agressions. Une arcade aussi avait été touchée, des genoux écorchés pour avoir été traîné sur le sol et de la veille, ce coup qu'elle avait reçu au visage pour avoir tenté de maîtriser une femme en plein sevrage qu'elle avait masqué avec son maquillage. Et surtout un ego touché, blessé par cette violence, cette haine qui s'était abattue sur elle, usant d'une agression sexuelle pour avoir le pouvoir sur l'autre. Le Russe rouvrit les yeux pour les poser sur elle, sans un mot, acceptant le gant pour se nettoyer, lui laissant le temps de disparaître pour revenir avec une lampe grossissante. India ne lui laissait pas le choix de la tenir, ce qui risquait de l'éblouir un temps. Il y eut un moment de latence où ses yeux bleus dévisagèrent la brune, pour la jauger, pour peser le pour et le contre. La jeune femme savait qu'il n'irait pas aux urgences. Il aurait peut-être d'autres contacts pour le recoudre ou alors il n'en ferait qu'à sa tête et laisserait ainsi cette vilaine plaie. Il céda contre toute attente. Assise un peu plus en hauteur, proche de lui, elle avait une belle vue sur cette arcade et c'était avec satisfaction qu'elle le vit maintenir la lampe, l'obligeant ainsi à fermer les yeux.

Lorsqu'elle trouva un fin morceau de verre, de la taille d'un grain de poussière, elle chercha le meilleur angle d'attaque et préféra poser sa main sur son front, tirant avec le pouce sur le front pour faciliter l'ablation du corps étranger, le Russe eut un réflexe qui la fit sursauter et se raidir en même temps. Elle eut une longue expiration, signe qu'elle n'aimait pas ce contact, qu'elle n'aimait pas qu'il pose une main sur elle pour découvrir qu'elle n'était qu'artifice, que sa robe cachait une tout autre apparence.

Votre main n'a pas sa place-là, lui dit-elle, sèchement, ne bougeant pas d'un pouce, attendant qu'il enlève cette pression qu'il avait posé sur elle.

Et elle finit par enlever le morceau de verre pour s'attaquer à recoudre la plaie. Un geste des plus simples habituellement. Une fois le fil placé des deux côtés des berges, deux tours autour du porte-aiguille dans un sens, puis une seule dans l'autre sens et un dernier nœud pour bien fermer. Simple et précis en coupant le fil à moins de cinq millimètres pour faciliter l'ablation par la suite. La pince permettait de soulever légèrement la peau et le fil avec cette aiguille au bout traverserait le derme d'une berge à l'autre. Rien de compliqué. Sauf quand un homme avait peur. Elle lui demanda s'il était prêt, il ne prit pas la fuite. Seulement sa main était sur le qui-vive, elle avait remarqué cette tension, cet inconfort de ne pas voir ce qui se passait. De quoi avait-il peur ? D'elle ? Il avait bien raison mais pas pour cela. Le matériel en main, après désinfection, la main du Russe revint sur sa hanche, par réflexe.

Vous vous rendez compte qu'il va y avoir une aiguille près de votre œil ? J'aimerais éviter de vous le percer parce que votre main est sur moi. Ce serait dommage de finir borgne, non ? Prenez sur vous, vous êtes Russe, vous saurez supporter une douleur comme celle-ci. Vous jouez les gros durs mais vous êtes tous pareil au final.

Ce n'était sûrement pas de la douleur qu'il avait peur. India lui aurait bien proposé de boire un verre pour qu'il se détende mais l'image qui lui revenait en tête l'arrêta dans cette démarche. Autant avec un enfant, même un adulte lambda, elle parlerait, donnant un peu d'humanité à ce soin qui pouvait être stressant mais elle n'avait pas envie de le dorloter. Alors la jeune femme attendit qu'il lâche sa pression pour attraper la peau et commencer son office, s'arrêtant à chaque fois que cette main revenait sur elle. Elle se crispait moins à chaque fois mais sa respiration marquait son agacement. Et ces deux points qui auraient dû durer une minute, peut-être deux, durèrent plus longtemps à cause de cela. Deux tours dans un sens, un tour dans l'autre puis un dernier, deux fois. La fermeture n'était pas agréable mais sa dextérité était là et les gestes sûrs. La jeune femme en avait fini et regardait les points, se rapprochant légèrement pour s'assurer de la finition, sa main revenant se poser sur son front, n'utilisant la lampe grossissante uniquement pour s'éclairer, terminant par l'éteindre alors que le blond continuait de la tenir.

Votre main ! Dans dix jours, il faudra les faire enlever par votre médecin, lui dit-elle en se tournant du côté de sa mallette pour chercher quelque chose dedans, voyant bien la lame de scalpel, la touchant du bout des doigts pour finir par sortir un bonbon au caramel qu'elle lui tendit, laissant un temps de latence avant de laisser un petit sourire moqueur. Pour ne pas avoir pleuré.



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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptySam 6 Nov - 12:49

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Votre main n'a pas sa place-là.

Sans déconner ? Il le savait mais c'était comme...Instinctif. Il avait besoin d'une prise sur ce corps étranger qui était bien trop proche de lui. Vassili avait horreur qu'on le touche, véritable maniaque du contrôle, il avait toujours eu du mal qu'on le touche, outre sa mère, ça avait toujours été quelque chose de dérangeant, mais après son passage en prison, cela avait empiré. Ca faisait sans doute aussi partie des nombreuses raisons de pourquoi ces couples étaient constamment dysfonctionnel, incapable de laisser sa partenaire l'approcher sans réagir de façon brusque ou brutal, il avait simplement fini par abandonner tout idée de réussir à changer ou contenir cela, finissant simplement par se faire une raison, celle qu'il n'aimait pas qu'on le touche et s'arrêter à celle-ci. Et ça ne pouvait qu'être ainsi en cette situation. Il chercha pourtant à obtempérer, mais à chaque fois, il revenait sur cette hanche, tel un besoin maladif.
Si l'homme n'en montrait rien outre cette main, elle pouvait simplement le deviner face à la tension qui émanait de son corps à être ainsi manipuler. Tout en l'homme exprimer cette alerte. Et alors qu'il était à ce point tendu, elle commit une faute. Trop parler à son goût :

Vous vous rendez compte qu'il va y avoir une aiguille près de votre œil ? J'aimerais éviter de vous le percer parce que votre main est sur moi. Ce serait dommage de finir borgne, non ? Prenez sur vous, vous êtes Russe, vous saurez supporter une douleur comme celle-ci. Vous jouez les gros durs mais vous êtes tous pareil au final.

