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 "No more let Life divide what Death can join together" †

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MessageSujet: "No more let Life divide what Death can join together" †    Dim 4 Oct - 19:48



The butterflies in my head...


Lily Rose ~♥



   
« I write in hope that one day you will answer me and that everything can again be like it was… Though I know that can never be»






LIVRE I




23 Janvier 2014

Gabriel,

Mon ami, mon amour, cette lettre est pour toi. Parce que je ne sais pas comment faire autrement pour te dire adieu. Il n'y aura pas de discours de ma part, demain. Je ne voulais même pas venir, mais ta femme a insisté. Ta femme. Tu imagines ? Comment peut-elle supporter ma vue, alors même que je suis la raison de ta perte. De leur douleur. Ta femme. Ta fille. Tu ne la verras jamais grandir. Gabriel. Elle te ressemble tellement.

Je ne peux pas croire que tu n'es plus là. Je ne veux pas y croire. C'est tellement douloureux. Plus douloureux encore que d'avoir renoncé à toi. Plus douloureux que de te croiser chaque jour, le cœur lourd, en sachant que tu ne serais jamais à moi. Tu ne seras maintenant plus à personne. Je suis tellement désolée. Tu me manques tant. Sans toi je ne suis plus rien. Sans tes mots. Sans ton rire. Sans tes gestes. Je dois avancer tandis que tu resteras là, pour toujours. Tout est ma faute. Tout. Je t'en prie pardonne-moi. Pardonne-moi pour ce que je t'ai fait. Pour ce que j'ai fait aux deux femmes de ta vie. J'aimerais tant pouvoir tout recommencer. Pouvoir te dire à quel point je t'aime, comme tu me l'avais avoué il y a peu. J'aimerais retenir cette balle. Retenir ton sang. Effacer ta mort. Mais on ne peut pas revenir en arrière, n'est-ce pas ? Tu ne reviendras jamais. Et demain, nous serons tous là, autour de toi, pour te dire adieu. Pour te regarder une dernière fois, lorsqu'ils te mettront dans un trou. Tu ne méritais pas ça. Tu ne devrais pas descendre maintenant dans les Ténèbres de notre monde. Tu es partis trop vite. Trop loin. Mon amour, je t'aimais comme il n'est pas permis, et le souvenir de cet instant me dévorera jusqu'à la fin de mes jours. Je t'en fais la promesse.

Demain, tout sera froid. Ton corps, dans ce cercueil en bois, descendra lentement au milieu d'une terre givrée. Leurs larmes t'accompagneront. Leurs mots et leurs fleurs aussi. Et lorsqu'il n'y aura plus de poussière pour recouvrir ta tombe, chacun s'en ira, le cœur endeuillé. Mais moi, je resterais encore, juste quelques secondes, pour que le vent froid de l'hiver souffle sur mon âme et emporte avec lui tout l'amour de mon cœur. Ainsi tu ne seras plus seul. Nous serons deux à être là, glacés et morts, au milieu des Ténèbres.




Adieu, Gabriel.








11 Juillet 2014


Gabriel,

Cela fait des mois que tu es partis. Des mois que je ne vis plus. Je n'arrive pas à avancer sans toi, sans ta présence, sans ton amour, alors je t'écris cette lettre. Je t'en prie, reviens. Reviens moi. Reviens nous. A travers les mots d'encre couchés sur le papier, j'essaye de te faire revivre. J'espère même parfois que tu me répondes. C'est idiot, car tu n'es plus là. Je le sais. Je l'entends. Je le vois. La vie semble morte avec toi, plus rien n'a d'importance et plus aucune couleur ne peint les alentours. Vide et triste, voilà comment est le monde aujourd'hui. Le travail est devenu insupportable. Je ne peux continuer à me lever chaque matin et faire comme si de rien n'était. Il me suffit de franchir le seuil de la porte pour m'attendre à te voir débarquer. De longer les couloirs pour espérer t'y croiser. Mais c'est une évidence, je ne t'y verrai pas.

