Partagez
 

 Tu peux garder tes talons cette fois

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyMar 17 Sep - 3:15

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï Vasiliev
Les belles heures du matin peu avant l’aube, le Watts, un immeuble à logements encore un peu secoué du tremblement de terre. Il y a souvent du voyagement entre les deux paliers du haut pour cause de bonne camaraderie (et de talons hauts) entre les locataires des deux logements situés un au-dessus de l’autre. Deux filles habitent en haut, dont Jodie que Sergeï a entendue rentrer de son taff il y a quelques minutes. C’est pas qu’il la guettait par la fenêtre, affalé dans un fauteuil et bouteille de vodka à la main mais… Il avait diablement hâte qu’elle arrive celle-là. Sa sœur est occupée pour encore de longues heures, Lily est absente (et puis elle est pas dans son assiette ces derniers temps), donc il a besoin de Jodie.

Non sans avoir défilé un chapelet de jurons en un russe tout ce qu’il y a de plus naturel, Sergeï s’est levé avec cette impression d’être un vieux croulant plein de courbatures, a attrapé la bouteille d’alcool, a coincé une trousse de premiers soins sous son bras et a entreprit la périlleuse ascension des escaliers. Son bras droit est replié contre lui au niveau de sa taille, une serviette pliée coincée entre les deux. C’est avec le cul de la bouteille de vodka que le russe cogne contre la porte de l’appartement, avec peu de discrétion. De toute manière elle ne dort pas encore, elle vient d’arriver! Elle va encore penser qu’il vient lui chiper ses talons hauts pour sûr, mais cette fois Jodie a le droit à un sourire de la part de Sergeï lorsqu’elle ouvre la porte.

- T'es bonne couturière? J’ai une réparation d’urgence à te demander.

Malgré ses huit années à Downfall, Sergeï a toujours cet accent qui trahit ses origines et l’endroit où il a grandi, même si l’anglais lui vient beaucoup plus facilement qu’à son arrivée dans l’ancien quartier expérimental. Peut-être que s’il ne parlait pas russe chaque jour avec sa sœur, l’accent et les difficultés s’aplaniraient un peu, mais c’est têtu ces bêtes-là. Un peu plus pâle qu’en temps normal, il s’appuie même d’une épaule contre le cadre de la porte et fait ses yeux de chaton abandonné à sa voisine du dessus pour l’amadouer un peu.

- S’il te plaît.

Une mauvaise soirée, une bagarre qui n’aurait été qu’une formalité. Ce n’était pas dans les habitudes de Sergeï de se retrouver du mauvais côté d’un poing mais il y avait toujours plus fort que soi. L’autre avait un couteau et s’était montré des plus agressifs, la lame avait traversé le cuir épais du manteau du jeune russe qui avait tenté de parer de son avant-bras droit à bien des reprises. Trois coupures plus ou moins nettes bariolaient la peau pâle de Sergeï. Un dernier coup de fourbe lui avait laissé une jolie estafilade sur le ventre qui, à défaut d’être très profonde, n’allait pas se refermer toute seule vu sa longueur et son emplacement. Il avait bien essayé de se débrouiller, avait mis de quoi désinfecter, essayé de faire une compression pour que le sang cesse, mais ses talents se limitaient à ça, des pansements et l’adhésif en aérosol qui faisait l’affaire pour les trucs mineurs mais pas conçu pour les plus grandes envergures. Bref, il était mal.
:copyright:️ 2981 12289 0

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A


Dernière édition par Sergeï Vasiliev le Ven 20 Sep - 8:56, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyMar 17 Sep - 11:27




Tu peux garder tes talons cette fois




La soirée au Purgatory fut plus intense que prévue. Le bar avait fait des réductions sur le prix de ses bières pour fêter ses cinq ans d’existence et les clients étaient venus en nombre pour profiter de l’offre. Les commandes s’étaient enchaînées jusqu’à l’heure de fermeture, devant demander à l’agent de sécurité de les mettre dehors pour éviter d’avoir des problèmes. Autant éviter l’arrivée des flics, surtout qu’il y avait eu quelques bagarres, ivresse oblige. India, après avoir tout rangée, nettoyée, salua son employeur qui lui donna un pack de bière en plus de son salaire.

N’habitant qu’à une dizaine de minutes à pied, la jeune femme qui se faisait appeler aujourd’hui Jodie avait préféré prendre sa vieille 2CV pour rentrer, pensant à l’état de ses pieds après une soirée comme celle-ci. À vouloir rester élégante, elle en payait le prix. Trouvant une petite place au coin de la rue, elle réajusta sa robe noire droite sans manche des plus simples puis attrapa sa veste et le reste de ses affaires pour rentrer chez elle. Lily était à la maison ? Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même ces derniers temps. S’il existait un soixante-sixième dessous bien loin du trente-sixième, ce serait sa place. India ne savait malheureusement quoi faire pour aider cette âme esseulée, en peine. Montant les escaliers le plus discrètement possible malgré les talons, elle souffla en arrivant au dernier étage, cherchant ses clés avant d’entrer chez elle. Elle fit quelques pas, pour poser ses affaires sur la table à manger. Elle regarda en direction du canapé, Lily n’était pas affalée dessus, ivre morte. Rien n’indiquait sa présence mais par sécurité, elle alla vérifier si elle était dans sa chambre. Où était-elle ?

À peine arrivée, quelqu’un frappa à la porte. Fronçant les sourcils, elle s’approcha de celle-ci et regarda par le judas, reconnaissant rapidement son voisin du dessous. Ils s’entendaient bien malgré une première rencontre des plus surprenantes.

Je vais les enlever Serg… Commença-t-elle en ouvrant la porte, préférant le prévenir plutôt qu’entrer en contact physique avec lui, se stoppant nette à sa vue, surprise de son état.

Le blondinet dégageait une forte odeur d’alcool mais aussi de sang, odeur qu’elle commençait à connaître à force de panser les plaies lorsque le dispensaire était encore debout. Il lui demanda si elle savait coudre avec cette accent à couper au couteau. Elle remarqua rapidement qu’il était livide et que quelque chose n’allait clairement pas chez lui. S’appuyant sur le cadre de la porte, il ajouta les formes de politesse pour qu’une demande aussi tardive passe. N'arrivant pas à cacher sa surprise, ses yeux se baissèrent vers cette main qui tenait une serviette contre lui, voyant aussi par la même occasion la trousse de secours sous le bras. Sergeï avait déjà eu quelques contusions que la jeune femme avait eu l’occasion de soigner mais cela ne semblait pas être le cas ce soir

T’as une sale tête, dit-elle simplement en ouvrant un peu plus sa porte pour l’inviter à entrer d’un geste.

Après qu’il ait fait quelques pas, lui permettant de voir sa posture et sa démarche, elle ferma la porte. L’Unbroken se rapprocha de lui pour lui prendre la bouteille d’alcool et sa trousse de secours, bien maigre à côté de celle qu’elle avait chez elle.

Montre-moi,
demanda-t-elle simplement.



(c)syndrome

___________
They'll know my name


Dernière édition par India Phillmore le Dim 22 Sep - 11:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyMar 17 Sep - 20:50

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï VasilievD’habitude c’était elle qui demandait de l’aide. La plomberie vintage qui faisait des siennes, une armoire qui menaçait de lâcher, une fissure dans le mur, ces petites choses qu’il valait mieux réparer soi-même plutôt qu’espérer que le proprio de l’immeuble le fasse. Pour autant qu’ils savaient, il était peut-être mort celui-là tellement ils ne voyaient jamais sa tronche. D’un autre côté, ils avaient la sainte paix, ça valait la peine. Bon là ce soir, les rôles étaient inversés pour qui demandait de l’aide à qui. Le proprio ne serait pas d’une plus grande aide dans l’affaire. Ça valait la peine d’entretenir quelques bonnes relations avec le voisinage.

- Imagine la tête de l’autre type.

La gueule en sang dans le caniveau, probablement la clavicule pétée et une série de côtes fêlées. Ça lui apprendra à sortir un couteau à la personne venue lui collecter une ridicule dette de cinq cents dollars. Quelle espèce de sauvage pas propre sortait une arme pour une somme aussi ridicule? Cette ouverture de Downfall sur le reste du monde n’avait rien de bon, et laissait entrer des amateurs trop nerveux qui dégainaient au quart de tour. Rien de bon.

Sergeï entra sans attendre une seconde invitation de la part de Jodie. L’orgueil le faisait marcher droit, peut-être pas assez pour l’œil aguerri de Jodie mais ça il l’ignorait. Il était pâle et se sentait les genoux faibles, pas glorieux. Il allait se taper un vingt-quatre heures de sommeil après cette galère, portable fermé et tout. Sergeï abandonna la bouteille d’alcool et la trousse de secours à Jodie, et s'assit à demi sur la table de la cuisine pour y prendre appui. D’une main gauche pas très assurée (hey il est super tard et il n’est pas en état) le russe défit la manche de sa chemise et la retroussa pour montrer son bricolage de secours à l’avant-bras droit, soit une compresse qui laissait entrevoir le rougeoiement du sang, retenue par du duct tape autour du bras. Fort, n’est-ce pas? Et merci à Jodie qui lui donna un coup de main pour retirer le reste de la chemise ensuite parce que là il avait vraiment l’impression d’avoir un quatre-vingt ans qui grinçait de partout. Adrénaline à sec, endorphines sécrétées par le corps à zéro et pas assez d’alcool pour assurer apparemment. Là au moins pas de ruban gris pour tenir la compresse maintenant ensanglantée, que la serviette partiellement imbibée de sang avait tenue, elle-même maintenue jusqu’à peu par le bras.