Elle était clairement en train de se foutre de sa gueule là. Un manque de respect que même lui n'avait pas franchis et surtout, dans un moment pareil. C'est alors que la rage s'invita au sein de son être. Un maitre mot prit alors ses priorités. Celui de rétablir l'équilibre dans ce qu'elle venait de perturber. Qu'elle le remette à sa place pendant qu'elle fait son office pouvait encore passé, cela était compréhensible, il n'était pas stupide au point d'ignorer ça. Par contre, le mettre aux mêmes niveaux que ces idiots en se pensant intouchable, là, c'était de trop. Sa mâchoire se contracta alors, serrant les dents, sa senestre venant ainsi se crisper contre son manteau, comme suspendu dans une attente silencieuse. Elle était encore en train de soigner son arcade, il ne pouvait pas faire de geste brusque, mais par tous les putains de saints, pourquoi devait-elle ouvrir son énorme gueule ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui apporter de le provoquer ainsi ? Cherchait-elle tant que ça à souffrir ? Son ex n'avait-il suffisamment pas fait le boulot ? Ou n'importe qui d'autres dans cette ville ? Ce n'était pas les connasses et les connards qui manquent pourtant dans le coin. Mieux, elle même connasse, elle aurait du rencontrer ces acolytes !
Et tandis que l'homme bouillonnait dans son coin avec l'afflux de ses pensées, la médecin en herbe pu avancer dans son œuvre, un point après l'autre. Au point où c'est d'elle même qu'elle le ramena sur terre en lui rappelant la prise sur sa hanche, qu'il relâcha alors en comprenant qu'elle venait d'en finir, son regard se fit une seconde hagard avant de reprendre contenance, la voyant se tourner vers sa mallette, il la fixait de ses iris, guettant ce qu'elle comptait faire, tel une bête à l'affut avant qu'elle ne lui tende finalement qu'un simple bonbon, observant alors celui-ci, puis elle, puis à nouveau le bonbon, cherchant à comprendre à quel point elle se foutait de sa gueule. Là, c'était trop.
Son regard redevint alors de cette lisseur infecte tandis que sa dextre, autrefois à sa hanche se leva pour récupérer ce simple bonbon dans un geste délicat, voir même presque ambigüe tant la pulpe de ses doigts vinrent effleurer le poignet de la jeune femme avant de se poser sur le bonbon. Mais en réalité, cela n'était qu'une tentative pour troubler les sens de cette femme et ainsi jeter sa main gauche, tel une araignée se jetant sur sa proie, pour agripper alors dans une fermeté retrouvée la gorge gracile de cette audacieuse soigneuse. Il ne serrait pas réellement, mais sa prise était autoritaire et son regard devint alors hivernal. Aucune compassion, aucune pitié, rien d'autres que cette colère qui couve ne transparaissait dans les lueurs de ses iris.
Il la tenait, cette fois-ci, il ne rigolait plus. Et dés que Volkov la vit poser sa main sur le scalpel, la pression sur sa gorge se fit légèrement plus forte, comme un avertissement. Un silence de plomb s'installa durant quelques secondes, une poignée à peine et pourtant, dans cette situation, cela ressemblait à des heures. Aucun mot durant ce no man's land. Tout passait par le regard, celui d'une fureur intacte. Elle l'avait provoquée et à présent, il ne voulait pas laissé passer ça. Le russe avait pourtant généralement un sang froid légendaire. Mais pour garder celui-ci, il fallait quand même montrer un avertissement une fois, pour bien faire comprendre. C'est comme lorsqu'on éduque un chien. Après tout, l'humain est un animal comme les autres.


C'était bien beau tout ça...Mais à présent...Quoi ? Ils se retrouvaient là, tous les deux, sur un canapé dans un appartement stérile de vie, où à l'extérieur ça bourgeonnait face à la mort. L'ironie de la situation pouvait s'arrêter là mais comment décoincer celle-ci sans que ça ne parte trop loin ? Car si il avait réagit dans un premier temps, il n'avait pas réfléchit à la suite. Il n'allait pas la tuer pour si peu, surtout qu'elle venait de l'aider. Il devait jouer plus prudent et surtout, pour cette fois, s'autorisé une marque de gentillesse, sans trop l'être.
Et pour cela, il débuta par une petite humiliation. En effet, Vassili, tout en continuant à la fixer, en retenant sa gorge, leva sa dextre pour s'approcher du visage de la jeune femme, venant alors dessiner les lèvres d'India avec le bonbon au caramel offert précédemment, murmurant et brisant enfin ce silence bien trop lourd :

Jodie... Ne sais-tu pas te retenir ? Te sens-tu toujours obligé de penser que tu puisses écraser les autres pour trouver un semblant d'existence car tu refuses de soigner tes propres plaies, les couvrants simplement par ta connerie ? Il prit alors une inspiration, ralentissant son ton, comme pour essayé d'être diplomatique, difficile avec un accent qui donne toujours l'impression de crier des ordres. Je te remercie de me soigner chez toi alors que tu n'as rien demandé. Tu vois, toi non plus tu n'es pas si mauvaise au fond. Tu devrais peut-être arrêter de te croire стерва, non ? Ca éviterait que tu te détestes, non ? Tiens, pour ne pas avoir encore eu l'idée de m'égorger.

A ces mots, il chercha alors à enfoncer le bonbon entre les lippes de la jeune femme de son pouce, sans non plus forcé. Là, il était en maitrise, même si il n'oubliait pas ce scalpel, bien trop proche pour réussir à l'éviter. Au fond, ces deux êtres ne se ressemblaient-ils pas de trop ? A jouer autant avec le feu dans des situations grotesques où la surenchère est de loin, la plus mauvaise des idées ? Mais comme pour une tentative fugace de désamorcé l'escalade et la prendre ainsi de court, il lui relâcha alors la gorge, continuant de la fixer de ce regard prompt à lui transpercer l'âme. Ce n'était pas cette mascarade qu'il voyait, mais elle.



Dernière édition par Vassili Volkov le Mer 24 Nov - 21:08, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptySam 6 Nov - 16:20




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Le cherchait-elle ? India se croyait dans son élément, dans sa zone de confort où personne ne pourrait lui faire de mal. Elle était chez elle après tout, un lieu que peu de monde voyait. Son père, ses deux meilleurs amis, Nolan et Dana. Trop de monde déjà qui pouvait voir le vide qui était en elle. La jeune femme le soigna, referma la plaie, le rappelant à l’ordre dès que sa main venait se poser sur sa hanche. S’il avait horreur du contact, elle ne l’aimait guère non plus. Et si pendant longtemps, elle avait fui le contact des autres, c’était pour se protéger. Jusqu’à ce qu’elle comprenne que ce n’était que dans la brutalité qu’elle se pétrifiait de peur, qu’elle retombait dans ses souvenirs de violence tel des coups-de-poing qui la frappaient en plein visage.

