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 Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]

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Dwayne Clarkson
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MessageSujet: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptyLun 2 Sep - 18:12

Compton – Ancien palais de justice – 17:35

Voilà trois jours que les secours sont arrivés, et déjà cinq que Downfall a tremblé. Une bonne partie du hall s’est vidé de ses blessés graves, laissant derrière eux une mauvaise odeur persistante. Certains sont morts ici en attendant que la ville daigne envoyer des soignants. Finalement, c’est la Croix-Rouge qui s’occupe de nous, avec l’aide bénévole de l’Oasis. Quant a l’armée, elle a décidé de ne pas rester aux alentours du palais, continuant par contre ses activités au sein du Big Nowhere. Je ne décolère pas. Les savoir chez nous m’horripile. Mais je ne peux rien faire. Comme tous les habitants de Compton, Hawthorne et d’El Segundo, je n’ai pas d’autre choix que de subir. D'attendre.

Nous n’avons plus rien, pratiquement tout le monde a perdu son toit. Tous nos efforts depuis 2016 sont vains, réduits en poussière. Quand je vois l’étendue des dégâts, je n’arrive même pas à relativiser. Je n’ai plus d’idées. Je me demande même s’il me reste de la volonté. Alors je passe le plus clair de mon temps assis sur un vieux matelas, au fond d’un couloir du rez-de-chaussé. J’ai établi mon « campement » non loin des ascenseurs en panne et des escaliers. En fait, comme tous ceux qui n’ont plus de logement à Compton, je vis dans cet ancien palais de justice. Tous les étages sont occupés, des familles entières vivent là-haut. Le palais est désormais un lieu de squats. Notre abri à tous.

Moi, j’ai choisi le fond d’un couloir, sous une grande fenêtre miraculeusement intacte mais sale. J’ai tendu une corde entre deux lampes murales hors-service, pour y accrocher un long tissu bleu qui me sert de rideau. J’ai récupéré une lanterne à bougie et un matelas dans les décombres. J’ai même trouvé un livre, Great Expectations de Charles Dickens. Long roman qui accompagne mes journées depuis avant-hier. Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu, moi qui adorais ça autrefois…

C’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire, profitant encore de la lumière du jour, au moment où une grande brune au visage allongé – et inconnu – décale mon rideau de fortune pour venir à ma rencontre. Je repère la page où j’en suis avant de déposer mon bouquin à côté de mon genou. Sans me lever, je dévisage la femme présente dans mon antre misérable.

« Où est Tanya ? C’est elle qui s’occupe de ça d’habitude. »

Je sais qu’elle vient pour moi car elle n’a pas les mains vides. Tous les jours depuis dimanche, Tanya vient pour soigner mes pieds meurtris. Sauf qu’aujourd’hui ce n’est pas elle, mais une parfaite inconnue qu’il me semble n’avoir jamais vu auparavant. Bien que je ne compte faire aucune résistance si elle me demande d’enlever mes bandes, je n’apprécie pas spécialement que quelqu’un d’autre s’occupe de moi. Et surtout, je me demande pourquoi Tanya ne m’a pas prévenu. Peut-être est-elle occupée avec d’autres blessés, car même si les cas les plus importants ne sont plus là, il reste les plus légers à gérer. Moi y compris.

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MessageSujet: Re: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptyMar 17 Sep - 22:22

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Depuis le tremblement de terre, la misère s'affiche dans tout Downfall. Toutes les classes confondues se retrouvent prises dans un étau qui au fur et à mesure étouffe. La colère de mère nature n'a été tolérante avec personne. Les gens souffrent, ont peur et ne savent plus quoi faire. Ils ignorent même s'ils sont encore en sécurité. Qui peut dire si la terre ne va pas se déchaîner une fois de plus. L'Oasis ne désemplit pas. Que ce soit là-bas ou dans son travail, Harper était plus qu'occupé. Ne parlons pas de la morgue, il n'y avait même presque plus de place. Les corps commençaient à rejeter des odeurs peu agréables. Pour la médecin légiste, c'était devenu une habitude que d'avoir une telle odeur qui lui pique le nez, mais pour les autres. Cela les rendait plus malades qu'autre chose. Malheureusement, il n'y avait pas de solution miracle pour camoufler le parfum d'un corps en décomposition. Ce serait trop simple et les meurtriers pourraient continuer à vivre tranquillement si c'était le cas.