- Un millimètre plus profond et c’est avec mes tripes dans les mains que je cognais chez toi. Tu veux m’aider? Je te paie ce que tu veux, mais pas hôpital, trop de questions.

Se rapprocher des services publics c’était s’attirer des ennuis et des points d’interrogations à côté de son nom et il préférait rester un inconnu. C’était trois fois rien en plus ces entailles, il n’allait pas déranger un bon docteur pour ça, hein? Bon celle côté ventre faisait la course à partir d’un pouce sous son nombril pour finir vers son flanc mais ça n’avait que toucher la surface. C’était désagréable au plus haut point et ça prendrait un sacré tatouage pour couvrir ça. Bon l’avantage pour Jodie était que la douleur lui faisait contracter les abdominaux, la vue devait être bien quand même, même si c’était pas le genre de situation qu’il pouvait avoir rêvé avec la jolie brunette, ce qui lui tira un rire malgré la situation.

- D’habitude c’est Lily qui me surprend à demi habillé quand elle passe chez nous.

Il ne dira pas quelle demie, pas de quoi s’émouvoir, de toute manière la pudeur n’était pas un concept qui existait chez les voisins du dessous. Et parce qu’il la sentait bien que Jodie le pousse vers la porte en le traitant de taré et d’aller à l’hôpital, Sergeï y alla d’un autre regard implorant de chaton abandonné près d’une poubelle. Sous la pluie. En hiver. À moins trente degrés. Va-t-elle craquer?
:copyright:️ 2981 12289 0

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyVen 20 Sep - 15:55




Tu peux garder tes talons cette fois





La réplique du russe eu pour effet de faire hausser un sourcil à la jeune femme, sans l'ombre un sourire. Quelle heure était-il ? Avait-il participé à un des combats au fight club mais même si les combats étaient libres, il n'y avait jamais eu d'incident au couteau, pas connu en tout cas. Les blessés venaient souvent au dispensaire lorsqu'il était ouvert pour panser leur contusion suite aux nombreux coups. Avait-il eu un compte à régler ? Ce qu'elle savait de Sergueï, c'était qu'il faisait des petits boulots à gauche à droite, ce qui lui permettait de lui demander un coup de main pour des petites réparations dans l'appartement, encore plus depuis le tremblement de terre. Certains de ses emplois devaient certainement l'obliger à donner quelques coups pour des raisons obscures. Ou bien appartenait-il a un gang ? Elle espérait qu'il n'ait pas rejoint celui de son père, ce serait fâcheux.

J'espère que ça valait le coup, lança-t-elle en l'observant marcher d'une allure suffisamment fier pour dénoter de son œil avisé qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans sa gestuelle fière.

Trop rigide. S'approchant de lui, India demanda à son voisin de lui montrer la raison de sa venue à une heure aussi tardive. Il releva d'abord la manche droite de sa chemise et l'Unbroken découvrit une compresse retenue par du scotch de bricolage, suffisamment imbibée de sang pour annoncer une belle entaille sur son avant-bras. Son regard croisa le sien, surprise du rafistolage. Elle ne sut si c'était de la malice qui brillait dans ses yeux ou si c'était de l'inconscience. Puis Sergueï commença à chercher à ôter entièrement son vêtement. La jeune femme prit soin de l'aider sans un mot, cherchant à être impassible face à la situation. Elle découvrit une blessure sûrement profonde mais qui ne semblait pas l'être au premier coup d’œil. 

Un millimètre, tu exagères, commença-t-elle à lui dire en posant la chemise ainsi que la serviette sur une chaise, laissant le russe torse nu.

Il lui demanda à nouveau si elle voulait aider, lui annonçant qu'il paierait ce qu'elle veut à condition de ne pas l'amener à l'hôpital. Ses sourcils se froncèrent à ces paroles. Avaient-ils seulement pris le temps de discuter en dehors des coups de main que monsieur Bricolo faisait pour son appart ? Elle le jaugea quelques secondes avant de répondre sur un ton détaché.

Est ce que je veux t'aider ? Non mais je ne vais pas te laisser crever sur mon palier. Ça ferait une mauvaise image et j'aurai ta sœur sur le dos.. Mais ça va te coûter cher, très cher.

Elle frotta ses doigts pour lui dire qu'il allait devoir banquer pour acheter son silence. Le léger sourire qui apparut sur son visage laissait penser qu'elle était à demi-sérieuse. Ses yeux tombèrent sur sa blessure à l'abdomen lorsque la serviette tomba. Son visage se ferma un peu plus, réflexe professionnel, face à une blessure car il était important de ne rien montrer. Elle en avait vu d'autres même si celle-ci n'était pas belle à voir. L'Unbroken remarqua en second temps, la carrure cachée derrière ses vêtements. Ses mains restèrent à leur place même si la curiosité de voir la profondeur était présente. 

Ok, c'est vraiment pas loin, ca valait vraiment le coup ?  insista-t-elle.

Elle s'éloigna de lui pour débarrasser ses affaires de la table, certaine les posant sur le canapé, le reste dans la cuisine séparé d'une vitre. Pendant ce temps, le russe lui apprit qu'habituellement, c'était Lily qui le voyait torse-nu.

Quelle chanceuse, lâcha-t-elle en s'arrêtant avec une pointe moquerie dans la voix.  

Sa colocataire avait déjà passé des soirées en leur compagnie, ayant même le double des clés pour pouvoir y aller. Folie, avait elle pensé à ce moment, car ils risquaient de ne plus voir leurs bouteilles d'alcool. Peut-être avait-il plus de complicité avec Lily qu'avec elle, car la jeune femme était moins disponible au quotidien. Cette vision de lui torse nu la laissait indifférente. A force de voir ces blessés du fight club la gueule en sang, elle s'était forgée un masque pour ne rien laisser paraître, bien qu'elle pouvait constater qu'il savait se maintenir en forme rien qu'en voyant ses abdominaux saillants. Elle ajouta avec plus de sérieux après un bâillement qu'elle masqua d'une main.

Tu vas t'allonger sur la table, je n'ai pas envie que tu dégueulasses le canap', lui expliqua-t-elle en attrapant un crayon pour le passer dans ses cheveux pour en faire un chignon décoiffé. Je vais chercher ce qu'il faut. Toi pendant ce temps, tu bois. ça va pas être une partie de plaisir.

L'alcool était une mauvaise idée mais elle n'avait pas d'antalgique assez rapide pour être efficace au moment de la fermeture des points. Elle disparut quelques instants pour aller récupérer dans la salle de bain sa trousse de secours qui ressemblait à une manette bien garnie de matériaux médicaux en tout genre : produits désinfections, seringues, antiseptiques, pansements, fil de suture, gants et compagnie. Ses talons claquèrent sur le sol, marquant le rythme de ses pas, trahissant une certaine précipitation, sans pour autant courir, pour récupérer le matériel et revenir vers lui. Elle posa sa mallette sur une chaise à côté de la table, tournant la tête légèrement vers le blondinet, prête à l'aider à s'allonger, à entrer en contact même si cela lui coûtait de toucher une personne du sexe opposée. Elle se raidissait rapidement dès qu'un homme posait une main sur elle. 

Tu es prêt ? Demanda-t-elle simplement en jetant un coup d'œil au liquide transparent.   


(c)syndrome

___________
They'll know my name


Dernière édition par India Phillmore le Dim 22 Sep - 11:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyVen 20 Sep - 21:11

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï Vasiliev
Le blondinet prit un air peiné lorsque Jodie lui annonça qu’elle ne voulait pas l’aider, mais qu’elle le ferait juste pour ne pas avoir un cadavre devant sa porte et une russe hystérique sur son cas. Main posée théâtralement sur son sœur, Sergeï secoua la tête en tentant de prendre son air le plus faussement triste.

- Je suis blessé : moi qui pensais que nous étions amis et que tu ne raterais pas l’occasion de m’entendre chouiner comme une mauviette. Mon cœur est brisé.

D’un mouvement, le russe se releva à demi de son assise, pour prendre une bonne liasse de billets dans la poche arrière de son jean et la déposer à côté de lui sur la table, avec ce petit geste et regard vers la jeune femme qui indiquait que c’était pour Jodie.

- Ça aurait valu le coup si je passais pas mon pourcentage de la soirée en réparations du matériel. C’est pas comme ça que le fond d’urgence police qui veut nous expatrier va grossir. Si tu connais un juge qui peut magiquement délivrer des certificats de citoyenneté américaine, le double et moi on est preneurs.

Ils avaient râlé pas possible lorsqu’ils avaient été obligés de quitter la Russie. Déracinés de leur petit monde, les jumeaux avaient ensuite été muets pendant le long et périlleux trajet jusqu’à Downfall, au grand bonheur de leur père. Une fois arrivés ils n’avaient cessé de se replier sur eux-mêmes face à ce nouveau monde déstabilisant. Ils ne pouvaient compter que sur l’autre. Ça n’avait été qu’une fois indépendants du paternel qu’ils s’étaient permis de respirer à nouveau, peut-être la certitude que cette fois on ne les arracherait plus à leur chez-soi, que plus personne ne les forcerait à abandonner leurs repères. Mais avec ce qui se passait dernièrement, avec L.A., les lois américaines et les contrôles d’identité de plus en plus serrés… Sergeï chassa le temporaire nuage d’inquiétude par un sourire malicieux pour Jodie qui ne semblait vraiment pas impressionnée par ses charmes.