La brune chercha dans sa mallette ce qui sonnerait comme une plaisanterie, à condition d’avoir un soupçon d’humour. Même si cette plaisanterie n’était que dans un sens et n’amuserait au final que la jeune femme. Elle sortit un bonbon qu’elle lui tendit sous le regard rempli d’incompréhension du blond. Il n’y avait rien de mauvais dans son geste, dans son sourire moqueur, peut-être le plus naturel de tous ceux qu’il avait pu avoir. Mais face à ce sourire, l’imperturbable Russe retrouva toute sa froideur, faisant glisser l’un de ses mains le long de son poignet pour récupérer sa récompense pour avoir été sage. India en perdit le sourire à ce contact bien trop ambigu pour être clair, ne comprenant que trop tard que c’était une diversion. L’autre main du Slave l’attrapa à la gorge, faisant hoqueter la jeune femme de surprise qui se raidit à cette prise. Sans qu’elle ne soit étouffante, celle-ci la tenait droite et l’empêchait de bouger. Un voile de peur traversa son regard alors que celui du Russe montrait son vrai visage. Sans compassion, sans pitié, avec une colère qui l’étouffait. S’il avait pu lui faire mal, vraiment mal, s’il n’avait pas été coincé ici, il l’aurait fait. C’était ce qu’elle put lire dans ce regard azuré d’une froideur sans égal.

India retrouva cette peur de l’autre, la douleur de ce contact, de cette violence qu’elle avait subi dans ce simple geste. Ils avaient cherché à l’étrangler, entre deux coups, ils avaient cherché à la maintenir en place, plaquée contre cette table, entre deux coups. La peur se mêla à la colère, à cette volonté de vivre qui lui permis de bouger un bras pour chercher à tâtons le scalpel non loin d’elle. Ses doigts l’entourèrent et ils n’attendaient plus qu’un signe de la part de son agresseur pour planter la lame dans sa gorge. Une carotide frappée à plusieurs reprises lui assurerait sa survie. Mais cela salirait sa belle robe bleu. L’homme serra un peu plus sa pression ce qui fit accélérer les battements de son cœur qui tambourinait dans sa poitrine et dans sa gorge. Sa respiration rapide fut sifflante.

Et ce qui ne dura que quelques secondes sembla durer une éternité, comme quand tout s’arrête pour voir la scène au ralenti. Ils se regardaient, lui dominateur, colérique, elle, pétrifiée, colérique. De sa main libre, le Russe glissa le bonbon sur les lèvres de la jeune femme, les dessinant, brisant le silence par ce venin qui sortait de sa bouche. Il touchait du doigt des traits de personnalité qu’elle considérait comme inexistant. Des inepties pour faire mal, pour chercher à la heurter. Mais India était tellement coincée dans son orgueil qu’elle n’était pas capable de voir au-delà. Ces mots étaient durs, forts malgré le murmure et il poursuivit sur ce qui aurait pu sembler être une note plus douce mais qui n’était que le reflet d’un comportement passif-agressif. Elle n’était pas si mauvaise, finalement, se cachant derrière une forme de méchanceté gratuite, qui la ferait se détester. Arrêter de jouer les salopes. Le mot russe ne lui était pas inconnu, la jumelle de son ancien petit ami l’ayant suffisamment insulté ainsi. Une lueur de colère brisa le voile de peur qui masquait ses yeux verts devenus brillants. Pourtant aucune larme ne vint échapper à son contrôle. Il poussa le bonbon toujours posé sur les lèvres de la jeune femme pour passer la barrière, se cognant un court instant contre ses dents avant d’aller plus loin. Si la peur n’avait pas été là, si elle ne cherchait pas son air, sa mâchoire aurait été scellée et jamais il n’aurait passé les dents. À peine eut-il fini qu’il libéra sa prise, ne bougeant pas de ce canapé, continuant de la regarder, la mettant à nu par ce simple regard. N’avait-il pas pu lire cette peur ?

Le souffle rapide, crispée, déboussolée, la jeune femme lui cracha dessus le bonbon. Elle sentait que ses jambes ne répondraient pas tant elles étaient flageolantes. Sa main n’avait pas lâché le scalpel tandis que l’autre se posa sur sa gorge. L’impression d’avoir encore la sienne dessus était étrange et désagréable. India l’aurait roué de coups si elle avait pu, si elle se savait capable de prendre le dessus. Ses yeux ne lâchèrent pas du regard ceux du Russe, prête à reculer s’il décidait de reposer ses mains dessus, quitte à tomber par terre. Son comportement, ses réactions, ses paroles lui avaient donné des indications sur sa nature, sur son caractère et même si elle avait peur, la colère l’aveuglait à cet instant.

Les saintes ne font pas long feu ici, il n’y a que les salopes qui survivent. J’en ai assez de vous, de votre comportement passif-agressif… Murmura-t-elle d’une voix grave, parfois tremblotante, cherchant à retrouver cette contenance qu’elle avait perdue au moment où il l’avait attrapé. Vous ne supportez pas le contact, vous ne supportez rien, ni les plaisanteries, ni les ordres, ni aucune forme d’autorité. Votre besoin de domination, d’écraser l’autre est tel que cela fait de vous un sombre connard violent et paranoïaque. Vous êtes guidé par votre peur. Vous avez tellement peur que vous faites du mal aux autres pour compenser votre incapacité à gérer cette peur. Vous n’êtes pas capable d’accepter une plaisanterie, très bien. C’est fini. Je ne plaisante plus. Touchez-moi et je hurle, faites un geste déplacé et je hurle. La police n’est pas loin et entre une jeune femme comme moi et un étranger comme vous, qui va-t-elle croire à votre avis ?