J'ai parfois le sentiment que tu es là. Près de moi. Tu veilles sur moi, ou peut-être me détestes-tu. Ce serait légitime. Quoiqu'il en soit, peu importe ta haine, ton mépris. Peu importe même jusqu'à ta mort. Ça ne m'empêchera pas de ne pas t'oublier. De ne pas te dire adieu. Je n'y arrive pas, je ne veux même pas essayer. Mieux vaut t'avoir en tant que fantôme plutôt que de ne plus t'avoir du tout.




Liés, à jamais.








29 Septembre 2014


Gabriel,

Si tu me voyais, aujourd'hui, tu aurais honte. J'ai quitté le bureau. J'ai quitté Los-Angeles. Nos collègues, nos amis, nos repères. Je suis rentrée chez mon père. Je ne supportais plus de les entendre dire qu'il fallait aller de l'avant. Accepter. Continuer à vivre. Ils ne comprennent rien ! Je ne veux pas continuer à vivre ! Je ne peux pas ! Je ne le mérite pas ! Oh, gab. Il y a tellement de haine en moi, alors qu'ils ne cherchent qu'à m'aider. Même mon père, je ne le supporte plus. Tu sais pourtant combien nous sommes proches. Si tu étais là, cela ferait bien longtemps que tu m'aurais secoué. Je t'entends encore me faire la morale lorsque je t'avais avoué ne pas l'avoir appelé depuis plusieurs semaines.

La situation est étrange. Je me sens si seule, pourtant je m'enferme moi-même. J'en veux au monde entier, pourtant je suis l'unique responsable. Je t'en voudrais presque à toi aussi, d'être partis. Dans les films, les héros ne meurent pas. Pourquoi n'as-tu pas joué le jeu ? Pourquoi as-tu décidé que ta vie ne serait pas aussi tenace que celle de ces héros ? Alors même que tu en es un. Tu m'as abandonné. Tu les as abandonné. Je t'en veux d'être mort Gabriel ! … Oui. Je t'avais bien dis que la situation était étrange. Et je sais que tu ne l'as pas voulu. Qui le voudrait ? Moi peut-être, en ce moment. Oui. Parfois j'aimerais être morte également. Qui sait, nous nous rejoindrons peut-être plus vite que prévu. Et soit sure que ce jour là, je t'étranglerais de mes mains. Je te tuerais, encore, pour te punir de nous avoir laissé seuls dans un monde amer dont tu étais l'unique rayon de soleil.



A bientôt, mon amour, pour nos sanglantes retrouvailles.








14 décembre 2014


Gabriel,

Dehors, il neige. Les lumières de Noël illuminent nos rues. Les enfants courent partout, les odeurs chaudes et sucrées envahissent la ville et l'approche des fêtes se sent un peu plus chaque jour. L'ambiance est chaleureuse à l'extérieur. Les gens rient. S'aiment. Se retrouvent. C'est affreux. Cela va faire un an que tu es partis. Un an que je n'ai pas croisé ton regard ni sentit la chaleur de ta peau. J'ai reçu une carte, pour me le rappeler. Une carte de ta femme. Elle disait qu'une commémoration était organisée en ton honneur dans quelques semaines. Je me demande bien à quoi cela peut-il servir, si ce n'est à nous briser le cœur encore une fois.