- Bah c’est mieux de voir moi que ma grosse moche de sœur. Dire qu’il y a des mecs qui paient pour elle. Frissons d’horreur rien qu’à y penser. Y’en a qui ont vraiment pas de goût.

Sofia ne cachait pas qu’elle était une Blackened Beauty, rien que sa manière provoquante de s’habiller était un indice de toute manière. C’était impossible pour Sergeï de voir sa jumelle comme un être attirant et désirable mais gare à celui ou celle qui la violenterait. Il se foutait bien de ce que sa sœur faisait de son cul, mais un jour les Blackened demanderait tribu à la russe, et ce jour-là il craignait devoir tirer sa sœur d’emmerdes pas possibles, comme leur père.

Il hocha tout bonnement la tête à l’ordre de s’allonger et de boire, laissant Jodie s’éclipser à grand renfort de claquement de talons. Elle en profitait bien hein! Il prit une bonne rasade d’alcool. Là s’il tombait coma ce serait moins grave qu’en bas tout seul avec des plaies ouvertes. Il eut ce sifflement d’admiration de voir la trousse de secours que ramena Jodie. Ce genre de sifflement que l’on fait vulgairement aux belles filles dans la rue mais là c’était pour la mallette dont il peinait à détacher ses yeux. Il était impressionné. Il avait frappé à la bonne porte pour sûr.

- Mais putain t’es médecin et tu me l’as pas dit? Tu caches autre chose comme ça? Un vampire qui brille au soleil dans ton placard?

Il était curieux mais la réplique sur le vampire suggérait qu’il ne questionnerait pas sérieusement. Les secrets, ça valait de l’or à Downfall et il n’allait pas foutre son nez dans ceux des autres si ça ne venait pas spontanément. Être le type qui ne posait pas de questions, ça valait de l’or également pour certains de ses employeurs. Sergeï allongea le bras pour reprendre la serviette et se la coller contre le ventre le temps de pivoter, relever les pattes et s’allonger sur la table. Dès qu’il bougeait la minime coagulation qui tentait de se faire lâchait, et rouvrait les vannes pour un saignement. Si on recousait pas, il se viderait de son sang petit à petit, tu parles d’une mort lente et emmerdante, ou bien une bonne infection se logerait là et il douillerait son dû.

- Je laisse ça là en dessous pour pas avoir à remplacer ta table aussi ou tu as autre chose? Le ça là c’était la serviette qu’il laissa à demi sous lui pour éponger le sang qui pourrait couler sur le côté. Je serai sage Docteur Frankenstein.

Les hommes étaient des mauviettes face à la douleur, ça Sergeï concédait le point aux femmes. Ils faisaient les fiers et les orgueilleux pour garder la face. Mais quand le sexe opposé pouvait endurer de se faire ravager les entrailles pour faire passer un bébé de la taille d’une pastèque par un endroit qui n’était initialement pas du tout de cette taille… Bah voilà les hommes et leur orgueil n’était même pas dans la compétition. Sa main gauche s’agrippa au rebord de la table, précautions pour les perspectives futures, et il grondouilla un peu pour la forme.

- Dernière fois que je travaille pour ce type. Ses clients sont tarés. Faire la vaisselle c’est moins risqué.

:copyright:️ 2981 12289 0

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyVen 20 Sep - 23:53




Tu peux garder tes talons cette fois





Sergeï joua, malgré son état, de ses talents de comédien sorti tout droit du fond de sa bouteille pour se montrer triste et choqué par les paroles de l'Unbroken. Cette dernière leva les yeux au ciel en secouant la tête, un sourire apparaissant sur ses lèvres. India pensa répliquer pour le taquiner qu'elle n'avait pas besoin de l'entendre chouiner pour savoir qu'il était une mauviette mais retint ses paroles à la dernière seconde, laissant un soupir s'échapper. Le russe se redressa légèrement pour sortir une liasse de billets qu'il déposa sur la table, à côté de lui. La jeune femme resta sans voix, ne s'attendant pas à ce qu'il prenne la chose au pied de la lettre. Et ses paroles l'amenèrent à se poser quelques questions à son égard mais chaque chose en son temps. Reculant d'un pas, faisant un geste de la main pour le refuser, elle lui expliqua quelque peu décontenancée:

Je ... Je plaisantais, garde les.. Puis elle reprit du poil de la bête pour continuer: Tu n'auras pas d'autre choix que de venir quand j'aurai besoin de toi. Jour, nuit, été, hiver, tu m'en devras une. Et une belle.

Étaient-ils recherchés ? Les émigrés étaient cherchés pour dégager du pays alors que Downfall les avait accueillis sans trop de difficulté même s'il y avait une certaine méfiance envers les étrangers. Les flics cherchaient toutes personnes en situation irrégulière mais traquaient avant tout les délinquants. C'était ce qu'elle avait compris au premier abord. Peut-être pourra-t-elle faire quelque chose pour lui. Bien que dans ses pensées, cela ne l'empêcha pas de se moquer de lui quant à la chance de Lily de le voir torse nu plus souvent qu'elle . Le sourire plein de malice en réponse à sa taquinerie ainsi que ces paroles la firent hausser un sourcil. Comment pouvait-il dire que sa sœur était grosse et moche. C'était un canon de beauté.

Ta sœur est une belle femme, tu es juste aveugle. Tu ne sais pas voir les belles choses, c'est tout.

C'était sa soeur, cela paraissait normal qu'il ne voit pas les atouts qu'elle avait, ni ne ressentait de sentiment en dehors de leur lien fraternel. Bien qu'en dehors du moment où il l'avait attrapé littéralement pour lui faire enlever ses talons, elle fut surprise la première fois qu'elle les rencontra car ils ne possédaient qu'un lit et vivaient en parfaite symbiose. La jeune femme avait fini par banaliser leur rapport, bien qu'étrange. Peut-être était-ce ça d'avoir un frère ou une soeur ? Être aveugle mais protecteur ?

Le sifflement parvint aux oreilles d'India alors qu'elle revenait vers lui, mallette à la main. Sergeï fut surpris de voir qu'elle possédait du matériel. Et encore, il n'avait pas vu l'intérieur. Elle ouvrit la mallette sur une des chaises puis vérifia en fouillant dedans pour voir si elle avait tout pour le recoudre. La jeune Phillmore ne comprit pas la référence qu'il venait de faire, secouant légèrement la tête.

Un vampire qui brille au soleil ? Quelle connerie ! Et j'ai quelques connaissances, disons, lâcha-t-elle en haussant les épaules.

Je suis la meilleure, c'est tout. Mais ses paroles orgueilleuses lui rappelèrent pourquoi elle avait été virée de l'hôpital alors que ce dernier avait le plus grand besoin de personnel pour aider. Elle éluda la question sur les autres secrets qu'elle avait, car ce n'était plus une mallette qu'il faudrait sortir. Alors qu'il allait s'allonger, India l'aida pour qu'il ne force pas trop sur ses abdos, prenant une chaise pour qu'il pose ses pieds dessus par la même occasion, se raidissant à nouveau à ce contact. A sa question au sujet de la serviette, elle hocha de la tête en guise de réponse, tournant la tête en sa direction, croisant rapidement son regard alors qu'elle sortait ce dont elle avait besoin.

Vous avez plutôt intérêt, une erreur peut vite arriver, répondit-elle alors qu'il l'appelait Docteur Frankenstein.

India se dirigea vers la cuisine pour se laver les mains puis revint vers lui, ouvrant son matériel, sortant les fils de suture, pinces, lames, gants stériles, compresses en quantité et produits désinfectants. Elle installa tout sur le champs de ses gants, n'ayant que peu de place et devant faire avec les moyens de bords. Ayant tout a porté de main ce qui bloquait son passage à présent, l'apprenti médecin regarda à nouveau la plaie qui saignait légèrement. Ses doigts fins se posèrent sur le haut de son pantalon pour le retrousser légèrement afin de lui laisser plus de place pour son nettoyage puis une fois satisfaite, elle enfila ses gants puis compresses.

Tu as presque de la chance que cela ne soit qu'un couteau. Je vais y aller, j'espère que tu as assez bu. Interdiction de chouiner.

Elle nettoya la plaie pour commencer, en créant une zone stérile pour réduire le risque infectieux. Tout en faisant cela, elle parla pour déconcentrer le russe de ce qu'elle était en train de faire, certainement bien plus résistant à l'alcool qu'elle ne le pensait. Deux bouteilles peut-être l'auraient mis dans un état second pour oublier la douleur.

Je peux te mettre en contact avec une connaissance qui peut t'aider pour votre identité. Si je peux lui laisser tes coordonnées, il prendra contact avec toi. Évidemment, il faudra que tu paies en conséquence mais c'est abordable.

Elle s'arrêta pour croiser son regard, avant de se concentrer sur la blessure, ne laissant rien paraître malgré la fatigue. Elle posa ses doigts gantés, sentant que ce contact était moins compliqué que prévu par la barrière faite par le gant, touchant la blessure pour remarquer la gravité de l'entaille.

Elle est profonde mais tu peux dire merci à tes muscles pour avoir encaissé le coup. Un peu de graisse aurait aidé à limiter la casse.

Absorbée dans ce qu'elle était en train de regarder, il était difficile de savoir si elle plaisantait ou non. Et alors qu'elle allait pour préparer le reste du matériel pour fermer, India entendit un miaulement retentir venant du couloir menant aux chambres. L'animal, qui avait pourtant l'habitude de l'accueillir dès son retour, semblait avoir décidé de jouer les feignants. La petite chatte de quatre ans arriva en minaudant, reniflant les odeurs ramenées par le russe.

Dégage Chacha! S'exclama-t-elle en envoyant un coup de pied dans sa direction pour l'éloigner du matériel médical.