Malgré la présence de la Croix Rouge, rien ne changeait. Il n'y aurait jamais assez de bénévoles et de personne assez consciente ou bien folle pour s'aventurer à Downfall. La violence pullule partout, mais on peut dire que sous un certain angle, Harper s'y est habituée. Elle trouve dans cette communauté peu propice à une vie de sérénité, quelque chose de plutôt rassurant. Sans doute, parce qu'il n'y a pas plus vrai qu'une personne venant d'ici. En Australie, la jeune femme a dû faire avec les sourires crispés, les attitudes gênées et les silences dans une conversation qui commençait à peu près normalement. Quand on apprend l'histoire de Harper, on vient à prendre du recul et ne pas savoir quoi dire. La pitié et la curiosité se mélangent. Ce qui fait qu'elle s'est enfermée plus d'une fois chez ses parents augmentant ainsi sa dépression qui n'en finissait pas. Ici, à Downfall, Harper pouvait être qui elle veut. De toute manière, personne ne connaît son histoire alors, pas la peine de prendre des pincettes avec cette dernière.

Elle a pu d'ailleurs largement le constater depuis son arrivée ici. Homme ou femme, si la survie ne fait pas partie de vous, l'égalité ne peut pas fonctionner. Harper est autant une battante qu'une dépressive se laissant aller à l'autodestruction. De manière assez coutumière, elle se laisse aller. Fait ce qu'elle veut et se moque des conséquences surtout quand cela la concerne.

Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas dans une phase d'introspection. Mais à l'action. Tanya, une collègue infirmière, lui a demandé d'aller voir un patient pour qui elle s'inquiétait un peu. Harper n'était qu'une médecin légiste, mais en tant que bénévole à l'Oasis, il lui arrivait de pratiquer la médecin pour aider un peu le personnel médical complètement surchargé. Que ce soit à l'association ou encore à l'hôpital, l'état d'alerte est le même. La jeune femme avait donc abdiquée et s'était rendue à Compton, au palais de justice pour être exact. Cela ne lui coûtait rien d'ausculter le patient et de voir le verdict.

Rien qu'en arrivant, Harper put constater les conditions déplorables dans lesquelles ces pauvres gens tentaient de vivre. Plus de maison. Plus de chez soi où se poser, se nettoyer, manger et espérer de l'intimité. Tout le monde faisait avec les moyens du bord. Mentalement, la jeune femme se dirige vers là où se trouve son patient. Elle se souvient facilement des coordonnées donnée avec sa mémoire eidétique cela aurait un comble qu'elle ne puisse pas s'en souvenir. Tirant un rideau au bout d'un moment, elle tombe sur un homme de couleur pas vraiment en forme, mais plutôt bel homme, il faut bien l'avouer.

« Où est Tanya ? C’est elle qui s’occupe de ça d’habitude. »

« Elle m'a demandé de venir pour une consultation. Elle s'inquiète pour vos pieds. Je suis médecin légiste à l'hôpital, mais je suis également bénévole à l'Oasis. » Même si en général, c'est plus dans l'éducation et l'aide aux devoirs, Harper n'a guère rechigner à aider ses confrères. « Vous permettez ? »

La jeune femme s'agenouille et prend des gants pour ensuite retirer les bandages du patient afin de regarder les blessures. Elle palpe doucement même si elle ne peut rien faire contre la sensation de douleur. Harper n'a rien pour passer une radio et elle doute que celui-ci veuille vraiment se déplacer jusqu'à l'hôpital. « Comment avez-vous eu ces blessures ? Les circonstances de l'accident pourront m'aider dans mon diagnostic. » La jeune femme regarde ces réactions de temps à autres. « Vous arrivez à remuer vos orteils ? »



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MessageSujet: Re: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptySam 21 Sep - 19:37