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Vassili Volkov
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMer 24 Nov - 14:11

Vassili V.
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Même si il avait fini de la toucher, même si il restait tranquillement assis sur ce canapé, il pouvait le voir dans le regard de cette femme, une emprise qu'il ne connaissait que trop bien et qui en réalité était loin de le déranger. Il faut dire qu'il avait appris à cultiver ce sentiment, on l'avait formé et éduqué pour et par ça. La peur. La peur car on se rend compte qu'on ne contrôle plus rien, qu'on peut tout se faire ravir indépendamment de notre volonté. Depuis la Russie, même plus loin, depuis l'Ukraine, c'était ce sentiment qu'il avait connu, alors que la voiture de son père se faisait caillassé par les mêmes supporters qui un an plus tôt l'acclamé pour avoir amené son équipe dans le haut du panier du championnat, enfin, l'hypocrisie et la mémoire sélective humaine n'était pas à l'ordre du jour. Là, il pouvait voir les dégâts sur cette femme, ce simple geste semblait avoir rouvert certaines des blessures de cette femme. Finalement, sans même s'en rendre compte peut-être, elle venait enfin de se mettre à nue. C'était ça, l'honnêteté pour le russe. Et étrangement, c'était à cet instant là, qu'elle fut étonnamment belle à ses yeux. Pour une américaine, certes. Mais malgré tout. Enfin, ces yeux, à travers la peur, exprimer une réelle émotion, son corps tendu et pourtant si fin exprimer lui aussi cette crainte pour cette vie qui semblait pourtant manquait depuis le début. Là, il vit une enveloppe de chair et de sang hurlant son désir de vie.


Les saintes ne font pas long feu ici, il n’y a que les salopes qui survivent. J’en ai assez de vous, de votre comportement passif-agressif… Vous ne supportez pas le contact, vous ne supportez rien, ni les plaisanteries, ni les ordres, ni aucune forme d’autorité. Votre besoin de domination, d’écraser l’autre est tel que cela fait de vous un sombre connard violent et paranoïaque. Vous êtes guidé par votre peur. Vous avez tellement peur que vous faites du mal aux autres pour compenser votre incapacité à gérer cette peur. Vous n’êtes pas capable d’accepter une plaisanterie, très bien. C’est fini. Je ne plaisante plus. Touchez-moi et je hurle, faites un geste déplacé et je hurle. La police n’est pas loin et entre une jeune femme comme moi et un étranger comme vous, qui va-t-elle croire à votre avis ?

Enfin, de véritable paroles, plus de petits jeux, plus de provocations, des mots qui faisaient sens et qui hurlaient sa propre vérité. Car oui, pour Vassili les mensonges n'existaient pas réellement, disons qu'il voyait plutôt que chacun trouvait sa propre vérité pour une même action. Tranquillement, alors qu'il la fixait toujours malgré la menace de la jeune femme qui eut pour effet de...détendre le slave, il prit délicatement entre ses doigts le bonbon qu'elle venait de lui cracher dessus pour l'amener tranquillement à ses propres lèvres, le glissant entre elles pour le faire disparaître dans sa bouche, commençant alors à le suçoter en continuant de la fixer, joignant ses mains. Elle avait enfin arrêté de jouer. Pouvait-il faire le même effort ? Elle venait malgré tout de le menacer. Avec le commérage des voisins dehors, il pouvait toujours lui sauter dessus, jouer sur son poids pour l'empêcher d'avoir une respiration correct et la pression de sa cage thoracique éviterait un cri trop fort qu'il finirait d'étouffer par ses mains ou le t-shirt qu'il avait entre ses mains, une fois maitriser, il n'aurait plus qu'à lui montrer ce que c'est de menacer la mauvaise personne, lui montrer réellement ce que c'est le danger. Pour qu'elle retienne enfin cette leçon de faire attention à ses propres paroles.

D'un léger mouvement, son regard se décala d'elle pour observer la porte d'entrée, un brin songeur, réfléchissant, envisageant. Mais sans doute bien loin de ce qu'elle imaginait, il pesait surtout le fait qu'elle venait d'être enfin vraie avec lui. Elle pourrait mérité au moins de savoir ce que c'est, l'arrêt du jeu... Après tout, il doutait fortement qu'elle soit en mesure de le croire quoi qu'il arrive. Il pouvait donc bien se le permettre. Alors qu'il la savait toujours avec ce scalpel, alors qu'il était bien conscient de la détresse émotionnelle et de la colère de sa partenaire dont il en était le premier feu mais que lui aussi était il y a quelques minutes de cela, tout aussi furieux, le voilà à tourner la tête vers la cuisine, d'un air détaché à nouveau, brisant alors ce silence qui venait à peine de s'introduire :

Tu as quelque chose à boire ?

La question est lente, fuse de nul part, en pure contradiction avec cette situation si tendu, ignorant même l'état de cette femme avant de revenir poser son regard sur elle, ses mains jointent. Se foutait-il d'elle ? Était-il un connard à ce point ? En réalité, oui et non. Il était simplement dans sa propre réalité, ses propres codes, sa propre version des faits. Et là, dans sa tête, il avait simplement choisie qu'elle avait fait acte de mise à nue et qu'il allait respecter ça. Et tandis qu'il la laissait interprétée l'information, il vint alors défaire sa cravate d'un geste de la main pour la poser sur sa propre cuisse avant de débuter d'une main experte, le déboutonnage de sa chemise. C'est à ce moment là qu'il reprit la parole :

Cтерва. Tu crois que ce monde doit gorger de salopes pour pouvoir survivre ? Ne te cherche pas d'excuses. Tu l'es car c'est simplement plus facile. Plus facile à vivre et à survivre. Les échecs passent mieux, tout simplement et visiblement, tu as appris à bien trop vivre sur tes échecs plutôt qu'à les accepter.

Malgré la lourdeur des mots, dont la tonalité trainé par son accent en appuie leur cruauté, on peut en sentir l'absence de jugement aussi, une neutralité presque pure s'en dégage tandis qu'il achève d'ouvrir sa chemise, sans l'écarter, venant d'abord fouiller dans la poche de son pantalon pour sortir son paquet de cigarette, venant en joindre une entre ses lèvres puis en sort une seconde qu'il lui tend devant son visage, provocation de la toucher ou non ? Difficile de répondre, même pour le slave, la fixant simplement, son menton roulant tandis qu'il suce toujours son bonbon. C'est dans cette attente qu'il continue alors son discours :

Tu vises plutôt bien. Je déteste l'autorité, une éducation à la russe ça. On a du mal avec les ordres qui ne viennent pas de chez nous. Mais tu confonds certaines choses, Judie. Une différence entre toi actuellement et moi. Je connais la peur, oui, comme tous le monde. Mais cela fait bien longtemps qu'elle n'est plus que ma cтерва. Elle me sert pour toujours resté en alerte, pour me rappeler le danger de certaines situations, me rappeler à quel point la vie est précieuse... Mais ça fait depuis bien longtemps que j'ai appris à lui mettre une laisse et à ne pas me laisser dominer par celle-ci, à ne pas la laisser diriger ma vie. Et ça, tu sembles pour le moment incapable de le faire tant que tu penseras qu'il vaut mieux être une pauvre conne décérébrée provocatrice et grande gueule plutôt que toi-même. Il marque alors une pause, avalant le reste de son bonbon tandis que sa main libre vient chercher son briquet, reprenant ensuite. Ta porte est fermée à clef, la police de votre pays se doit à trois somation avant de pouvoir enfoncer ta porte, ce qui laisse entre dix et quinze secondes. De plus, dans vos immeubles américains, vos escaliers de secours sont en extérieur, souvent non loin de vos fenêtres. Ta menace est donc... Mh. Juste celle d'une femme qui a peur et désir ardemment reprendre l'ascendant. On dirait qu'on se rencontre enfin.