Mais l'animal ne faisait pas attention, bien trop intéressée par le nouveau venu. Elle fit quelques pas sur le côté pour la repousser du bout du pied et l'animal passa de l'autre côté alors qu"India était coincée. Chacha fit le tour et grimpa sur la table, au niveau de la tête du russe, peu craintive, pour l'avoir déjà croisée plusieurs fois. Se penchant sur lui, évitant de passer sur la plaie, elle chercha à la faire partir avec un coup de coude.

Respire, on y va, dit-elle plus douce qu'à l'accoutumée dès que le chat fut parti. J'arrête quand tu auras besoin de faire une pause.

L'aiguille en forme de crochet entra dans sa chair, devant traverser plusieurs couche de tissus pour rapprocher les berges car ne fermer que la surface fragilisera la zone. Et c'était pour cela, que le geste allait être douloureux. Écoutant sa respiration ainsi que ses réactions, elle continua faisant des nœuds régulièrement pour fermer complètement la peau, maniant les pinces avec dextérité. À la moitié, elle s'arrêta, regardant Sergeï.

Ça va ?
Demanda-t-elle en essuyant le sang avec une compresse.



(c)syndrome

___________
They'll know my name


Dernière édition par India Phillmore le Dim 22 Sep - 11:53, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptySam 21 Sep - 3:31

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï VasilievSergeï avait incliné la tête aux paroles et au mouvement de recul de Jodie face à l’argent. Si elle ne voulait pas être payée, il ne fallait pas en parler. Ou c’était de ces subtilités de filles qui lui passaient à mille lieues au-dessus de la tête? Une blague qu’il n’avait pas comprise. Il fit tout de même un signe du menton vers la liasse de billets sans y toucher.

- Prends au moins ce que ça coûtera pour remplacer le matériel. C’est pas donné ces trucs-là dans notre ville. Tu sais que tu peux m’appeler quand tu veux si tu as besoin. Dette ou pas.

Il trouverait quelque chose d’autre pour la remercier de sa gentillesse. Bon d’accord, c’était plus que de la gentillesse, elle lui sauvait carrément le cul là. Mmmrrrfff. Qu’est-ce qu’une fille comme Jodie pouvait aimer? Des chaussures à talons, c’est bon, il avait compris hein. Sa sœur en avait une collection digne d’une reine alors que de son côté, s’il avait deux paires de chaussures en même temps c’était déjà un exploit. Parlant de sa sœur, il ne put pas aider la grimace qui s’afficha sur son visage comme à chaque fois qu’on lui disait que c’était une belle femme. Il avait beau la regarder sous tous les angles, et Dieu seul savait qu’il avait vu tous les angles de sa sœur, il ne lui trouvait rien d’intéressant.

- Niet. Toi, tu es une belle femme. Sofia… Beh. J’ai passé neuf mois avec ses pieds dans la gueule avant notre naissance, ça doit neutraliser toute objectivité de ma part à son sujet. Elle est pas… C’est pas une femme à mes yeux. C’est juste… Moi en fille. En plus laid et gros. Je peux pas expliquer.

Peut-être que s’il causait à un autre jumeau, il pourrait se faire comprendre. Peut-être mais pas certain. Il n’y avait ni pudeur ni gêne entre eux depuis le jour 0, ils avaient grandi en partageant la même baignoire et en portant les mêmes fringues jusqu’à l’adolescence. Et encore là, Sofia pigeait allègrement dans ses tiroirs… lui les décolletés et la résille ça ne lui allait pas vraiment bien, et il était plus grand qu’elle. Bon maintenant il avait cette image de lui avec jupe et talons aiguille de sa sœur et c’était vraiment mais vraiment perturbant comme image. Le mieux était d’enchaîner sur les vampires qui brillaient. Il regarda Jodie comme si elle était un oiseau rare, encore innocente des atrocités du cinéma américain.

- Tu connais pas les vampires qui brillent? Soirée cinéma horrible à prévoir. Je me déguiserai en Volturi tu verras la ressemblance est frappante.

Voilà le fer plat de sa sœur qui allait se faire emprunter pour aplatir ses bouclettes naturelles et se donner l’air de Caius auquel ses amis l’avaient souvent comparé. Déguisement d’Halloween facile et efficace, manquait que des lentilles rouges et la poudre scintillante de sa sœur. Ce qu’ils avaient rigolé à l’époque.

Si on revenait à un peu plus présent? Depuis la première fois, leur première rencontre dans l’embrasure de la porte de l’appartement de Lily et Jodie, Sergeï avait cru remarquer que la petite brunette détestait qu’on la touche. Il avait mis d’abord ça sur le compte de l’effet de surprise, c’est vrai que la première impression a dû être qu’il était un vrai sauvage de l’attraper et la soulever comme ça pour lui enlever ses chaussures. Par la suite au moment de ses multiples visites pour des réparations de l’appart il avait noté que les gestes naturels d’un humain à l’autre étaient cassés chez Jodie. Ou c’était qu’envers les mecs? Ou qu’envers lui? Le russe soupira et détacha son pantalon pour le baisser davantage sur ses hanches face au tâtonnement délicat de son infirmière pour avoir plus de place pour travailler. Y’avait rien à voir, que sa peau, rien d’obscène, il gardait son boxer là où il le fallait pour ne pas choquer la demoiselle, et il replaça mollement ses mains de chaque côté de son corps.

- T’inquiète je trouve rien d’excitant à la situation. Comme ma sœur, je me mets à poil quand il faut et ça reste professionnel. Tu me diras une bonne fois si c’est moi ou les mecs en général qui te dégoûtent. Ou les humains en général.

Il laissait ça là, Jodie en ferait ce qu’elle voulait, quand elle voudrait, si elle voulait. Lui la pudeur il ne connaissait pas alors il fallait toujours s’ajuster avec les gens autour. Sergeï se contenta de fermer à demi les yeux et de respirer lentement pour la laisser œuvrer, tout juste un petit sourire en coin à l’évocation de sa chance. Une balle aurait moins pardonné pour sûr. Il hocha simplement la tête ensuite. Elle donnerait ses coordonnées à qui elle voulait, même s’il doutait énormément qu’une gentille petite demoiselle comme Jodie ait de réels contacts pour l’aider avec la régularisation de son identité en territoire américain. Il rouvrit un œil et gronda aux tâtonnements plus directs sur la plaie mais ne bougea pas. De la graisse. Et quoi encore? Même s’il se gavait aux repas cinq services cuisine française il resterait sec comme un clou. Les muscles tenaient aux prix de longs et réguliers efforts.

- Pas ma faute si je suis maigre. Ma mère, elle s’est débarrassée de nous à notre naissance, mais mon père disait que c’était une camée. Elle consommait quand elle était enceinte de Sofia et moi. On est encore chanceux d’être juste un brin tarés et de manquer d’inhibitions la majorité du temps. On était des poids plumes à notre naissance. On l’est encore et ça changera pas.

Crever de faim aussi il avait connu par moments. Les temps n’avaient pas toujours été roses pour eux en Russie ni ici à Downfall. La situation s’était améliorée depuis que les jumeaux avaient ramassés leurs affaires et foutu le camp à leur compte. Pourquoi il racontait ça là à Jodie? Ça faisait entrevue dramatique avec Oprah. Peut-être que l’alcool et la fatigue entraient en ligne de compte. Ou c’était pour se changer les idées de la douleur. En tout cas il bougeait les orteils pour ne pas penser à ce qui se tramait sur son abdomen, jusqu’à ce qu’une boule de poils fasse irruption. La surprise amena Sergeï à se contracter d’instinct, puis il sourit en tournant la tête vers le félin et se détendit alors qu’il leva la main pour caresser cette bouille ronde.

- Chacha! Viens me faire un bisou grosse minette d’amour!

Pas de bisous de la part du chat qui décampa au geste de Jodie et le russe poussa un long soupir à fendre l’âme de s’être ainsi fait éconduire par l’adorable chat. Tel animal, telle maîtresse. Il remit sa tête droite et signifia à sa charmante infirmière d’y aller, tentant de se détendre… Mais putain il avait l’impression qu’elle lui fouraillait la chair avec un stylo. C’était sensible, douloureux, et sa main gauche devait être en train de tordre le rebord de la table (heureusement qu’elle était en bois) tant il s’y agrippait pour ne pas bouger le reste de son corps. Au moins, il se disait qu’elle faisait ça mieux que n’importe qui d’autre? Sergeï redressa un peu la tête lorsque Jodie fit une pause. Mauvaise idée vu la douleur qui fusa et il se réappuya contre la table, sa main gauche allant essuyer les larmes qui avaient roulées du coin de ses yeux pendant la séance couture.

- Ouais je ferais ça toute la journée! … Je crois que je vais vomir. Tu peux me passer la vodka s’il-te-plaît?

Boire couché sur le dos était un art mais un art maîtrisé par des années de pratique. Sitôt la bouteille en main Sergeï la déboucha et l’inclina juste ce qu’il fallait pour faire tomber un mince filet d’alcool entre ses lèvres. Procédé recommencé pour plusieurs gorgées après lesquelles il redonna la bouteille quasi vide à Jodie.

- Où t’as appris à recoudre les gens comme ça? T’es dans le trafique d’organes clandestin le weekend? Tu fais des autopsies à la morgue? Tu veux être vétérinaire quand tu seras grande?

On apprenait pas ça à l’école en tout cas, c’était beaucoup trop pratique pour être enseigné au lycée. C’était bien plus important de se souvenir du nom du trente-quatrième président des États-Unis!