La grande brune se présente sans sourciller, m’informant que Tanya lui a demandé de faire cette auscultation à sa place… et qu’elle s’inquiète pour mes pieds. Tiens donc, j’ignorais cette information. Dois-je moi aussi craindre pour eux ? C’est clair qu’ils ne sont pas beaux à voir. Je suis blessé de la plante des pieds jusqu’aux talons. Les faces supérieures et les orteils ne sont pas en reste. Enfiler la moindre godasse est un calvaire, même si les bandes et des chaussettes atténuent les douleurs. Le pire, c’est que les baskets rouges que je me traîne depuis le séisme ne sont pas à ma taille. J’ai alors dégagé les lacets, et je ne me chausse pas entièrement, mes talons écrasent l’arrière de ces pompes. Un secouriste de la Croix-Rouge m’avait promis de trouver une paire qui me convienne, mais il a dû oublier car je ne l’ai pas revu…

Pendant que cette médecin légiste ôte mes bandages, je garde le silence et l’observe. Il n’y a que quand elle palpe mes arpions pourris que je ferme les yeux, dans une grimace trahissant les sensations pénibles de ce contact. Mais ne voulant rien laisser paraître, je serre les dents sans mot dire. Je préfère chercher le regard du docteur lorsqu’elle lève les yeux vers moi. Deux billes d’un bleu-vert dans lesquelles je voudrais me perdre, juste un instant, tant elles semblent si belles. Cette femme a des yeux peu communs. Mais comme elle baisse souvent le regard vers mes horribles panards, elle ne me laisse que très peu l’occasion de mieux les voir.

Finalement, elle reprend la parole pour me demander les circonstances de ces blessures. En l’écoutant, je perçois une manière de parler différente de nous autre, les américains. Elle parle un peu plus vite, avec un accent tonique et ascendant. Australien ? J’aimerais lui demander, même si j’ignore pourquoi je m’en préoccupe. Peut-être parce que j’ai besoin de m’évader un peu, de reprendre un semblant de vie normale. Mais pour l’instant, là n’est pas la question. Là, cette potentielle Australienne veut savoir si je peux remuer mes orteils.

Je m’y essaye alors, doucement car les plaies me gênent un peu. Je ne voudrais pas non plus que mes croûtes s’ouvrent… ouais, tout ça est définitivement moins glamour qu’un regard me rappelant l’océan.

« Ils ne sont pas cassés, si c’est ce que tu veux savoir. Mais j’ai mal. Et j’ai pas envie que mes plaies s’ouvrent à nouveau... » répondé-je de ma voix rauque et granitique, « j’étais pieds nus quand la terre s’est mise à trembler… et je n’ai pas eu le temps d’enfiler mes pompes. Je me suis fait ça dans l’urgence, quand je déblayais des décombres pour sauver autant de personnes que possible… il était trop tard quand on m’a prêté des godasses, mes pieds étaient déjà en sang… mais j’ai continué ».

Je baisse la tête le temps de quelques secondes, avant de reprendre la parole, les yeux posés sur cette femme.

« J’ai eu une infection je crois, mais elle a été traité. J’aimerais juste savoir combien de temps va prendre la guérison. Et aussi… pourquoi Tanya s’inquiète ? Faudrait que je m’inquiète, moi aussi ? »

Je ne suis pas débile au point de croire que je risque l’amputation, mais quand même…

« Si je dois perdre mes pieds, j’aimerais vraiment prendre une douche debout une dernière fois... » rajouté-je dans un élan d’autodérision, un léger sourire aux lèvres.

Un fond de vérité malgré tout, puisque se laver ici pourrait être une expérience traumatisante pour les plus fragiles…

Ce que furent autrefois les toilettes du palais de justice, sont aujourd’hui des salles d’eau. Chacun et chacune se lave devant les lavabos, sans grande intimité. Il y a mêmes des heures où tout le monde veut le faire en même temps. Tellement de passages que le sol est des plus crasseux, pratiquement boueux. Noir de saleté. Seule chose positive dans cette histoire, c'est qu'au moins l’Oasis et la Croix-Rouge ont distribué à tout le monde le nécessaire pour se nettoyer.