Je ne sais pas si j'irais. Mais ta femme insistera sûrement. J'avoue envier sa force ! Peut-être est-ce votre fille qui la lui donne, elle se doit de continuer à vivre pour elle. Et puis elle est un peu une partie de toi, ta descendance, ton sang. Même après ta mort, elles donnaient l'impression que votre famille était parfaite. Mais toi et moi, on sait que ce n'est pas totalement vrai, n'est-ce pas ? Tu es resté droit, parce que tu es, ou étais, je ne sais plus, quelqu'un d'exceptionnel. Seulement tu as laissé le mensonge s'insérer entre vous, tout comme je le fais à mon tour, maintenant que tu n'es plus là. Il paraît qu'on ne choisit pas ceux que l'on aime, pour autant la réciprocité de mes sentiments à contribué à masquer la vérité à ta femme, à détériorer ton couple. Je ne pouvais nier avoir envie de toi. Avoir envie de sentir ton odeur, de frôler ta peau, ou de goûter tes lèvres, comme nous l'avions fait une fois. Et toi non plus, tu ne pouvais le nier. Mais tu ne pouvais l'avouer non plus à cette femme à qui tu étais lié. Aujourd'hui, ma culpabilité est double, de part ce mensonge et cet amour. Ainsi ma peine est double également, puisqu'il y a ton absence et ton sang sur mes mains. S'il est trop tard pour te ramener à la vie, je peux au moins te promettre de ne pas détruire ta famille plus qu'elle ne l'est déjà. Personne ne saura jamais pour nous. Elle restera aux yeux de tous la femme de ta vie.




Notre amour, notre secret.









31 Janvier 2015



Gaby,

J'y suis allée, finalement. Elle a su se montrer convaincante. Elle a dit à mon père que ça me ferait du bien, et lui s'est chargé d'insister. Comme si célébrer ta mort pouvait me faire du bien. Cela va faire un an que tu es parti et, crois-moi, c'est comme si tout cela s'était produit hier.

J'ai donc pris quelques affaires pour quitter Philadelphie, direction L.A. Je te laisse imaginer le genre de souvenirs que cela m'a rappelé, avant même d'en venir au plus délicat. J'ai refusé l'offre que me faisait ta femme de dormir chez vous en attendant la cérémonie. Tu nous imagines toutes les deux sous ton toit ? Quelle ironie. J'ai donc dormi à l'hôtel, redoutant de croiser tout le monde le lendemain. Je n'avais plus donné de nouvelles depuis bien longtemps, et ce n'est pas avec la tête que je me traîne qu'ils allaient être rassurés ! Oh Gaby, je pense que tu en aurais ri.

Le lendemain, nous nous sommes donc tous rendus dans une salle que ta femme avait réservé pour l'occasion. Beaucoup de monde était là, pour toi. Pour te rendre hommage. Tu étais tellement aimé, mon amour, bien plus que tu ne l'imaginais. J'ai tenté de faire bonne figure, je t'assure. C'était si difficile d'être là à célébrer cette mort que je t'ai moi-même infligé ! A peine arrivée à l'intérieur, je te revoyais baignant dans ton sang, mourant dans mes bras. Je revoyais ton regard, apeuré et pourtant toujours si chaleureux. Je me rappelais ces mots que tu m'avais murmuré alors que je te suppliais de ne pas me quitter. Je t'aime. Je n'ai pas eu le temps de te répondre, Gabriel. Tu ne sauras jamais à quel point je t'aime aussi. Les gens mangeaient et buvaient, échangeant quelques bons souvenirs à ton sujet, rappelant que tu étais un homme formidable. J'ai cru perdre pieds, là-bas. Tout cela est très égoïste, j'en suis consciente, mais le bonheur que j'observais lorsqu'ils parlaient de toi me rappelait si violemment que j'étais la cause de ton départ. Je t'assure, Gaby, j'ai cru devenir folle ce jour là. Je n'étais clairement plus à ma place, dans ce monde, dans cette ville. Je ne pouvais pas rester à contempler le vide laissé par ta mort, ni-même à tenter de me reconstruire après avoir causé tant de souffrance. Je ne pouvais pas continuer de voir mon père si triste à chaque regard qu'il posait sur moi. Je ne pouvais pas demeurer là, non loin de ta femme qui, malgré tout ce qui est arrivé, me regarde toujours comme la personne la plus proche de toi, après elle. Comme celle qui t'a connu dans ton milieu, dans ton travail, alors qu'en réalité, nous lui avions menti. Elle ne passait plus en premier depuis longtemps.