:copyright:️ 2981 12289 0

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptySam 21 Sep - 15:15




Tu peux garder tes talons cette fois




Le russe insista pour qu’elle prenne ce dont elle avait besoin pour remplacer ce qu’elle utiliserait sur lui. Se pinçant les lèvres, elle hésita quelques secondes puis hocha de la tête pour accepter. C’était ce qu’elle avait pu récupérer dans les décombres du matériel restant, une fois les cadavres évacués. Son hochement de tête répondait à la suite, ne doutant pas un instant que si elle avait besoin d'un service, il ne refuserait pas. India ne comprenait pas qu’il puisse accepter alors qu’ils n’avaient rien en commun qu’un immeuble et des appartements superposés. Elle l’avait toujours payé pour ses coups de main, ce n’était parfois pas grand-chose mais il acceptait toujours. Peut-être était-ce simplement parce qu’il est simple, sans prise de tête et … gentil ? Au vu de la blessure et de la liasse de billets qu’il avait sur lui, elle doutait mais sa méfiance était toujours au rendez-vous et il était difficile de passer au-dessus.

La jeune femme chercha à lui faire comprendre qu’il ne pouvait pas dire que sa sœur était moche, grosse, laide ou autre. Elle attirait le regard par sa simple présence, du moins, le sien. Ses traits fins, ses yeux pétillants de malice, son charme Sofia avait tout pour plaire. Sergeï lui expliqua sa façon de voir les choses, voyant chez sa sœur son reflet. Elle trouvait effectivement qu’il y avait une ressemblance entre les deux mais elle ne lui dirait pas. Cela voudrait dire qu’elle le trouve à son goût alors qu’elle ne s’intéressait plus aux histoires de cœur et d’attirance depuis plusieurs années mais encore plus depuis l’année dernière. Elle ne sut quoi dire quand il lui affirma qu'elle était une belle femme. Ce n'était que de la poudre aux yeux après tout, bien maquillée, bien habillée, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de la voir au réveil, la gueule enfarinée. Elle savait seulement se mettre en valeur mais de la à dire qu'elle était belle, c'était un monde.

Ça veut dire que tu te crois beau ? Répliqua-t-elle un brin de malice dans le regard.

La conversation finit par dériver vers une référence qu’elle n’avait pas au sujet de vampire qui avait la capacité de briller en plein soleil. Le jeune homme la regarda comme s’il venait de voir un fantôme, programmant une soirée film sans comprendre comment ils en étaient arrivés là.

Je … euh … Okay ? Répondit-elle incertaine de savoir si c’était un piège. Est-ce qu’il faudra de l’alcool pour oublier ?

Voltuquoi ? Ce devait être quelque chose de trop moderne pour qu’elle y prête attention. Mais cela semblait être une perte de temps à regarder si c’était pour se moquer. Encore faudrait-il une bonne raison pour se poser devant un écran : comme s’amuser ? Cela faisait combien de temps qu’elle ne s’était pas détendue, amusée et rit avec insouciance ? La vie semblait lui mettre des claques années après années depuis bientôt quatre ans. India fut enfin prête à observer la blessure, elle chercha à baisser de quelques centimètres le pantalon du russe pour plus de confort dans son soin, mais le blondinet s’activa pour baisser son vêtement jusqu’à ses cuisses, restant en caleçon. Il répliqua alors et laissa pantoise la jeune femme.

C’était pas nécessaire, c’est juste pour ne pas salir plus tes affaires, répondit-elle en omettant de répondre, posant une question qui montrait clairement qu’elle évitait le sujet. Alors toi aussi tu fais du strip-tease et c’est pour ça qu’on t’a blessé ? Avoue qu’il s’attendait à voir ta sœur.

La brunette n’était pas prête à lui en parler malgré toute la sympathie qu’elle ressentait à son égard. Elle cherchait pourtant à faire des efforts, pour ne rien laisser paraître mais son corps était un livre ouvert dès qu’il entrait en contact avec un homme. Même s’il semblait que les choses se soient apaisées avec le temps, ce n’était pas demain la veille qu’elle pourrait danser un slow avec un membre du sexe opposé. L’Unbroken lui proposa alors de l’aider pour ses problèmes d’identité. Elle se concentra alors sur la plaie, et remarquant sa profondeur. Elle lui fit la remarque qu’un peu de graisse sur son corps svelte aurait limité la casse, mais il dut penser qu’elle le traitait de maigrichon. Ce qui n’était pas le cas, sa taquinerie trop sérieuse avait fait un flop. Elle s’en rendit compte en l’entendant, et en sortant de ses pensées. Sergeï lui apprit que sa mère était une camée, consommant de la drogue alors qu’elle les portait. Il se pensait chanceux de ne pas avoir de retard et de problèmes autre que l’absence d’inhibition et son petit grain de folie.

Quelques électrochocs suffiront à régler ton problème, plaisanta-t-elle en laissant couler un regard vers lui, un demi-sourire sur les lèvres.

Ils n’avaient jamais abordé leur passé, restant sur ce qui se passait au présent et c’était la première fois qu’il lui parlait de sa mère qui les avait abandonnées dès la naissance. La jeune femme se concentra sur ce qu’elle allait faire, donnant l’impression d’une indifférence à son histoire alors que ce n’était pas le cas. Heureusement pour elle que l’animal vint faire son spectacle de minauderie, adorant être remarqué même si elle détalait dès qu’il y avait un inconnu. Comme quoi Sergeï ne faisait plus parti des inconnus qui venaient chez eux. Inconnu plutôt rare, fallait-il dire. India chercha à la faire partir mais l’animal trouva sa place près de la tête du russe qui put ne lui faire que quelques caresses avant que la jeune femme ne la dégage d’un coup de coude.

Pas de chat sur ma table, dit-elle avec autorité, surtout quand tu es dessus. Si tu es sage, je te laisserai la porter, même si tu dois te reposer.

Il avait poussé un soupir long et censé marqué la tristesse, elle le regarda alors en biais, haussant un sourcil, ne parvenant pas à cacher un sourire léger avant de secouer la tête. Si elle n’avait pas été en stérile, elle lui aurait mis une pichenette. Alors après cela, elle commença à le recoudre, sentant bien qu’il en prenait pour son grade, voyant ses muscles se tendrent et sa main accrochée à la table blanchir à force de la serrer. Il ne bronchait pas, bien que ses traits étaient tordus de douleurs.

Tu ne veux pas une bassine plutôt ? Lui demanda-t-elle alors qu’il voulait sa bouteille pour en boire une rasade après une pause pour voir s'il tenait le coup.

Il lui confirma qu’il tenait à boire et elle se débrouilla pour l’attraper sans avoir ôté ses gants et sans perdre sa stérilité. Maladroitement elle lui donna la bouteille tenue grâce à ses avants-bras, manquant de peu de lui faire tomber dessus. Elle le regarda descendre la bouteille, qu’il termina presque en quelques gorgées, lui montrant sa capacité à boire allongée. Elle préféra laisser la bouteille à portée du blond pour qu’il puisse s’en servir si besoin. India se préparait à recommencer quand il lui demandant comment elle avait appris à recoudre comme cela, posant de multiples questions toutes plus farfelues les unes que les autres.

C’est un interrogatoire, là ? Pourtant, je ne suis pas en position de faiblesse là, répondit-elle en préparant son fil, tout en esquissant un sourire. J’ai travaillé au dispensaire de Skid Row et disons que j’ai appris quelques trucs, à force de recoudre les blessures des personnes venant du Fight Club mais elles étaient rarement aussi profondes, ce n’était que des entailles. Mais j’ai vu des blessures au couteau qui ne nécessitait pas de les emmener à l’hôpital. J’ai eu un bon prof aussi.

Luka Gilmore, une des meilleures chirurgiennes de sa génération, leader des Unbrokens même si son nom n’apparaît nulle part. Elle avait décidé d’ouvrir, il y a des années de cela un dispensaire pour aider les gens dans le besoin qui n’avait pas les moyens de se payer des soins médicaux. Cette femme était une sainte et un modèle pour India, qui cherchait à travers le médical à se repentir et à racheter les horreurs que son père perpétrait avec les Prayers.

Tu vas me dire ce qui s’est passé ce soir ? Lui demanda-t-elle sans paraître curieuse. Tu me dois bien ça, vu l’heure et la blessure.

Peut-être ne voudra-t-il pas parler de son contrat, ce qu’elle comprendrait mais ce n’était pas un petit couteau qui l’avait blessé.


(c)syndrome

___________
They'll know my name


Dernière édition par India Phillmore le Dim 22 Sep - 11:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyDim 22 Sep - 3:50

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï VasilievSergeï y alla d’un regard charmeur envers Jodie, jouant des sourcils dans cette parodie de séduction délibérément exagérée et pas sérieuse du tout. Il n’y avait rien de charmant à un type en train de douiller sur une table de cuisine, les tripes à demi à l’air, ça tendait même plutôt vers le pathétique… d’où le côté fun de la situation qui amenait ce sourire en coin au russe.

- C’est pas difficile d’être plus beau qu’elle… mais je crois que c’est question point de vue : Sofia dit que je suis maigre et moche. Et con. Et le jeune attardé des deux. Choisis ton camp!