Moi, j’y vais la nuit quand la plupart de ce beau monde pionce. Ça n’empêche pas ceux qui veulent pisser d’entrer dans la salle en même temps, avant de s’enfermer dans les chiottes. Je ne suis pas spécialement pudique, je m’en branle, mais ça n’a rien d’agréable pour autant. Et surtout, j’en ai déjà ma claque de devoir poser mes pieds sur mes godasses pour ne jamais toucher le sol, tant il est dégueulasse et jamais sec. Avec mes blessures, ça n’a rien d’évident. Alors oui, quand même, prendre une douche ne serait pas de refus...

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MessageSujet: Re: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptyMer 25 Sep - 22:49

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Trop concentré sur les soins de son patient, Harper pouvait sauvegarder son regard des conditions de vie dans lesquelles vivaient les survivants du séisme. La jeune femme a pu voir beaucoup de choses pendant ses études de médecine, mais cela frappait toujours autant à quel point, les gens pouvaient se soumettre à ce genre d'existence. Tant qu'ils ont un toit sur leur tête, la situation peut être pris sous un bon angle. Mais être passé à côté de ce qui semblait être des toilettes et une salle de bain à présent, Harper eut des hauts le cœur. C'était dur pour une femme aussi à cheval de l'hygiène et la propreté. Même si la critique n'était pas une chose à laquelle elle pouvait exceller, elle ne pouvait tout de même pas comprendre pourquoi les gens d'ici ne prenait pas soin de ce lieu d'hygiène. Certes, le séisme avait tout supprimé, mais peut-être serait-il mieux de nettoyer et de garder une bonne hygiène pour ne pas attraper de mauvais microbes. Dans ce genre de condition, la gale et parfois même le choléra. Peut-être que la Croix-Rouge et l'Oasis devraient se réunir pour discuter de la possibilité d'aider les gens à nettoyer les lieux et le rendre plus vivable pour ceux qui y ont trouvé refuge.

Levant parfois les yeux vers son patient du jour, Harper voyait bien qu'il avait mal, ce n'était pas difficile de le deviner en constatant de l'étendue de ces plaies. C'était tout de même étonnant d'ailleurs.

« Ils ne sont pas cassés, si c’est ce que tu veux savoir. Mais j’ai mal. Et j’ai pas envie que mes plaies s’ouvrent à nouveau... »

« C'est ce que je constate. » Heureusement d'ailleurs. Des pieds cassés ne sont pas une mince affaire. Soit c'est une opération ou une incapacité à marcher correctement jusqu'à la fin de sa vie.

« j’étais pieds nus quand la terre s’est mise à trembler… et je n’ai pas eu le temps d’enfiler mes pompes. Je me suis fait ça dans l’urgence, quand je déblayais des décombres pour sauver autant de personnes que possible… il était trop tard quand on m’a prêté des godasses, mes pieds étaient déjà en sang… mais j’ai continué ».

« Je vois. » Fit-elle en le regardant droit dans les yeux. Cet homme, sous le coup de l'adrénaline, n'a pas fait attention à la douleur de ces pieds, ce qui est normal. L'adrénaline nous fait oublier la douleur et peut décupler nos forces. Cependant, c'est aussi un ennemi silencieux et pourtant assourdissant quand on remarque, comme cet homme, l'étendue des dégâts que cela pouvait provoquer. « L'adrénaline vous a poussé loin, on dirait. » Dit-elle simplement dans un léger sourire avant de regarder dans la trousse médicale qu'elle a amené ce qui pourrait aider l'homme dans la voie de la guérison.

« J’ai eu une infection je crois, mais elle a été traité. J’aimerais juste savoir combien de temps va prendre la guérison. Et aussi… pourquoi Tanya s’inquiète ? Faudrait que je m’inquiète, moi aussi ? »

« Tanya voulait savoir si l'infection est vraiment parti. Le blanc de vos blessures ne sont que le restant des cloques que vous avait dû avoir. Car je constate que vous avez eu quelques ampoules en plus des quelques autres blessures. » Tanya préférait l'avis d'un médecin. Mais tous sont tellement débordés et à la morgue, c'est également le cas. Mais connaissant mon emploi du temps entre l'hôpital et l'Oasis, la jeune femme s'est alors dirigée vers Harper. « Dans tous les cas, vous n'avez pas à vous inquiéter. » Enfin dans la mesure du possible. Avec ces conditions de vie, une infection supplémentaire reste possible.