A ses paroles, l'homme viendra alors allumé sa propre cigarette avant de faire de même avec la sienne, si elle l'a accepté, dans tous les cas, juste après ce petit instant, il cherchera à se lever lentement, si ça peut paraitre dans un acte totalement désintéressé de la situation, en réalité la lenteur de celui-ci s'explique pour lui montrer le découpage de ses mouvements et ainsi qu'elle voit qu'il ne cherche pas à l'atteindre, s'écartant à peine pour ainsi défaire sa chemise, dévoilant alors un torse et un dos recouvert de ses tatouages, allant de ses roses des vents sur les épaules, à cet aigle bicéphale dans le dos brisant l'harmonie de cette peau blanche vallonnait par une musculature sèche et appuyée ainsi que ces diverses petites cicatrices énigmatiques, récupérant alors le t-shirt qu'elle lui a rapporté pour venir l'essayer, voir si cela serait sa taille, lui tournant ainsi le dos. Alors que le russe c'était montré paranoïaque avec elle, dans une maitrise brutale et froide, le voilà à commettre une erreur pareille que de lui tourner le dos et en plus sans pouvoir réellement agir, les mains et la tête dans le t-shirt ? Ou alors, est-ce un trop plein de confiance sur sa maitrise de la situation. Il n'était pas toujours simple de comprendre tout les tenant et aboutissant dans ce genre de moment, le voilà simplement en train d'enfiler ce bout de tissu, sa cigarette dans une main, l'autre cherchant à faire passer son crâne par le col. Et c'est durant cette exposition, qu'il reprend ses mots, à croire qu'il n'en tarit plus :

C'était lui qui te fracassé la gueule ?

La question fuse de nul part, alors qu'il essaie son t-shirt, ne la regardant même pas. Vassili observait ce bout de tissu, après tout, elle semblait avoir déjà connu cette douleur, il l'avait vu dans sa peur, celle de subir à nouveau la pluie de coup, de sentir ses os se briser. Du moins, c'est ce qu'il avait cru comprendre. Alors soudain, il voulait savoir si ce qu'il était en train de porter était celui de son précédent bourreau. Plutôt étonnant, pour un tueur.

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India Phillmore
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyMer 1 Déc - 17:05




Unbreakable, unstoppable


Elle le fixa quand il lui demanda à boire. La politesse était-elle de trop ? Son regard froid revint sur elle alors que le sien continuait de le surveiller. India laissa un sourcil se lever à cette question. Plaisantait-il ? Une part d'elle lui hurlait de lui rappeler les règles de la bienséance, une autre voulait qu'il aille se faire voir. Mais elle ne voulait pas renouer le contact avec lui. Une fois avait suffi pour raviver bien des douleurs qu'elle pensait avoir mise de côté et qu'elle se reprenait comme un train grande vitesse de plein fouet. Alors, elle serait plus maligne que ça et lui laisserait croire qu'il la maîtrisait. Mais la jeune femme ne ferait que le dos rond pour mieux agir par la suite, dans l'ombre, lui et à son misérable business d'armes.

De l'eau, vous n'aurez rien d'autres ici, lui répondit-elle de cette voix encore grave qui reprenait contenance.

Autant lui laisser croire ce qu'il veut d'elle. Il était à côté de la plaque et cela lui convenait qu'il ne s'approche pas d'elle. Mais au fond, peut-être avait-elle tort de penser cela ? India agissait par intérêt, préférant jouer ainsi pour s'assurer cette survie dans un milieu où la violence était reine et où une frêle jeune femme ne pouvait avoir d'autres choix que d'être discrète ou vendre son corps. Les choix étaient limités et aucune des autres minces possibilités ne convenaient à sa personnalité et ses excès de grandeurs mais dans cette volonté de prouver à l'autre qui avait mieux cerné l'autre, le russe ne voyait pas qu'il parlait aussi de lui. N'agissait-il pas de la même manière ? À travers sa violence, il choisissait la facilité.

Parlez pour vous, répliqua-t-elle sans émotion.

L’homme avait enlevé sa cravate puis avait ouvert sa chemise sans l’ôter. Il sortit un paquet de cigarettes de la poche de son pantalon, toujours sous le regard de la jeune femme encore incapable de bouger. Sans son accord, il comptait fumer dans son appartement ? Le tube de nicotine arriva à ses lèvres et il lui en tendit un autre comme une invitation à se détendre. Les yeux verts de la jeune femme le toisèrent avec mépris. Ne lui avait-elle pas dit ne pas aimer l'odeur de la cigarette ? Pourquoi aurait-elle pensé un seul instant qu'un homme dans son genre soit capable de retenir une information comme celle-ci, d'une serveuse qu'il avait croisé ? Elle aurait dû s'en douter. À moins que ce ne soit qu’une provocation de plus, il ne restait qu’un homme. Méprisable comme le reste.

Je ne fume toujours pas, lâcha la jeune femme.

Après avoir mangé ce bonbon enfoncé un peu plus tôt dans la bouche de la brune, le Russe prit le temps de lui répondre. Il se vantait d'une éducation à la Russe, une bêtise sans nom d'un nationalisme ridicule alors qu’il vivait à présent dans le pays de toutes les libertés. Sauf celle dont ils avaient réellement besoin. Est-ce que ce mépris de l'autorité justifierait de lui ses exactions à son égard ? L'homme montrait qu'il était aussi capable de s'y plier avec son magasin et tout ce qu'il était obligé de faire pour rester sur ce territoire. Il était capable de courber l'échine quand la nécessité était là. Et cela serait de même avec elle. Il ripa sur son prénom, faux nom qui lui collait à la peau aujourd'hui. Ce n'était qu'un jeu, une provocation plus de sa part. L'homme osait parler de la peur, peur qu'il avait connue, peur qu'il maîtrisait. Des beaux discours. Aussi aveugle qu'elle quant à sa condition. Il ne maîtrisait rien du tout mais lui faire voir ce qui lui pendait au nez était impossible. Ce n'était pas un rôle que la serveuse devait avoir, aussi tentant soit-il. India l'écouta sans bouger, tel une statue de marbre. La peur lui permettait de se rappeler que la vie était brève. Tant mieux pour lui. La peur lui avait appris la méfiance, la peur avait bouffé sa vie, à ne plus faire confiance. Elle avait rejeté cette peur, même s'il était dur d'admettre qu'elle était encore là, toujours présente dans sa vie, prête à se réveiller aux stimulus.  