Ils s’en lançaient des belles parfois ces jumeaux mais ça n’atteignait que rarement l’autre dans son orgueil, peut-être parce qu’ils savaient au fond que l’autre était son pilier, son univers, son complément, et qu’il était impossible que leurs taquineries rompent ce lien. C’était peut-être pour ça aussi qu’ils n’avaient jamais eu quelqu’un d’autre dans leurs vies à part des aventures éphémères. Sofia voyait une éventuelle copine comme quelqu’un qui se placerait entre elle et Sergeï, lui s’en faisait beaucoup moins si Sofia avait quelqu’un mais ça signifierait une solitude qu’il ne saurait pas aborder. Alors le mieux restait les aventures à droite et à gauche, et les potes. Comme Lily et Jodie qui ne semblait pas très certaine de la soirée cinoche que le russe venait de lui caser à l’horaire. Il allait devoir mettre la main sur la série Twilight maintenant.

- Da. Tu en auras besoin pour oublier que tu as vu ça et les mauvais acteurs. Et des pierojkis pour accompagner. À moins que tu soies plus popcorn et bretzels?

Ça allait être très drôle pour sûr. Même si les films étaient mièvres, il fallait connaître les classiques et les références, mêmes mauvaises. C’était certain qu’avec Downfall coupée du reste de la civilisation, les films ne s’étaient pas infiltrés jusque-là. C’était un truc qui avait manqué aux jumeaux à leur arrivée : ils avaient eu l’impression de se retrouver subitement dans la Russie de Staline tant ils s’étaient retrouvés privés de tout. Pas marrant.

Par contre il eut vraiment du mal à ne pas rire à la tirade de Jodie qui s’en tirait bien pour lui faire comprendre qu’elle ne voulait pas parler de sa répulsion du contact direct avec les gens. En fait, le russe rit, mais la douleur l’arrêta aussitôt, le faisant se crisper, et il s’empressa de stopper sa voisine dans son élan d’humour.

- Me fais pas rire! Me fait pas rire! Il posa sa main gauche sur son sternum pour tenter de réprimer cette envie de fou rire et respira lentement pour reprendre son calme. Douuuuucemeeeent, changer le sujet un peu, parler de sérieux, voilà. Nah, strip… c’est une des rares choses que je dirais non. Pute ça va encore, c’est pas comme si je l’avais pas déjà fait. Mais je sais pas. Quand je bosse au Lady’s Night… Y’a quelque chose dans l’attitude des femmes dans la salle qui est un peu malsain. Je préfère leur servir des verres et nettoyer, moins payant mais plus à l’aise.

Et encore là, parfois il savait ce que les Blackened Beauty enduraient en faisant le service dans leurs bars. Sa sœur lui avait bien inculqué de rester correct avec la gente féminine, sous peine de lui arracher la tête, mais la leçon aurait dû profiter à un plus vaste éventail de gens. Le fou rire calmé, le russe puisa dans des réserves surhumaines aussitôt après pour ne pas rire à nouveau à la mention des électrochocs. Cette Jodie avait ce petit humour pince-sans-rire très amusant, rajouter l’alcool et la fatigue et il se serait bien éclaté de rire si ça ne faisait pas aussi mal. Le russe secoua la tête et rajouta rapidement d’un air choqué et faussement sérieux :

- Tu veux dire que ma lobotomie au pic à glace a pas fonctionné?

Rien à faire pour les jumeaux, ils étaient des cas incurables et devraient faire avec leur bagage génétique qui n’était tout de même pas si mal comparé à d’autres. Ils se fondaient bien dans le décor de Downfall en général, c’était peut-être pour ça qu’ils n’avaient aucune envie qu’on les expulse. Le monde normal leur donnerait du fil à retordre, trop de lois, trop de règles, trop d’encadrement.

Il se tint plus ou moins tranquille par la suite, tel que mentionné plus haut, pendant que Jodie oeuvrait avec un zèle appréciable, jusqu’à la pause et l’interrogatoire. Sergeï se lècha les lèvres pour en chasser le goût de l’alcool récemment absorbé, amusé à l’image de Jodie en Mère Thérésa, ce qui ne lui collait pas du tout. Ses doigts allèrent repousser ses cheveux blonds pour les dégager de son front et il tourna la tête et son sourire vers sa voisine qui avait été bien aimable de satisfaire sa curiosité cette fois.

- C’est pas comme ça interrogatoire? Une table, deux personnes, quelqu’un qui travaille et quelqu’un qui souffre? Ah merde, je crois que j’ai mal distribué les rôles… Tu es bonne personne d’avoir travaillé là, beaucoup de gens qui ont besoin. Quand on est arrivés, on vivait à Hawthrone, c’était bien quand même, mais on s’est vite fait dire que les étrangers étaient pas bienvenus dans la ville et indiqué le fameux dispensaire à Skid Row. On a eu à se battre mais jamais blessé grave, sinon je t’aurais croisée, ça aurait été cool.

Il fallait voir le bon côté des choses même quand c’était la galère? Comme en ce moment, où il apprenait à connaître Jodie et son humour un peu caustique. Ça ne serait jamais arrivé sans cet incident, quand il venait pour réparer des trucs ils ne parlaient pas tant que ça, il était là pour bosser surtout et régler le problème rapidement, alors le social… Le retour de balancier sur les questions était de bonne guerre et le russe poussa un soupir ennuyé, regarda le plafond, et regarda à nouveau Jodie. Il s’était retrouvé dans des situations plus gênantes que celle-là, il n’y avait pas de raisons de refuser de répondre.

- Ce qui s’est passé? Je collectais les dettes des mauvais clients d’un revendeur. Je sais pas s’il est Prayer ou quoi, je veux pas savoir, ça m’intéresse pas les gangs. Mais bon, lui ça l’emmerde et il a pas patience, il préfère vendre. Garder dix pourcents de ce que je collecte, profit intéressant. Et ce gars, un petit montant à collecter, il est pas natif, il est pas de la ville depuis longtemps non plus, il s’énerve et sort son couteau pour cinq cent dollars au lieu de discuter. J’allais pas le flinguer pour si peu mais le temps que je le couche à terre, il a fait mal. Je comprends pourquoi les natifs aiment pas les étrangers dans la ville. Downfall c’était mieux avant. Tu es née ici toi?

À part où elle bossait et qu’elle vivait au-dessus, Sergeï ne savait pas grand-chose au sujet de la jolie brunette. De vagues souvenirs du lycée mais il ne savait même pas son nom à l’époque, et ils n’étaient pas de la même année.
:copyright:️ 2981 12289 0

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyDim 22 Sep - 11:51




Tu peux garder tes talons cette fois




Le regard en biais, alors qu'il était en train de jouer les mauvais séducteurs, elle rit silencieusement, secouant la tête, cherchant à retrouver son sérieux face au russe qui ne savait décidemment pas le garder alors qu'il était à moitié à poil chez elle, blessure à l'air. Naturellement, elle aurait choisi le camp de Sofia, pour défendre la cause féminine mais elle répondit avec simple avec un mouvement de tête sur le côté pour appuyer sa conclusion.

Vous êtes des idiots tous les deux.

Mais c'était leur façon de fonctionner, à se lancer des pics et la jeune femme comprit qu'ils ne pourraient comprendre comment les autres pouvaient les percevoir tant ils étaient dans leur monde, l'un ne fonctionnant pas sans l'autre. Une relation fusionnelle où il serait difficile pour un étranger de trouver sa place. Et pourtant chacun menait son bout de vie, comme Sergeï qui lui proposait une soirée film qui semblait être une soirée ''mauvais film''. Probablement un film pour adolescente plein de mièvrerie, chose qu'elle aurait aimé à une époque, car friande de ce genre de bêtises. Mais aujourd'hui, elle n'allumait que rarement la télévision, ne trouvant pas le temps pour ce genre de distraction. Le blondinet lui confirma qu'il faudra de l'alcool pour oublier. Pourquoi le voir si c'était pour oublier après ? Étrange, très étrange, mais ce devait être quelque chose de culturel que la jeune downfallienne ne comprenait pas.

Des quoi ? Demanda-t-elle ne connaissant pas ce qu'il lui proposait pour accompagner. Je suis plutôt popcorn mais ça fait tellement longtemps que ... voilà.

Elle haussa les épaules. Cette future soirée entre voisins allait être étrange, mais risquait d'être amusante au vu de l'enthousiasme qu'elle pouvait ressentir chez lui. Le sujet vira sur son dégoût du contact en règle générale mais la jeune femme se débrouilla pour détourner la conversation, avec succès car le russe se mit à rire, ce qui contracta un peu plus ses muscles, réveillant la douleur de sa blessure. À tout moment, elle devrait faire une pression sur ses tripes pour qu'elle ne sorte pas. Mauvaise idée, Phillmore! Il arriva à reprendre son calme sous le regard neutre, bien qu'un demi-sourire échappa à son contrôle. Sergeï lui apprit que c'était une des rares choses qu'il refusait alors qu'il avait accepter de vendre son corps contre de l'argent. Écarquillant les yeux à cette information, elle resta silencieuse, incrédule, le laissant poursuivre. Il avait eu l'occasion de travailler au Lady's Night, ce club de strip-tease dans le Watts qui avait son petit succès auprès des femmes. Voir des corps musclés et bouger au rythme de la musique était plutôt perturbant. India préférait de loin voir les femmes s'effeuiller, trouvant ce moment beau et sensuelle. Ils étaient de bons danseurs, elle ne leur enlèverait pas ça.

Le bar où les hommes dansent ? Tu y as travaillé ? J'y suis allée une fois avec une amie mais dans le but de se moquer des hystériques qu'il y a là-bas. C'était marrant à voir mais très dérangeant, je te l'accorde. J'ai ...