« Si je dois perdre mes pieds, j’aimerais vraiment prendre une douche debout une dernière fois... »

« Ne vous inquiétez pas, vous ne perdrez pas vos pieds. Cependant, le temps de guérison peut durer deux semaines au moins plus si de nouvelles infections ne s'en mêlent pas. » Fit-elle en prenant de quoi faire les soins habituels du patient. Depuis quelque temps, la médecin légiste a dû reprendre le fil avec les vivants. Alors, qu'à présent, ce sont des morts dont elle s'occupe tandis que l'âme vient ou a quitté le corps depuis un moment. Peu de temps après qu'Aria lui a été arrachée, Harper a décidé de se concentrer aux défunts, qu'on leur offre un peu de soin post-mortem afin qu'ils se sentent moins mis de côté.

« Vous savez l'Oasis a encore quelques petites choses qui pourraient vous aider. » Finit-elle par dire en faisant à présent les bandages. « Ce qui me fait penser. » Harper regarde dans un autre sac et en sort une paire de basket à la pointure de son patient ainsi qu'une paire de chaussettes. « Voilà, Tanya m'avait dit que vos basket actuels n'aide pas à vous protéger alors, j'ai regardé à l'Oasis ce que nous avions encore et je suis tombée sur ceux-là. » Bonne pioche après cinq minutes de recherches. « Je vais tenter d'organiser quelques choses avec l'Oasis et des bénévoles de la Croix-Rouge pour aider à nettoyer les lieux. »

Harper a toujours été dévoué à diverses causes. Sa dépression ne l'éloignait pas pour autant de la réalité à laquelle elle devait faire face quand elle se rendait au travail ou encore en venant ici et de constater à quel point, l'existence peut être dure et injuste pour certaines personnes. « Je ne peux vous cacher que vos conditions de vies peuvent engendrer des maladies comme la gale et le choléra. » Elle ne veut pas effrayer, mais simplement mettre un point sur une constatation à laquelle peut-être lui ou d'autre ont pu penser. Cela ne doit pas être facile, c'est un fait indéniable, mais les conditions actuelles étaient semblable pour beaucoup de gens et malheureusement, même si l'Oasis voulait s'investir énormément dans l'entraide, le manque de moyens était affligeant. Pourtant, les gens de la Croix-Rouge se démenaient pour apporter vêtements, médicaments et toutes ces petites choses que l'on pense dérisoire, mais qui serait d'une grande utilité en ce moment.

« Et voilà. Avez-vous d'autres soucis de santé ? N'hésitez pas, je suis là pour ça. »



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MessageSujet: Re: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptyVen 27 Sep - 0:28

Tout en pratiquant les soins quotidiens dont mes pieds ont besoin, la grande brune me rassure quant à leur état. Elle m’informe qu’il me faudra au moins deux semaines pour guérir, sauf si de nouvelles infections s’en mêlent. Je n’ai plus qu’à faire attention, autant que possible, surtout en évoluant dans un endroit comme celui-ci. Nous sommes nombreux dans cette énorme tour désormais. Et nous le serons encore plus quand les blessés légers quitteront les tentes montées par la Croix Rouge, dans la cour devant le palais ; sans oublier ceux qui pourront enfin quitter l’hôpital dans les jours et semaines à venir. Toutes ces personnes ne retrouveront malheureusement pas leur toit… et à Compton, cet ancien palais de justice deviendra leur refuge. Le seul encore si solide dans le coin. Heureusement, ce grand bâtiment et ses douze étages ont largement la capacité d’accueillir autant de monde. Malgré tout, j’aurais aimé que la zone comprenne au minimum un second lieu d’accueil, mais même la Compton High School s’est effondrée…

« Vous savez l'Oasis a encore quelques petites choses qui pourraient vous aider. »

Sa voix me ramène à la réalité, je cligne des yeux en quittant mes pensées pour écouter ce que cette probable australienne me dit, alors qu’elle termine de bander mes arpions. Je la regarde silencieusement, pendant qu’elle fouille dans son sac pour en sortir une paire de baskets et des chaussettes propres. L’explication qui suit me décroche un petit sourire. Dommage que je ne puisse pas remercier Tanya directement. Si je devais tirer un point positif causé par ce tremblement de terre, ce serait sa rencontre. Même si j’aurais pu la croiser dans des circonstances moins dramatique, j’imagine...