Tu vois, Gabriel, ma place n'est plus ici, dans cette ville, auprès de ceux que j'aime et de ceux que tu as aimé. Elle n'est malheureusement pas non plus auprès de toi, là haut, vers les étoiles. Alors si je ne peux plus rester sur terre, ni même aller au ciel, il ne reste qu'un endroit qui puisse m'ouvrir ses bras. L'enfer.

J'écoute en ce moment même la chanson d'Eric Clapton que tu aimais tant, et elle n'a jamais été aussi criante de vérité.



Would you know my name
If I saw you in heaven?
Would it be the same
If I saw you in heaven?

I must be strong
And carry on,
'Cause I know I don't belong
Here in heaven.

I'll find my way
Through night and day,
'Cause I know I just can't stay
Here in heaven.


J'emporte avec moi tout ton amour, mais aussi tout le malheur attaché à ta mort. Je ne sais pas ou tout cela va me mener, mais j'offre volontier ma vie en échange d'un peu de réconfort pour ceux qui resteront sur terre, pour ceux que toi et moi auront désormais quitté. Peut-être nous recroiserons-nous, au détour d'un chemin que nos âmes emprunterons. Je ne doute pas qu'ici ou ailleurs, nous réussissions à nous retrouver.



Would you hold my hand, if I saw you in heaven ? Would you help me stand, if I saw you in heaven ?

A toi pour toujours.






© code by Lou' sur Epicode



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MessageSujet: Re: "No more let Life divide what Death can join together" †    Mer 9 Nov - 23:50



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Lily Rose ~♥



   
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LIVRE II




12 octobre 2015

Papa,

J'ai fait une drôle de rencontre, il y a peu. Une jeune fille qui n'avait rien, si ce n'est un cœur immense bien trop souvent brisé, et de grands yeux bleus ayant pleuré plus que de raison. Nous avons beaucoup parlé. Elle m'a beaucoup parlé. Et j'ai fini par me confier à mon tour. Je lui ai dit pour Gabriel. Je lui ai dit pour toi aussi. Et à ton image, elle ne semblait pas comprendre pourquoi je suis incapable de me pardonner.

Mais je n'écris pas ces mots pour évoquer cette terrible erreur. Je les écris pour toi, mon père. Oh, bien sûr, tu ne les liras jamais. Je ne te ferai perdre pieds à nouveau en te rappelant à quel point ton enfant a chuté. Tu as suffisamment souffert. Mais je te connais, tu es fort. Bien plus que je ne l'ai jamais été. Tu as été un roc depuis le jour où maman est morte. Si tu savais comme je m'en veux de t'avoir infligé une telle douleur. Mon départ a été brutal, je le sais. Mais je reste persuadée qu'il était nécessaire. Si tu me voyais aujourd'hui, tu en mourrais certainement. Je ne suis plus ta fille, désormais. Je ne suis plus personne. Et je m'étais interdit de penser à toi. Mais cette fille, cette Emilia, elle m'a poussé à le faire. Par sa bienveillance, par sa douceur, elle a ramené ton souvenir au milieu de cet esprit dévasté qui est désormais le miens. Et avec la chaleur de tes traits s'est accrochée la honte de t'avoir apporté tant de malheurs.

J'aimerais te revoir. J'aimerais pouvoir te parler à nouveau. Mais une partie de moi, bien trop importante je le crains, continue de penser que tu as plus de chance de t'en sortir sans moi. Sans ce déchet que je suis devenue. C'est triste à dire, mais j'essaye de t'oublier. Gabriel prend déjà beaucoup de place, tu t'en doute. J'essaye d'oublier tout l'amour que je te porte, ainsi que celui que tu m'as donné. Mais malgré Gabriel. Malgré la drogue. Malgré l'alcool. Tu es toujours là. Et je suis certaine d'être toujours là, moi aussi. Si seulement tu pouvais m'oublier, au moins je serai certaine que ta souffrance prendrait fin.


Je t'aime de tout mon cœur. Aussi brisé, aussi noir et aussi fragile qu'il soit.

Lily.




© code by Lou' sur Epicode



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