Un léger mouvement de tête l'arrêta dans sa lancée. India allait lui raconter qu'elle avait pendant un temps bossé au Carnival of Sins, comme serveuse, et qu'elle avait pu voir ses hommes étrangement calme, comme si la scène d'une femme dansant et se dévêtissent était quelque chose de banal, ancrée dans les mœurs alors que pour un homme, c'était totalement différent. Mais elle avait vu le regard de certains clients, malsain, pervers, dangereux. Heureusement que les BB étaient fortes et indépendantes pour maîtriser la gent masculine sur leur territoire. Des amazones. Des exemples à suivre.

À la question sur la lobotomie, elle lui adressa un sourire malicieux, n'en rajoutant pas plus, mais lui faisant comprendre que non, cela n'avait pas suffit. Sergeï était amusant, à deux mille lieux de Downfall, bien qu'il se soit parfaitement intégré à cette société qui fonctionnait différemment du reste du monde. S'ils étaient venus ici, ce n'était pas pour rien. Les points commencèrent à être posé et arrivant à la moitié, elle préféra faire une pause bien méritée, le russe profitant de cette pause qu'il ne semblait pas vraiment apprécier pour boire un coup.

Et normalement, c'est moi qui t'inflige la blessure au lieu de la fermer, glissa-t-elle alors qu'il se rendait compte de la mauvaise distribution des rôles.

India haussa les épaules quand il lui dit qu'elle était une bonne personne, l'écoutant lui parler de son arrivée, débarquant à Hawthorne, ressentant la méfiance envers les étrangers. Il connaissait avant même qu'elle y travaille le dispensaire de Luka. Elle esquissa un sourire un peu amer car c'était un des lieux où elle se sentait le plus à sa place. Mais il avait été détruit et bien que l'Unbroken ait cherché à trouver des fonds pour ne pas avoir à utiliser les sous des Prayers, la chirurgienne avait balayé ses démarches pour demander au vieux Phillmore l'argent nécessaire pour le reconstruire au même endroit. Les habitants avaient besoin d'un lieu comme celui-ci. Les mois où elle avait été dans le coma avaient fait perdre un précieux temps dans sa reconstruction. Un sentiment de culpabilité l'avait envahi et c'est une pointe au cœur qui lui rappelle cela alors qu'elle tenait un fil de suture dans les mains.

Ou tu serais venu chez moi à une heure impossible pour que je te soigne, ça marche aussi, glissa-t-elle en s'assurant que les autres points étaient bien posés.

La jeune femme lui demanda alors les raisons de cette blessure. Elle méritait d'entendre ce qu'il lui était arrivé, vu l'heure, vu la fatigue qui se lisait sur leur visage. Il soupira, regardant le plafond qui mériterait bien un coup de peinture puis ses yeux bleus se posèrent sur elle. Il devait récupérer de l'argent et le nouveau venu pensait qu'il pourrait éviter de payer en blessant Sergeï, croyant que tout était permis à Downfall, mais même l'ouverture de la ville, il y avait des règles dans ce capharnaüm. Le russe avait réussi à le maîtriser mais avait été blessé dans l'action. Downfall était définitivement mieux avant. Ce dernier lui demanda rapidement si elle était née ici. Un sourire vague, elle hocha de la tête en guise de réponse.

On reprend, murmura-t-elle lui laissant quelques secondes pour se préparer. Le bras sera une partie de plaisir à côté.

Le crochet replongea dans la chair du jeune homme. Les gestes de l'Unbroken étaient rapides, des réflexes dû à des heures d'entraînement sur de pauvres cobayes du dispensaire. Concentrée, elle laissa place au silence, essuyant de temps en temps le sang qui ne coulait presque plus. Elle espérait que l'alcool suffirait à adoucir ses gestes. La jeune femme avait pu observer la plaie et les saignements étaient minimes. Lorsqu'elle boucla le dernier point, elle détendit son cou en l'étirant tout en lui disant:

Essaie de ne pas forcer pendant au moins quarante-huit heures, même s'il faudrait une semaine complète de repos pour que la peau se cicatrise et dans quinze jours, tu pourras enlever les fils. Pas de bagarres, pas strip-tease et encore moins de course poursuite à travers la ville pour tabasser des mauvais payeurs, ou tu auras à faire à moi si les points sautent, d'accord ?

Elle lui lança un regard de connivence suivi un sourire en coin. Le ventre était refermé. Après un nettoyage de la peau, elle referma la cicatrice avec des compresses et un pansement. Puis l'Unbroken décida qu'il était temps de laisser tomber ses chaussures car elle sentait des faiblesses dans les jambes, liées à la fatigue. Elle fit glisser ses talons plus loin et son chat débarqua pour mettre la tête devant. Un soupire plus tard, les mains toujours stériles et en l'air pour ne rien toucher, elle lui demanda de se relever, ne pouvant l'aider pour pouvoir garder ses gants. Une fois assis sur la table, elle changea de fil et d'aiguille et fit pareil: nettoyage, inspection, désinfection et couture.

À quelle heure rentre Sofia ? Finit-elle par demander une fois le dernier point posé.



(c)syndrome

___________
They'll know my name
Revenir en haut Aller en bas

Sergeï Vasiliev
Sergeï Vasiliev
◭ CREDITS : Myself
◭ MESSAGES : 172

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyLun 23 Sep - 2:45

Tu peux garder tes talons cette foisIndia "Jodie" Phillmore et Sergeï Vasiliev Le verdict était tombé, deux idiots, et Sergeï était bien d’accord avec le jugement de Jodie, ce qu’il lui confirma par un petit sourire très fier de la conclusion de l’affaire. Le sourire se transforma en un tout léger rire quand elle questionna sur les pierojkis, ne répondant au final que « C’est Russe. Ça se mange avec les doigts. C’est bon tu verras. » Et voilà un contrat en cuisine en perspective de la soirée cinéma. Sofia allait lui demander d’en faire des tonnes quand elle le saurait. Les jumeaux aimaient retrouver les saveurs de leur pays d’origine, mais n’étaient pas vraiment des cuisiniers assidus alors quand un se lançait, il y avait de quoi remplir le congélateur.

Mais il resta étonné d’entendre que Jodie s’était déjà aventurée au Lady’s Night. Vu ses réserves, c’était bien le dernier endroit où le russe se serait attendu de la voir. Donc c’était son contact à lui qui la dérangeait. Bon, il allait devoir bosser fort pour changer ça… Il hocha la tête en silence à la description des clientes par moments hystériques, par ce qui n’était au final qu’un mec en string sur une scène… dérangeant était un bon terme! Mais Jodie ne termina pas son petit récit qui avait pourtant capté toute l’attention du russe. Elle se laissait enfin un peu aller et parler d’elle, et vlam, elle coupait les ponts. Elle dissimulait quelque chose ou elle était juste très pudique de sa vie privée? Sergeï choisi de ne pas en faire de cas et d’enchaîner. Si elle n’en avait pas envie, il ne l’obligerait à rien, surtout qu’elle était en position d’autorité présentement.

- Da. Jonah, le proprio, gars très correct, très gentil. C’est les clientes qui te mettent la main au cul dans son club, pas lui, bien hétéro, bien à sa place. Il m’appelle quand il manque de gens au bar pendant les grosses soirées. Il m’a laissé dormir là aussi quand on ne pouvait pas revenir ici après tremblement de terre. Tu es… choquée? Par les travails que je peux faire?

Oh hein, il avait bien vu l’air de face de panda écrasé à une vitre que Jodie avait fait à la rapide mention de prostitution. Est-ce qu’elle aurait fait cette même tête à Sofia, à n’importe quelle autre femme? C’était beau, le concept d’égalité des sexes par moments… Les femmes pouvaient faire tous ce que les hommes faisaient, mais les hommes en revanche, niet. Une femme qui frappait un homme, elle était une badass, il l’avait sûrement mérité. Un homme qui frappait une femme, là c’était tout de suite un autre refrain. Pareil pour la prostitution. Ici surtout, les Blackened Beauty, c’était une institution. Un mec qui acceptait du fric en échange de ces mêmes faveurs, et bien c’était mal vu, c’était sale, c’était dégénéré. Merf. Ça avait amené de la bouffe sur la table à bien des reprises. Alors non, il ne s’inventerait pas de la gêne, ni ne refuserait ce genre de propositions, et c’était ce que son regard bleu, quasi innocent, posé sur Jodie semblait vouloir lui dire. Il secoua la tête, en se disant finalement qu’il n’aimerait peut-être pas la réponse de sa voisine et que c’était mieux de conserver leurs bonnes relations.

- Pas obligée répondre à ça.

Et ils reprirent oui. Il était un peu plus engourdi par l’alcool, mais la fatigue n’aidait pas. Il avait envie de pioncer mais impossible quand il pouvait sentir l’aiguille traverser sa chair, donner l’impression de tirer pas possible et d’emporter la moitié de sa peau avec elle, et recommencer. En vrai Jodie devait être en train de faire un vrai travail de dentellière appliquée, mais tout semblait toujours bien plus gros et grave dans ce genre de moments, mais c’était mieux de ne pas bouger, de fermer sa gueule et d’attendre bien sagement. Un soupir lui échappa quand ce fut terminé, et encore il essuya les larmes qui avaient coulées bien involontairement de ses yeux. Ce n’était pas le genre d’expérience qu’il aurait envie de retenter de sitôt! Mais il secoua la tête négativement, les yeux un peu ronds à l’annonce de tout le temps que ça prendrait pour cicatriser. Il avait prévu ses vingt-quatre heures à dormir, quarante-huit ça pouvait encore aller à rester tranquille, mais il avait des engagements, et des types à terminer de collecter justement. Ça, il ne le dira pas à Jodie, changeant son expression surprise par un sourire de bon garçon sage et obéissant.