Je pose les chaussettes sur mon matelas et m’intéresse davantage aux pompes. Du 43, parfait ! Adieu godasses rouges trop petites, bonjour les noires de marque générique qui tombent à pic. Je les pose à côté de moi, retournant mon attention sur le médecin. Elle veut organiser quelque chose avec l’Oasis et la Croix-Rouge pour nettoyer les lieux. Une bien bonne idée. Les gens n’ont pas le nécessaire et ont certainement besoin d’un coup de pouce pour ça. Je la remercie d’un signe de tête, puis écoute la suite.

Elle m’apprend que nos conditions de vie peuvent engendrer des maladies plus ou moins graves. C’est bien ce que je craignais, mais je suis impuissant face à cela en ce moment. Je baisse un instant les yeux, avant de fixer à nouveau son visage dégagé sans dire un mot.
D’habitude, je n’aime pas trop quand ils sont ronds comme le sien, mais cette femme a un petit quelque chose en plus. Un certain charme, pourtant mêlé à une pâle froideur. Et à force de l’observer, je viens de comprendre pourquoi son regard attire autant le mien. Au delà d’un bleu-vert séduisant, c’est surtout le fait qu'il paraît éteint. Loin d'ici.

Et je me demande : qu’est-ce que ça peut bien me foutre ? Pourquoi ça attise ma curiosité ?
Peut-être parce que j’ai besoin de m’évader un peu. Depuis trois jours, je ne vois plus que les mêmes visages. Chaque nuit les mêmes images dans ma tête. Aujourd’hui, une nouvelle personne se présente à moi, alors je m’y intéresse. Ça fait du bien, au fond… ça me change un peu. Et puis, j’ai la chance qu’elle ne soit pas désagréable, tant dans son attitude que physiquement.

« Et voilà. Avez-vous d'autres soucis de santé ? N'hésitez pas, je suis là pour ça. »

« Au delà de ma santé mentale par exemple ? » (je souris à peine, la mine fatiguée) « non… ça va. »

Maintenant que les soins sont terminés, je ramène ma jambe gauche vers moi pour y poser mon bras, les yeux rivés sur la grande brune. « C’est drôle, hein… un médecin légiste dans un palais de justice… » (léger rictus) « bref, je sais pas pourquoi je pense à ça… je divague… mais assez parlé de moi. » (mes yeux passent sur ses lèvres inexpressives, son petit nez pointu, pour finir dans les siens) « Comment de si beaux yeux peuvent-ils paraître aussi... éteints ? »

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MessageSujet: Re: Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis]   Pieds et poings liés [ft. Harper Lewis] EmptySam 28 Sep - 2:01

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Quand une catastrophe d'une telle envergure se produit. Les gens pensent autant à l'évidence qu'ils ne peuvent la chasser. Sans doute pour échapper plus encore à la dure réalité. Harper en est persuadé, ils sont tous au courant des conditions de vie déplorables qui sont désormais leur quotidien, mais peu veulent vraiment s'en inquiéter. Ils se sont enlisés dans une sorte d'état catatonique. Ils grognent leur mécontentement, mais ce qui est vraiment dommage, c'est de délaisser l'essentiel. L'hygiène. La propreté aide à ce que les gens se sentent bien, même si c'est peu. Propre, on a l'impression d'être libéré de chaînes qui se serrent encore et toujours plus à chaque jour qui défilent. Inlassablement et dans une mélodie lugubre, mais étrangement attirante comme le chant d'une sirène contre laquelle on ne peut rien faire.

Durant ses études, Harper a rencontré bien des cas. Elle a côtoyé des patients se laissant aller aux confidences. Une fois que les enfants sont à leur aise, ils se laissent aller se disant qu'on les comprendra et qu'on pourrait les aider. Bien sûr, là, ne sont réuni que les cas des enfants maltraités ou bien victime de harcèlement en milieu scolaire. En y repensant, Harper se dirait qu'ici, c'est une façon de vivre. Un apprentissage pour se murer derrière un mur immense que personne ne peut escalader pour atteindre les faiblesses qui font parti de la communauté de Downfall.