Le Russe marqua une pause, sortant un briquet. Comptait-il vraiment fumer sans lui avoir demandé ? Et il reprit, virant de sujet pour parler de cette porte qu'elle avait fermé. Avait-il seulement fait la rencontre de ces flics qui s'imposaient au domicile des gens sans leur laisser le choix ? Non, la police de cette ville était très problématique. Ses yeux se posèrent sur la porte d'entrée, verrouillée alors qu'il parlait des issues de secours externe. L'immeuble n'en possédait pas ou plus. Voulait-il tenter un appel pour voir comment la police allait réagir ? Sa première pensée fut une nouvelle forme de provocation qu'elle garda pour dire avec dédain.

Vous n'avez pas eu affaire à la même police que j'ai pu voir. Ils envoient ici tous les caïds et autres écervelés capable de tenir une arme, frustrés par les limites de chez eux.

Elle harnachait sa colère qui voulait sortir à tout prix, pour ne rien lui laisser. Ses yeux verts revinrent sur lui quand le bruit de la roulette sur la pierre du briquet retentit, roulant sous le doigt du presque trentenaire, instinctif. Avant même qu'il n'arrive à allumer cette cigarette, India souffla sur la flamme pour l'éteindre.

Pas de cigarette chez moi.

Ce serait ça ou la porte, elle se montrera intraitable. L'odeur de la clope était une chose sur son lieu de travail et elle supportait les odeurs qu'elle portait sur ses robes mais il était hors de question qu'il fume chez elle dans ce petit appartement où elle dormirait plus tard. Le Russe finit par se lever lentement, découpant ses gestes comme pour montrer patte blanche. India était toujours assise sur l'accoudoir du canapé. Lui debout, le dos tourné, elle assise, le dos tourné elle aussi. La chemise tomba et ce n'est après que quelques instants qu'elle laissa son regard se porter sur lui, découvrant de nombreux tatouages sur le corps, à la signification obscure. Un aigle sur le dos. Des cicatrices qui racontaient un passé mouvementé qui ne la surprenait pas. Ce bref coup d'œil lui donna la force nécessaire de se lever, se dirigeant vers la porte et déverrouilla alors qu'il avait le dos tourné la porte, discrètement, se retournant pour s'appuyer contre la porte, prenant ses distances avec lui. Et la vue lui fit serrer les poings. La jeune femme aurait dû le jeter, ne pas le garder. Le voir porté sur un autre lui donnait la sensation étrange. De dos, il aurait pu lui ressembler. Mais sa carrure était moins fine, bien que tout autant, bien qu’ils aient tous deux une musculature sèche. C’était à s’y méprendre et son cœur se serra. Ses yeux se posèrent sur Chacha, une chatte de six ans au pelage tigré marron et gris et au poitrail blanc, ayant quelques kilos de trop mais ne perdant pas son agilité et ses réflexes malgré sa gourmandise. L’animal sortit de sous le lit pour regarder l’inconnu. Passé la peur, voilà que l’animal jouait les curieuses. Le Russe reprit la parole, lui faisant ramener son regard émeraude sur lui, ce dernier lui tournant toujours le dos. La question semblait mystérieuse mais elle n’eut pas de mal à comprendre ce qu’il sous-entendait. Il n’y avait pas eu plus gentille personne avec elle, attentionné et capable de céder à chacun de ses caprices de princesse. Il avait cette part sombre qu’il ne lui avait que rarement exposé mais jamais il n’avait levé la main sur elle. India garda le silence, l’observant avec ce haut qu’elle avait tant porté qu’il ne restait plus que son parfum à elle, doux et léger.

L’amour rend aveugle, parait-il. Mais il faut être une idiote pour rester avec un homme violent capable de lever la main sur soi. Vous pensez vraiment que je le suis ? Décidément, vous êtes à côté de la plaque.

La jeune Phillmore avait une image bien négative de ces femmes battues, celles qui venaient encore et encore au dispensaire pour panser leur plaie, parce qu’elles étaient tombées sur le visage, qu’elle s’était pris une porte par mégarde, marquant ainsi une partie de leur torse. Elle méprisait cette faiblesse d’esprit. Droite contre la porte, les mains appuyées contre celle-ci dans son dos, pieds nus, sa robe trapèze dessinant ses formes pour donner l’image qu’elle voulait aux autres, India reprit :

Pourquoi cette question ? Vous voulez savoir quel traumatisme j’ai vécu qui expliquerait pourquoi je n’aime pas être prise à la gorge ? Ou que je n’aime pas le contact ? J’aimerais vous retourner la question, en tout cas car sur ce point, vous ne valez pas mieux que moi.


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Dernière édition par India Phillmore le Jeu 2 Déc - 19:51, édité 1 fois
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Vassili Volkov
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyJeu 2 Déc - 17:57

Vassili V.
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Parlez pour vous, je ne fume toujours pas.

Des mots sur la défensive, des mots qui transpirer la menace. Oh oui, il en avait l'habitude, après tout, il avait lui-même choisie comment allait être cette soirée, ils étaient là dans ce petit studio et c'est lui qui avait agit. Il s'attendait à tout ça. Et il semblerait que la colère n'allait pas s'estomper auprès de cette femme. Pourtant, il poursuivit dans sa douce folie, se retrouvant dos à elle, même si il ne l'avait pas regardé, il avait entendu le bruit de la serrure, il savait où elle se trouvait et ce qu'elle venait de faire. Pourtant, Vassili fit comme si il n'avait rien comprit, tournant simplement la tête vers le chat, le gros, chat. Quand il était en Russie, il en avait deux, Sasha et Miska, il les adorait, il avait toujours eu un petit quelque chose avec les animaux et c'est alors lentement qu'il se baissa dans un premier temps pour lui présenter sa main et la laisser le renifler avant de venir caresser entre les oreilles de celui-ci, s'autorisant cette brève douceur qui avait le don de le calmer, du moins, d'apaiser ce volcan en lui, car rien n'était encore jouer, bien au contraire. Et cet appartement était devenu bien étroit depuis plusieurs très longues minutes.

L’amour rend aveugle, parait-il. Mais il faut être une idiote pour rester avec un homme violent capable de lever la main sur soi. Vous pensez vraiment que je le suis ? Décidément, vous êtes à côté de la plaque.