- Va être difficile d’être homme au foyer pendant deux jours. Repos une semaine je peux pas. Je ferai attention promis. C’est assez désagréable pour pas donner envie de me rallonger sur ta table.

Le bras fut en effet une partie de plaisir en comparaison. Pantalon remis en place, doucement relevé, le ruban gris et le pansement retirés, les trois coupures plus ou moins nettes qu’il s’était récolté à parer les coups de couteau se dévoilèrent. Ce n’était pas super profond, son manteau avait encaissé la majorité des dommages mais ça prenait quand même des points. Au moins cette fois, Sergeï put regarder Jodie œuvrer, ce qu’il fit avec beaucoup de curiosité, inclinant la tête parfois pour mieux suivre la trajectoire de cette étrange aiguille. Ça faisait aussi beaucoup moins mal de pouvoir voir ce qui se tramait. Elle était douée, il ne pouvait le nier! Aussi fascinant que c’était à observer par contre, le russe ne fut pas fâché que ce soit terminé.

Il releva le regard vers Jodie, préalablement occupé à regarder comment elle avait pansé son avant-bras, quand cette dernière se renseigna au sujet de Sofia. Sergeï haussa les épaules et tira son téléphone de sa poche. Quelques touches plus tard, c’est bien entendu en russe qu’il s’entretint avec sa sœur, quoique les mots « Jodie » et « Ok » était facilement discernables. Avec une petite grimace, il éloigna le portable de son oreille pour ne pas se défoncer le tympan à la réponse bruyante de sa sœur qui avait toutes les intonations d’une personne qui engueule l’autre, pour ensuite lui répondre quelques mots et raccrocher.

- Elle rentre pas. Je vais dormir avec Madame Licorne ce soir. Au moins elle me donnera pas de coups de pieds!

Madame Licorne, une énorme peluche de licorne dodue qui sortait du placard quand l’un ou l’autre des jumeaux ne dormait pas à la maison, la majorité du temps Sofia. C’était le moyen qu’ils avaient trouvé pour pallier à l’absence de l’autre et réussir à grapiller quelques heures de sommeil. Il reposa les pieds au sol, et ramassa la serviette avec laquelle il était arrivé, puis sa chemise qu’il ne se ferait pas chier à remettre pour descendre d’un étage. Se retournant vers Jodie, il tendit la main vers sa sauveuse de l’heure pour serrer la sienne et la remercier en bonne et due forme, mais se rappela qu’elle n’aimait pas ça, et laissa retomber son bras. Il avait envie de lui dire qu’il ne lui ferait pas de mal, mais les êtres humains n’étaient pas des boutons ON/OFF qui gagnaient ou perdaient leurs réticences d’un coup. Il lui sourit plutôt, reconnaissant de cette aide inespérée.

- Merci Jodie. Je m’en serais pas tiré sans toi. Tu veux que je t’aide à ramasser?
:copyright:️ 2981 12289 0

Madame Licorne :
Madame Licorne:
 

___________

No society that feeds its children on tales of successful violence can expect them not to believe that violence in the end is rewarded.
 P!A
Revenir en haut Aller en bas

India Phillmore
India Phillmore
◭ CREDITS : Mish mish/ Rogers
◭ MESSAGES : 5222

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois EmptyLun 23 Sep - 20:33




Tu peux garder tes talons cette fois




Le russe semblait lui promettre une soirée riche en émotions, que cela soit un film où il fallait boire pour oublier ou un découverte culinaire de son pays natale. Elle ne savait que penser, mais préféra être pragmatique et se dire que l'alcool le poussait à faire des plans sur la comète qui ne se réaliseront pas. La jeune femme acquiesça à ses paroles, ne trouvant pas une idée farfelue à glisser pour rendre la chose plus absurde.

Sergueï lui expliqua alors qu'au Lady's, c'était les femmes qui mettaient des mains aux serveurs. Un monde à l'envers, complètement différent des clichés et des préjugés abondants dès qu'il était question de sexualité. Ses questions montrèrent qu'elle avait réagi avec une certaine maladresse et à présent, elle était embarrassée. Elle ne voulait pas être celle qui jugerait les autres. Chacun était libre de faire ce qu'il voulait avec qui il voulait, surtout à Downfall. La curiosité lui donnait envie de poser des questions sur la clientèle qu'il avait, ayant une plus haute estime des femmes que des hommes. Des femmes étaient-elles prêtes à payer un petit jeune pour du plaisir? Ou alors les quelques clients qu'il pouvait avoir, étaient des hommes ? Elle ne s'était jamais posé la question sur la sexualité de son voisin, chose qui n'avait pas lieu d'être mais elle s'étonnait de se poser la question. Bien des questions que la pudeur l'empêchait de poser alors qu'elle était en face d'un décomplexé de première. Et cela, il devait bien le sentir car il ajouta qu'elle n'avait pas besoin de répondre, ce qu'elle pensait au contraire nécessaire.

Non, c'est ... Ce n'est pas commun, dit-elle pensive. Ou du moins ce n'est pas exprimé de manière décomplexé. (elle prit une voix un peu plus grave pour la phrase suivante afin de le refaire) Je tabasse quelqu'un ou je couche avec pour de l'argent, tu ne l'entends pas souvent. Il faut bien manger et le rapport temps, gain est toujours meilleur que celui de serveur.

Elle esquissa un sourire se moquant d'elle-même qui travaillait presque tous les soirs pour un salaire correct sans pour autant dire mirobolant. La jeune femme laissa ses pensées se diriger vers l'idée de faire comme sa sœur ou comme lui. Le résultat: recroquevillée sur elle-même, dans un état de décomposition tant il lui était impossible de vendre son corps. Il fallait être prêt à tout pour obtenir ce que l'on voulait. Des informations, de l'argent en ayant conscience du risque que l'on prenait. India avait payé le prix de sa naïveté, douloureusement au point de l'handicaper aujourd'hui.

Les points furent posés, fermant les plaies du ventre, puis du bras. Sergeï semblait peu enclin à obéir à ses conseils car il ne pouvait rester enfermer une semaine. Mais il lui assura faire attention. En réponse, India haussa des épaules. Elle ne pourrait pas le tenir au lit mais ferait en sorte que sa sœur l'oblige à se reposer un maximum. Elle croisa à plusieurs reprise le regard curieux du russe sur les gestes qu'elle faisait presque mécaniquement. Au fur et à mesure, l'Unbroken sentait qu'il fatiguait, son accent prenant un peu plus le dessus, ses phrases se faisant plus simples mais elle n'en tenait pas compte. Le soin fut terminé, la seconde plaie pansée, s'assurant de la bonne tenue de son pansement, elle demanda à son voisin si Sofia allait rentrer. Il n'en savait rien mais après un coup de téléphone et un échange dans leur langue natale, elle ne put comprendre en dehors de son prénom, ce qu'ils s'échangeaient. Lorsque la voix tonitruante de la russe sortit du téléphone, elle se douta qu'il lui avait dit pour sa blessure. Le blond lui apprit alors qu'elle ne rentrerait pas ce soir, glissant dans ses paroles, son intention de dormir avec une certaine Madame Licorne. L'alcool parlait à cet instant. Un demi-sourire narquois sur les lèvres, la jeune femme hocha de la tête à cette information, peu convaincue par ses paroles.

Sergeï s'était en partie rhabillé entre les deux blessures et il n'avait pas l'intention d'enfiler un haut pour descendre chez lui. Il récupéra ses affaires et lui tendit la main sous le regard surpris de la jeune Phillmore, ne s'attendant pas à une poignée de main. Il laissa rapidement baisser son bras. Elle secoua la tête, avant de lui donner une petite tape sur l'épaule non blessée, ce geste bref lui coûtant bien des tensions mais comme elle s'était préparée, cela restait supportable.

J'espère que tu n'as pas l'intention de m'aider, pas après ce que je t'ai dit. Tu vas te reposer, tout de suite et je vais même t'accompagner en bas. Je n'ai pas envie que tu te casses la gueule dans les escaliers avec ce que tu as bu et que mes points sautent.

Pied nus, elle l'accompagna dans les escaliers, le suivant de près sans pour autant être proche pour s'assurer qu'il ne glisse pas. Une fois devant sa porte, elle lui rendit la liasse posée sur la table un peu plus tôt allégée de quelques billets qui lui permettrait de se racheter son matériel. Elle lui souhaita une bonne nuit, s'arrêtant quelques secondes une fois la porte fermée, laissant un sourire énigmatique en suspens, avant de remonter chez elle. India s'amusa à remettre ses talons, après avoir dégagé son chat, pour faire quelques pas dans l'appartement, provoquant le russe qui ne devrait pas remonter. Elle ne fit que quelques mètres avant de les ôter, rangeant son matériel, nettoyant la table puis fila sous la douche avant de s'effondrer dans son lit. Chacha finit par la rejoindre pour s'étaler de son long contre elle, ronronnant comme jamais.


(c)syndrome
[TERMINE]

___________
They'll know my name
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Tu peux garder tes talons cette fois   Tu peux garder tes talons cette fois Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Tu peux garder tes talons cette fois
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ah non je ne pars pas, je m'absente cette fois ci
» Cette fois, c'est l'histoire d'une moule de l'ombre. Je crois XD
» Cette fois John Wayne ne s'éloignera pas vers le soleil couchant [Fe]
» Cette fois, c'est définitif.
» Bah tu vois! T'en as un vivant cette fois[PV Kiki et Kerïm]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: 【 We're livin' in a Dirty World 】 :: Watts :: Habitations :: Appart. d'I. Phillmore et L. Holloway-