C'est en partie cela qui a attiré Harper ici. Le fait qu'ils s'en prennent tellement au visage qu'ils ont fini par se renforcer et ne plus rien sentir. La jeune femme se sent assez proche d'eux. Depuis la mort d'Aria, elle ne fait que survivre encore et toujours à une existence morne et sans cohérence. Elle tente à tout prix de faire quelque chose de sa vie pour ne pas s'isoler. Cependant, elle aimerait tant que les choses changent, mais la nouveauté peut paraître atroce pour une mère qui n'a pas fait son deuil ne voulant pas passer quelques étapes dont on parle si souvent par moment.

D'ailleurs, la communauté de Downfall ne vivait-elle pas un deuil ? Bien sûr que si. Il n'y avait pas que les pertes humaines qui les touchaient, mais aussi matériel. C'est un pan de vie entier qui s'était écroulé et avait rendu une bonne partie de la population sans domicile. Cette grande difficulté a fait que la Croix-Rouge a été dépêchée sur les lieux pour offrir une aide humanitaire. Et elle n'était guère de trop, n'est-ce pas ?

Regardant l'homme satisfait de la paire de chaussettes et des baskets, Harper se dit qu'il avait enfin un petit point positif. Il sera bien mieux de marcher et de se protéger contre les éventuelles bactéries. D'ailleurs, la médecin légiste ne s'est pas fait prier pour en parler. Les maladies qui peuvent dormir dans des lieux aussi délabrés sont extrêmement nombreuses et parfois dangereux s'ils ne sont pas guéris. Certes, il faudrait des vaccins, mais qui pourrait bien les fournir ? L'hôpital de Downfall n'est pas équipé pour des cas aussi nombreux.

Dans un souci de détail, immense même, Harper vient à s'enquérir de l'état de santé général de son patient. Comme dit plus tôt, elle se trouvait ici pour ça et c'est aussi pour cette raison qu'elle s'investissait énormément à l'Oasis. Le besoin de se sentir utile.

« Au delà de ma santé mentale par exemple ? »

« Nous pouvons parler si vous le souhaitez. »

« non… ça va. »

C'est difficile pour certaine personne de parler, c'est partager des faiblesses qu'on ne veut pas que l'on découvre. Alors, forcément, ces dernières se voilent plus ou moins la face en disant que tout va bien. Harper ne critique pas puisqu'elle-même le vit. C'est parfois absent ou bien foudroyant. On ne sait jamais quelle humeur la tiendra prisonnière dans une journée.

« C’est drôle, hein… un médecin légiste dans un palais de justice… »

« Ce n'est pas comme si c'était une première pour moi, vous savez. » Fit-elle simplement. L'affaire de sa fille et les poursuites engagé contre son le père d'Aria et le médecin légiste en charge de l'affaire lui a fait longuement côtoyé ce lieu publique. Un endroit qu'elle ne pensait pas du tout connaître.

« bref, je sais pas pourquoi je pense à ça… je divague… mais assez parlé de moi. »« Comment de si beaux yeux peuvent-ils paraître aussi... éteints ? »

Elle a senti son regard la détailler. Voir un nouveau visage devait être étrange, mais pas déplaisant. Tout du moins, c'est la première pensée qui venait à l'esprit de la jeune femme, mais sa question l'a pris au dépourvu. En était-elle vraiment étonnée ? C'est une autre question. Elle ancre alors, son regard dans ceux de l'homme assis face à elle, dans une attitude plutôt détendue. « Ils le sont depuis que j'ai perdu ma fille. » Dit-elle dans une voix calme. Peut-être trop, mais Harper avait longuement travaillé son attitude pour ne pas continuellement pleurer quand on lui posait la question. Car effectivement, ce n'était pas une première. « Comment vos yeux peuvent-ils être aussi pétillant malgré tout ce que vous vivez et avez pu vivre au quotidien ? C'est une force que je vous envie. »



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