Un froncement de sourcils naquit sur son visage, pourtant, il restait à moitié accroupi, profitant du contact de ce chat. Idiote ? Oh non, il savait qu'elle était bornée, fier et orgueilleuse. Sans doute un brin connasse. Mais idiote, non, ce n'était clairement pas un mot pour elle. Mais qualifier ces femmes de tel...Quelque chose lui déplaisait dans cette phrase. Ca lui rappelait le Vor de Géorgie qui était venu avec sa femme voir le Vor de Saint-Pétersbourg où un de ses employés avait appelé le jeune loup à deux heures du matin car il entendait des hurlements dans l'hotel et les clients commençaient à se poser des questions. Il avait retrouvé sa femme la gueule en sang dans la salle de bain, l'arcade ouverte, le nez explosé, cet enfoiré ne l'avait pas raté. Pourtant, quand il était plus jeune, il avait toujours vu cette femme fier, à la limite de l'arrogance, toujours vêtu de vêtements cintrés, une prestance foudroyante, marchant au dessus des hommes, intelligente et calculatrice. Son père lui avait toujours dit que c'était elle qui tenait réellement les rennes de la Géorgie et pourtant, elle se trouvait là, recroquevillée dans sa salle de bain, à trembler comme une biche, à peine reconnaissable... C'était sans doute dû à ça, qu'il avait commis sa première faute qui l'a envoyé en Amérique... Trancher les membranes entre chaque doigts de la main gauche du Vor sous les supplications de cette femme à l'agonie pour qu'il arrête... Triste nuit que celle-ci. Mais il avait rappelé ainsi qu'un Vor étranger, ne faisait pas loi autre que sur son territoire. Cette pensée l'avait totalement absorbé et ne revint que lorsqu'il surpris le venin de la jeune femme se répandre à nouveau :

Pourquoi cette question ? Vous voulez savoir quel traumatisme j’ai vécu qui expliquerait pourquoi je n’aime pas être prise à la gorge ? Ou que je n’aime pas le contact ? J’aimerais vous retourner la question, en tout cas car sur ce point, vous ne valez pas mieux que moi.

La revoilà dans la provocation. Elle était prête à aller jusqu'au bout et lui se retrouvait à présent face à un choix. Il pouvait toujours l'éliminer, elle était assez distante. Mais si il raté le crâne, il y avait de forte chance que la balle traverse aussi la porte, ce qui ne manquerait pas d'alerté les flics qui étaient juste à l'étage au dessus. Une bien mauvaise idée en soi. Il allait devoir calmer le jeu et rapidement. Si un flic venait à rentrer ici, il allait devoir parler et si il pouvait éviter d'envoyer la police chercher son véhicule, ça lui arrangerait d'éviter de devoir expliquer pourquoi une Ak-74 se trouvait sous le coffre de celle-ci. Le russe expira alors, arrêtant de caresser le chat avant de se relever, tournant enfin la tête vers elle, l'étudiant brièvement tandis qu'il levait la main vers la fenêtre, désignant celle-ci :

Et là-bas, j'ai le droit de m'en griller une ?

A nouveau, il ne répondait à rien, du moins, pas tout de suite. Sans même qu'elle lui réponde, il se déplaçait déjà vers la dites fenêtre pour s'assoir sur son rebord, regardant à travers celle-ci pour voir sur quoi celle-ci donnait. Tiens, il s'était planté, il n'y avait aucun escalier de secours par ici... Après tout, au vu du hall vétuste de l'immeuble, ça semblait presque ironique voir logique que les escaliers de secours ne soient plus aux normes. Il retourna alors sa tête vers elle, sans allumée cette fois-ci sa roulée, la gardant entre ses lèvres, attendant sa réponse, comme un premier signe de respect de l'hôte avant d'enfin reprendre la parole pour briser ce petit silence :

La police est partout la même. On a des pro' et on a des tarés à la gâchette facile. Mais ça, c'est dans tous les métiers. Tu es beaucoup de choses, Judy. Mais idiote n'en fait pas encore parti. Une idiote aurait criée depuis longtemps. Une idiote aurait déjà dit tout ce qu'elle savait au bar. Mais je ne crois pas qu'il faut être idiote pour penser que quelqu'un puisse changer et arrêté d'être un connard. De la faiblesse, c'est sûr que ça en est, mais ça fait parti des croyances, de l'espoir des gens. Mais si ce n'est pas lui, alors qui ?

Sa voix se faisait un ton légèrement plus bas, pas assez pour être un murmure, suffisant pour qu'elle puisse l'entendre et décortiquer ce qu'il dit malgré son accent, son dos venant s'écraser contre le mur. La fureur avait laissé place aux cendres d'une lassitude étonnante. Avait-elle peut-être fait mouche finalement avec ces provocations ? A moins que ce soit d'autres mots qui se sont infiltrés dans cette muraille. Pourtant, depuis son installation, il ne la quittait alors plus des yeux, les bras se croisant, il l'étudiait en faisant rouler sa cigarette d'un côté à l'autre de sa bouche d'un geste de sa langue, songeur. Vassili se retrouvait alors tenté soudain. Cela faisait à présent dix ans qu'il était ici. Dix ans sans revoir sa famille, son pays, sa culture. Dix ans qu'il devait jouer de faux semblants. Et peut-être est-ce dû au coup sur l'arcade, mais il en soutenait le poids bien plus difficilement sur ces épaules en cette soirée. De toute façon, elle en devinait les contours. Ils pouvaient toujours feindre le spectacle, les secondes défilaient alors, de ce silence de plomb où on pouvait encore entendre le brouhaha extérieur. Celui-ci devenait sans doute pesant, lourd. Mais surprenament, l'homme reprit alors la parole, d'une voix toujours aussi calme, neutre :

Je n'ai jamais supporté perdre le contrôle. Se laisser toucher est un acte de confiance et celle-ci a du mal à pousser dans mon jardin. Ca c'est nettement amplifié en prison. A présent, dit moi pourquoi.

Il venait de briser ce silence en cédant une information sur lui, sans le moindre prémices annonciateur, sans la moindre menace. Devait-il être bipolaire ou simplement imprévisible ? Dans tous les cas, il continuait toujours de la fixer de ce regard intense qui ne décrochait pas, aussi anxiogène que le tic tac d'une horloge, il restait là, sa main droite jouant avec son briquet, l'étudiant,, comme curieux de sa réaction face à ce qu'il venait d'offrir. Car même si cela pouvait paraître soudain, il avait pourtant calculé la propension de ce qu'il allait dire, un peu, mais jamais trop pour expliquer les zones d'ombre. Pourquoi la prison, ce qui s'était passé dans celle-ci, la perte de confiance. Il avait débité, mais n'avait rien expliqué. C'était un aveu certes, mais un aveu digne de lui.

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India Phillmore
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MessageSujet: Re: Unbreakable, unstoppable - Vassili   Unbreakable, unstoppable - Vassili EmptyJeu 2 Déc - 20:54




Unbreakable, unstoppable


Sa poitrine se serra lorsque l’animal se rapprocha du Russe, reniflant les doigts de l’inconnu dans un premier temps avant de briser la distance pour réclamer les caresses et l’attention qu’elle méritait. Elle craignait que cet homme fasse du mal à son chat pour l’atteindre elle. Elle retenait sa respiration face à la scène, et bien que méfiante, se détendit quelque peu vu la posture qu’il avait face à l’animal qui cherchait à coup de tête de l’affection, laissant un discret ronronnement s’échapper mais qu’il était impossible à sa maîtresse d’entendre. Il resta accroupi, sympathisant avec Chacha qui se frottait à lui comme si elle manquait d’attention, ne répondant pas aux paroles de la jeune femme qui reprit là où elle s’était arrêtée avant qu’il ne l’attrape à la gorge. Elle crut entendre un soupir alors qu’il se relevait. Puis il lui désigna la fenêtre, demandant cette fois-ci l’autorisation de fumer. India le regarda dans les yeux, satisfaite, prenant une longue inspiration avant de répondre, lui laissant ainsi le temps de s’appuyer contre la fenêtre et découvrir la magnifique vue sur un autre immeuble une rue plus loin.

Si vous faites l’effort de fumer dehors, je peux accepter.

Un compromis. Un délicat compromis qu’elle faisait, se doutant que malgré la cigarette tenue à l’extérieur, malgré la fumée soufflée dehors, une légère odeur resterait dans le studio. Elle regrettait son appartement au dernier étage avec un accès au toit, ses escaliers de secours où il était presque agréable de s’installer quand il lui fallait prendre l’air, cinq minutes. Mais l’appartement était trop cher pour une seule personne et l’immeuble était trop lourd en souvenir pour pouvoir y rester. Il finit par revenir sur les dires qu’elle avait eu concernant les forces de l’ordre. Il banalisait ces types de personnalités parfois dangereuses. Alors pourquoi la ville était décriée comme terrible alors que le reste du monde était aussi folle qu’elle ? N’était-ce pas ironique ? Le Russe revint aussi sur elle, affirmant qu’elle n’était pas une idiote. Cette dernière resta imperturbable, continuant de le regarder sans un mot, bougeant simplement le pied pour faire tinter les croquettes dans la gamelle de l’animal pour que celle-ci arrête de se frotter contre les jambes du jeune homme. Par contre, chose surprenante, il ne dénigrait pas les femmes notamment celles qui restaient en espérant voir changer l’homme violent qu’elle aimait. L’espoir, l’espoir d’un changement. Tout cela pour finir quelques années plus tard une balle dans la tête ou la nuque brisée suite à une chute d’escalier. C’était de la faiblesse, l'amour était une faiblesse, l’espoir était une faiblesse, un rêve inatteignable. Et il voulait savoir qui était à l’origine de ce qu’il avait pu lire dans son regard, dans la réaction de son corps face à la brève action brusque qu’il avait eue sur elle.

Alors, il faut être aveugle… Cela n’a pas d’importance le qui, murmura-t-elle sur le même ton, sans détacher ses yeux de son visage, pour ne pas les laisser se perdre dans la contemplation du tout qu'il lui offrait à cette distance.

L’animal boulottait ses croquettes non loin d’elle. La respiration de la serveuse avait retrouvé un rythme normal tout comme les battements de son cœur. Cette distance était convenable, rassurante, presque sécurisante, restant pourtant sur le qui-vive. Les lumières rouge et bleu éclairaient le plafond du petit appartement tandis que des voix s’exclamaient de l’autre côté de la porte. La police était déjà là depuis quelques minutes mais la brune n’avait pas fait attention tant elle avait été happé par ses souvenirs à la fois tendres et douloureux face à ce dos tatoué, face à ce haut. Ses yeux émeraude continuaient de le regarder jouer avec sa cigarette, sans l’avoir encore allumée. India ne s’attendait à rien de plus de lui, laissant l’appartement dans un silence pesant. Et à la surprise générale, il alla à une confidence, brève et maîtrisée. Les mains de la jeune femme se détachèrent de la porte pour laisser ses bras se croiser contre elle. La perte de contrôle, elle connaissait que trop bien. Le contact comme symbole de confiance, elle comprenait la difficulté à faire confiance car elle en était arrivée à un stade où elle utilisait ce qu’elle disait être des amis à des fins bien définis. Et il revint à nouveau à la charge, la concernant. Elle portait ce masque qu’elle avait remis une fois la distance retrouvée, ce masque qui ne laissait rien voir, ne laissait rien passer, ce masque qu’elle avait travaillé pendant de longues années pour parvenir à le maîtriser comme son père le faisait. Elle ne s’était pas attendue à une telle confidence et il n’aurait rien de bien intéressant à se mettre sous la dent, seulement des suppositions.

De la confiance, oui, je suis d’accord avec vous, dit-elle alors qu’il ne détachait plus son regard d’elle.

Elle s’arrêta ainsi, laissant en suspens une potentielle réponse. Elle se laissa quelques secondes de réflexion, continuant de le jauger un temps avant de baisser son regard sur l’animal qui grattait à présent le sol autour de sa gamelle vide. Ses yeux verts revinrent sur lui alors qu’elle lui répondait :

On m’a dit un jour que l’intelligence ne pouvait rien contre la cruauté mais je reste certaine de ne pas avoir été intelligente cette fois-là. C’est tout ce qu’il a à savoir et c’est tout ce que vous aurez.

Son père avait été à l’origine de ces mots, profondément touché de voir son enfant dans un état de sidération, de honte et de culpabilité. Elle lui avait dit ne pas avoir été intelligente ce soir-là, pour que ce Baneshadow finisse par la retrouver malgré le faux nom. Tout cela à cause d’un policier qui l’avait forcée à jouer l’indic’. Elle se détacha de la porte pour attraper Chacha dans ses bras, cette dernière miaulant dans sa direction. L’animal dans ses bras, elle baisa le haut de son crâne.

Qu’est-ce qu’un commerçant a bien pu commettre comme crime ou délit qui l’ait amené à faire un séjour en prison ?

Elle ignorait la réponse, n’ayant pas eu les informations auparavant mais elle verrait le mensonge qu’il allait lui sortir et ainsi grâce à cela en apprendre un peu plus sur lui.


___________


Hermes.
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